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Le Burundi, l’acteur qui se voudrait arbitre de la crise congolaise

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"Le piège était grossier", expliquait, à la fin de la semaine dernière, un opposant congolais membre de la coalition 64 (C64) qui s'oppose à la volonté du président Félix Tshisekedi de modifier la Constitution pour s'offrir un 3e mandat.

Notre interlocuteur faisait référence à l'invitation envoyée aux cadres de sa coalition et aux chefs des principales confessions religieuses (catholique et protestant) par le président burundais Évariste Ndayishimiye, par ailleurs président en exercice de l'Union africaine (UA).

Objectif annoncé par Bujumbura : favoriser un dialogue pour la stabilité en RDC et dans la région.

L'Église catholique congolaise se positionne dans la crise institutionnelle et politique en RDC

Crainte émise par les opposants : le calendrier de cette invitation à quelques jours d'une importante mobilisation populaire annoncée pour le 7 juillet dans tout le pays pour dire non aux velléités de Félix Tshisekedi de toucher à la Constitution. "Ndayishimiye est le président de l'UA, il était difficile de refuser cette invitation qui évoque un dialogue national, poursuit notre source. Mais il est aussi un acteur essentiel de cette crise congolaise et un soutien militaire de taille pour Félix Tshisekedi dans le conflit dans l'est du pays. On ne pouvait pas s'y rendre la fleur au fusil."

La coalition C64 a donc accepté cette invitation, mais après avoir annoncé vendredi dernier, avant son départ, le report de la mobilisation nationale au 22 juillet. "Il fallait faire comprendre au peuple congolais qu'on n'abandonnait pas le combat populaire mais qu'on ne voulait pas fermer la porte à une éventuelle négociation régionale", enchaîne l'opposant.

Le président burundais a donc rencontré lundi les responsables religieux avant de s'entretenir avec les cadres du C64. Tous ont plaidé pour un dialogue national inclusif. Une inclusivité qui n'est pas dans les cartons de Felix Tshisekedi qui n'évoque, lui, un dialogue qu'après le retour de la paix dans le pays et sans inclure les rebelles de l'AFC/M23 ou Joseph Kabila.

De leur côté, les opposants ont insisté sur la nécessité du retrait par le chef de l'État congolais de la loi référendaire, qui constitue un premier pas vers un changement de Constitution.

Quand révision de la Constitution rime avec risque de sécession

La réunion de Bujumbura apparaît donc plutôt comme une tentative du duo Ndayishimiye-Tshisekedi de freiner l'élan d'une partie de l'opposition politique congolaise, qui a démontré qu'elle pouvait mobiliser la rue.

Félix Tshisekedi ne peut envisager un remake du scénario de 2016, quand Joseph Kabila avait été embarqué dans un dialogue national qui l'a finalement poussé vers la sortie. Si, à l'époque, Kabila pouvait espérer court-circuiter tout le processus en mettant à la tête de l'État "son" opposant, docile, sans assise au Parlement, le président actuel sait trop bien comment s'est terminé tout ce beau scénario.

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