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Deux sites en Nouvelle-Écosse et un à Toronto ont été choisis pour administrer les premières doses d'un vaccin contre la fièvre d'Ebola causée par le virus Bundibugyo, dans le cadre d’un essai clinique autorisé cette semaine par Santé Canada. Un médecin impliqué dans cette étude croit que les Néo-Écossais s'engagent volontiers dans ce type d'essais.
Ce n’est pas un hasard si la pharmaceutique Moderna a choisi Halifax, Truro et Toronto pour son étude auprès d'environ 80 participants.
L'entreprise américaine dit avoir choisi ces sites canadiens pour leur capacité à répondre avec la rapidité requise à une situation d'urgence épidémique.
Nous avons sélectionné deux sites en Nouvelle-Écosse spécifiquement parce que nous avons eu une très bonne expérience de travail avec les sites, les chercheurs et les participants de ces études pour générer des données de qualité en temps opportun, a affirmé la directrice exécutive, Sécurité sanitaire mondiale, recherche et développement et partenariats chez Moderna, Hamilton Bennett.

Le 5 août 2026 à Kinshasa, en République démocratique du Congo, un bénévole tenant un mégaphone informe les passagers d'un navire qu'une des personnes qui était précédemment à bord est morte après avoir eu des symptômes correspondant à ceux de la fièvre Ebola. Les passagers ont ensuite passé un dépistage.
Photo : via reuters / Organisation internationale pour les migrations
Il n’existe actuellement aucun vaccin ni traitement contre la maladie à virus Bundibugyo, le type d’Ebola à l’origine de l’éclosion actuelle, qui continue de se propager rapidement en République démocratique du Congo.
Plus de 1700 décès et 3800 infections ont été recensés depuis la mi-mai dans ce pays d’Afrique centrale, selon les plus récentes données.
Pourquoi au Canada?
Moderna souligne la pertinence de mener cette première phase d'essais au Canada, malgré l'absence de cas signalés localement.
On peut mener une phase 1 dans presque n'importe quelle zone géographique, tant qu'il s'agit d'une population pertinente, et la population canadienne volontaire, par ailleurs en bonne santé, est une population pertinente, a expliqué Hamilton Bennett.
Il est préférable de ne pas mener une étude de phase 1 là où il y a actuellement une épidémie de la maladie, car il y a trop d'autres choses qui se passent là-bas pour pouvoir mener une étude comme celle-ci, a déclaré Scott Halperin, directeur du Centre canadien de vaccinologie à Halifax et professeur au Département de microbiologie et d'immunologie de l’Université Dalhousie.
Il indique que la phase 1 vise avant tout à recueillir des données sur la sécurité et l’immunogénicité chez des adultes normaux et en bonne santé.
Le professeur a souligné que l'objectif est d'identifier les effets secondaires, tels que la fatigue, la fièvre ou des douleurs au point d'injection.

Le professeur de pédiatrie et de microbiologie-immunologie à l'Université Dalhousie a été désigné par Moderna comme chercheur principal pour l'essai clinique du vaccin contre l'Ebola ici à Halifax.
Photo : Radio-Canada / Turgut Yeter
Ensuite, un objectif secondaire est généralement la réponse immunitaire à ce vaccin. Est-ce que les gens produisent de bons anticorps lorsqu'ils sont injectés?, explique Scott Halperin.
Autant Moderna que le professeur Halperin ont bon espoir de pouvoir recruter des participants dans les prochaines semaines. La promotion se fait sur les réseaux sociaux et sur le site web du centre de recherche.
Nous avons constaté qu’au Canada, lorsque les gens voient qu'un vaccin est en cours de développement pour une épidémie d'urgence comme celle-ci, ils sont toujours intéressés à se porter volontaires afin de contribuer au développement de vaccins qui sauveront des vies ailleurs.
Le professeur a assuré que la motivation des volontaires n'est pas financière, étant donné que ces derniers ne reçoivent qu'une indemnité d'environ 50 $ à 100 $, destinée à couvrir leurs frais de déplacement.
Les gens sont très altruistes en ce qui concerne le don de leur temps et leur contribution au développement de mesures préventives contre des épidémies comme celle-ci, que ce soit en Afrique ou ici, a-t-il répété.
Des participants à surveiller de près
Le Dr Halperin a annoncé que le Centre canadien de vaccinologie à Halifax débutera ses activités de vaccination la semaine prochaine, après une première phase lancée lundi au Groupe de recherche de Colchester, à Truro, en Nouvelle-Écosse.
Pour être extrêmement prudents, seuls quelques participants ont été immunisés le premier jour et, ensuite, ces individus seront surveillés pendant environ une semaine. Puis, si tout se passe bien, le reste des participants de cette première dose sera vacciné, espère-t-il.

Hamilton Bennett, directrice exécutive, Sécurité sanitaire mondiale, recherche et développement et partenariats chez Moderna, a souligné l'importance de consolider des liens de confiance avec ses collaborateurs pour développer un vaccin.
Photo : Hamilton Bennett
Chez Moderna, Hamilton Bennett a déclaré que l'entreprise espère commencer à analyser les résultats de l'essai de phase 1 cet automne, dans le but de mener ensuite des essais supplémentaires dans les communautés touchées en Afrique.
Il y aura une activité continue au Canada jusqu'en 2027, mais nous prévoyons que la prochaine vague de développement aura lieu en Afrique de l'Est, pour nous assurer de commencer à répondre à l'épidémie et à atténuer le risque de maladie chez les personnes à risque, a expliqué la directrice.
Toute version finale du vaccin devra satisfaire aux normes rigoureuses de Santé Canada en matière d'innocuité, d'efficacité et de qualité avant de pouvoir être autorisée sur le marché canadien.


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