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Malgré des méfaits plus visibles dans le secteur du centre-ville, le crime n’aurait que très peu augmenté au cours des dernières années dans la capitale ténoise, qui demeure une ville sécuritaire, selon ce qu’a déclaré cette semaine l'inspecteur Byron Donovan, chef intérimaire du Détachement de la GRC de Yellowknife.
Oui, Yellowknife est une communauté sécuritaire. Si vous comparez nos données année après année (…), on ne parle que d’une augmentation d’environ 1 % du nombre de signalements, a souligné l’inspecteur, en entrevue avec CBC/Radio-Canada.
Règle générale, les crimes violents visant des citoyens au hasard seraient très rares.
Nous ne voyons tout simplement pas ce genre de crime, affirme l'inspecteur, selon qui les victimes entretiennent généralement déjà des liens avec leurs agresseurs au moment des crimes.
Certains délits auraient toutefois connu une hausse à Yellowknife en 2025, selon des données intérimaires de 2025 transmises par la GRC des Territoires du Nord-Ouest.
Par exemple, le nombre total d’infractions liées aux armes à feu serait passé de 5 signalements en 2024 à 13 signalements en 2025.

Byron Donovan, chef intérimaire du Détachement de la GRC de Yellowknife.
Photo : Radio-Canada
Or, selon l’inspecteur Donovan, ce dernier résultat ne s’explique pas nécessairement par une hausse des délits, mais par une hausse des perquisitions, et ce, depuis la création, en 2024, de l’Unité territoriale de réduction du crime, financée par le gouvernement des T.N.-O.
Byron Donovan reconnaît toutefois les importants enjeux de santé mentale et de dépendances qui sévissent à travers le territoire.
Il souligne la collaboration de la GRC avec le gouvernement et les ONG qui viennent en aide aux personnes vulnérables.
Je suis fermement convaincu que nous ne réglerons jamais le problème des dépendances et de la santé mentale uniquement par l’intervention policière.
Au moins 327 personnes, sans logement fixe, ont été recensées dans les rues de Yellowknife en octobre 2024. Selon le rapport, 35 % des répondants déclarent avoir été placés en famille d'accueil étant plus jeune, et 41 % citent des problèmes de santé mentale.
Sentiment d'insécurité en ville
Lors d'une rencontre coorganisée en juin 2025 par la municipalité, les représentants de 39 commerces ont témoigné d'une forte augmentation des méfaits dans le secteur, allant d’agressions physiques aux vols et au vandalisme.
Caissière depuis près de 10 ans au dépanneur Reddi Mart du centre-ville, Thu Bui décrit une forte augmentation du nombre de vols, d’altercations et de vandalismes dans le commerce, et ce, depuis la pandémie de COVID-19.

Situé au centre-ville de Yellowknife, en face d'un magasin d'alcool, le dépanneur Reddi Mart ferait face depuis quelques années à une augmentation des méfaits dans le secteur, attribués notamment à la présence accrue de vendeur et consommateurs de drogues.
Photo : Radio-Canada / Thomas Ethier
Nous ne pouvons pas faire grand-chose. Même si nous appelons la police, selon l’ampleur de la situation, cela peut parfois prendre une heure avant qu’un agent se présente.
La présence récente d'agents de sécurité privés dans le secteur aurait toutefois contribué, selon elle, à faire diminuer le nombre d’incidents.
En regard de nombreuses préoccupations qu'ils auraient recueillies auprès de leurs électeurs, les députés de Yellowknife Kieron Testart et Robert Hawkins, ont organisé, jeudi, une rencontre publique portant sur la sécurité publique et le crime, qui a attiré une cinquantaine de citoyens.
Il manque présentement d’outils législatifs pour permettre à la GRC de combattre le crime, soutient Kieron Testart, député de Range Lake.
Nos concitoyens nous parlent beaucoup de cambriolage et de vandalisme qui contribuent à dégrader le sentiment de sécurité. Les gens se sentent vulnérables, affirme Robert Hawkins, député de Yellowknife Centre.
Résident de Yellowknife depuis 2020, Brendan Hancock a pris la parole pour témoigner des nombreux cambriolages dont il a été victime à Yellowknife, l'un d'entre eux impliquant une entrée par effraction à son domicile.

Brenden Hancock, un père de famille de Yellowknife, dit avoir été victime de nombreux cambriolages, incluant une entrée par effraction dans son domicile. L'évènement survenu il y a quatre ans est, encore aujourd'hui, une source d'inquiétude qui le garde éveillée certaines nuits.
Photo : Radio-Canada / Saloni Bhugra
Cela fait quatre ans, et encore aujourd’hui, je reste éveillé la nuit jusqu’à 1 h ou 2 h pour surveiller la fenêtre et attendre [le prochain intrus], confie le père de famille.
Les députés comptent présenter les témoignages recueillis à leurs collègues de l'Assemblée législative, dans le but d'appuyer notamment l'adoption de nouvelles mesures législatives visant à combattre le crime.
Trois projets de loi liés à la sécurité publique doivent notamment être déposés en chambre cet hiver.
Le projet de loi sur la confiscation civile et le projet de loi sur la sécurité des collectivités et des quartiers visent notamment à endiguer la montée du crime liée au trafic de drogue dans les communautés du territoire.
Le projet de loi sur les actes d'intrusion vise pour sa part à mieux définir les droits des propriétaires et les conséquences des entrées sans autorisation.


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