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C’est sous une haie d’honneur du peloton de Paris-Tours que Guillaume Boivin a tiré sa révérence. Le cycliste de 37 ans a disputé, dimanche, la dernière course de sa carrière.
Les grosses émotions pour moi étaient plus à Montréal (aux Championnats du monde, NDLR) il y a quelques semaines. Là, c'était ma vraie dernière course, mais je ne me sentais pas aussi émotif, a confié le Montréalais à Radio-Canada Sports.
Après une carrière de 17 ans, le Canadien prendra un peu de repos. Il va falloir que je me trouve une nouvelle routine parce que, comme les gens normaux qui se réveillent le matin pour aller travailler, moi, je me réveillais pour aller faire du vélo.
Je me sens extrêmement chanceux et reconnaissant d’avoir pu vivre 17 ans de carrière professionnelle. C’est quelque chose dont je suis vraiment fier.
Le Québécois a mentionné que ce qui va lui manquer le plus, maintenant qu’il est à la retraite, ce sont ses coéquipiers. Nous, on a un autobus comme "chambre de hockey" et, quand j’en parlais avec un coéquipier qui va aussi prendre sa retraite, on se disait : "C’est pratiquement l’endroit où l'on se sent le plus en sécurité. C’est vraiment notre endroit à nous".
L’atmosphère avant et après les courses, avec les gars, va vraiment me manquer, a-t-il ajouté.
Une longue carrière
Guillaume Boivin a fait ses débuts dans le cyclisme à l’âge de 15 ans. À la base, je suis un joueur de hockey comme plusieurs Québécois. J’ai commencé à faire du vélo parce que j’avais un cousin qui faisait des courses de vélo. J’étais allé avec lui deux ou trois fois pendant l’été et j’avais trouvé ça cool, a raconté Boivin, en mentionnant qu’il performait bien dès le début.
C’est sûr que ça aide à aimer un sport, a-t-il ajouté.
Boivin a toujours su qu’il voulait devenir un athlète professionnel. Il n’y avait qu’une seule option dans ma tête, je voulais être un sportif professionnel, peu importe le sport, a-t-il mentionné.
En 2013, le cycliste québécois a participé à son premier grand tour. Il a pris le départ du Tour d’Espagne avec l’équipe Cannondale Pro Cycling. Il a abandonné lors de la 10e étape.
L’année suivante, il a pris part aux 21 étapes de la Vuelta. Il a ainsi terminé le premier grand tour de sa carrière.
Quatre ans plus tard, le Québécois participait à son premier Tour d’Italie sous les couleurs de l’équipe Isarel Cycling Academy.

Le cycliste canadien Guillaume Boivin lors de la 2e étape du Giro 2018. (Photo d'archives)
Photo : Noa Arnon / Israel Cycling Academy
Entre 2019 et 2021, Boivin a pris part à un grand tour et à différentes classiques avec l’équipe Israel Cycling Academy, devenue Israel Start-Up Nation.
Selon Boivin, la meilleure saison de sa carrière est celle de 2021. Le Québécois a pris part à une vingtaine de courses, dont son premier Tour de France, les Jeux olympiques et la classique Paris-Roubaix, où il a terminé 9e.
La 118e édition de la classique restera gravée dans la mémoire du cycliste. C’était une journée exceptionnelle! Je n’en ai pas eu des tonnes comme celle-là, s'est-il souvenu. D’être devant avec le maillot de champion canadien dans une édition dantesque de Paris-Roubaix, c’est quelque chose dont je vais me souvenir toute ma vie.

Guillaume Boivin couvert de boue lors de la Classique Paris-Roubaix en 2021. (Photo d'archives)
Photo : Getty Images / ANNE-CHRISTINE POUJOULAT
Boivin a également eu la chance de représenter le Canada à la course en ligne des Jeux olympiques de Tokyo. C’était exceptionnel! C’était un rêve de jeunesse.
Parmi toutes les courses au calendrier, deux d’entre elles ont une place particulière dans le cœur du Québécois. Évidemment, le Tour de France, qui est la première course que j’ai regardée sur le canal Évasion quand j’étais jeune, et Paris-Roubaix, parce que c’est une course unique et vraiment incroyable, a-t-il lancé.
Au cours de sa carrière, Boivin a participé à 9 grands tours. Il a pris le départ du Tour de France à cinq reprises et celui du Giro et de la Vuelta à deux reprises.
Pendant les grands tours, on part un mois de la maison avec la même gang pour aller travailler et se défoncer chaque jour. Les coéquipiers deviennent notre famille, a affirmé Boivin.
Quand on revient des grands tours, ça prend quelques jours pour se réadapter parce qu’on se dit : "Où sont mes coéquipiers? Qu’est-ce qu’on fait aujourd’hui?" C’est vraiment des expériences incroyables et je pense que c’est des choses comme ça qui vont me manquer.
Le triple champion canadien a également participé à 18 classiques, soit des courses d’un jour. Ce sont des batailles où on n’a pas à penser au lendemain. On y va donc le plus fort qu’on peut sans avoir d'arrière-pensées, a-t-il expliqué.
Un sport en évolution
Au cours de sa carrière, Guillaume Boivin a vu le monde du cyclisme évoluer. Énormément de choses ont changé. Les technologies, les méthodes d'entraînement et la nutrition ont changé.
Le vélo est un endroit assez cool pour les nouvelles techniques d'entraînement, de nutrition et de technologie. Souvent, ça part des équipes cyclistes professionnelles et après, c’est adapté par d’autres sports.
Chaque année, le vélo demande de plus en plus de sacrifices. C’est maintenant 24 heures sur 24. Chaque heure de notre journée compte et ce n’était pas nécessairement pas le cas avant, a conclu Boivin.


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