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Le Collectif SAEQ mis sur pied pour «créer une capacité d’action collective» en environnement

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Des dizaines de scientifiques québécois se sont rassemblés pour mettre sur pied le Collectif de scientifiques pour l’action environnementale du Québec (Collectif SAEQ). Lancé officiellement mercredi, celui-ci vise à proposer des solutions aux enjeux environnementaux et climatiques « pour le bien des générations futures du Québec et du monde ».

« On est tannées de voir que les choses ne vont pas dans le sens où elles devraient aller, basées sur les connaissances scientifiques, et donc le collectif vient d’une volonté de pousser l’action climatique », affirme Mathilde Jutras, co-porte-parole du collectif, en entrevue au Devoir.

Le Collectif SAEQ regroupe des scientifiques québécois issus de diverses disciplines et institutions, dont les travaux et l’expertise reconnus portent sur les changements environnementaux et climatiques et leurs dimensions sociétales. Déjà composé d’une cinquantaine de personnes, le collectif « tend à s’élargir », affirme Isabelle Arseneau, la deuxième porte-parole du groupe.

L’initiative de ce collectif vient d’Isabelle Arseneau et Mathilde Jutras, toutes deux professeures à l’Université du Québec à Rimouski, respectivement en éducation transformatrice pour l’engagement climatique et en océanographie physique et biogéochimique. Une première série de rencontres avec des scientifiques a eu lieu à l’automne lorsque Bernard Drainville, alors ministre de l’Environnement, a évoqué la possibilité de revoir à la baisse la cible de réduction de gaz à effet de serre (GES). Ces rencontres ont été l’impulsion amenant à la création du collectif.

« On remarque, dans les derniers mois, un effritement très marqué des politiques climatiques, de la mise de l’avant de la question climatique, autant dans la sphère politique que publique », affirme Mme Jutras.

À travers ce collectif, les membres souhaitent ainsi partager des avis éclairés sur des questions et des enjeux socioenvironnementaux, que ce soit dans les médias ou lors de consultations publiques, afin d’« accélérer la mise en place de solution ».

Un mémoire sur le projet de loi C-5

Pour sa première action, le Collectif SAEQ a déposé un mémoire dans le cadre de la consultation fédérale sur la révision des processus d’évaluation pour les grands projets, en lien avec le projet de loi C-5 adopté en juin 2025. « Ce projet de loi est un recul sans précédent sur l’évaluation d’impacts des grands projets », déplore Mme Arseneau, le qualifiant de « dérive très importante ».

Dans ce mémoire, le collectif soutient que « toute simplification des procédures ne doit servir qu’à accélérer la transition socioenvironnementale, et en aucun cas à affaiblir les exigences environnementales ».

En plus du projet de loi C-5, les porte-paroles dénoncent plusieurs autres reculs des différents ordres de gouvernement sur les questions environnementales. Mme Jutras cite entre autres le retrait de la taxe carbone au niveau fédéral, le report de la cible de réduction de GES au niveau provincial, ou encore l’ouverture de la première ministre du Québec à relancer l’industrie des gaz de schiste.

Cap sur les élections

« Même s’il n’y avait pas eu beaucoup d’évolution, l’environnement était un sujet qui était discuté, qui était pris en compte, et depuis les changements de gouvernement récents, on ignore complètement cette question-là », clame Mme Jutras.

En mettant sur pied ce collectif quelques mois avant les élections provinciales, Mme Jutras et Mme Arseneau espèrent ramener la question environnementale au cœur des campagnes électorales.

« Une idée qui a émergé, un peu à l’image de ce qui a été fait dans un contexte français, c’est de proposer aux parlementaires des séances de conversation, des dates avec des scientifiques pour comprendre, pour qu’on puisse leur expliquer, puis qu’on puisse leur proposer des actions pertinentes », explique Isabelle Arseneau.

Le collectif entend également « diversifier les voix présentes dans l’espace public » en proposant un répertoire d’experts destinés aux médias et aux groupes de citoyens qui souhaitent être appuyés dans des démarches.

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