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Aux Territoires du Nord-Ouest, un nouveau projet pilote voit le jour pour former la prochaine génération d’interprètes qui permettent la traduction des travaux de l’Assemblée législative dans les neuf langues autochtones officielles du territoire.
En vertu de la Loi sur les Langues officielles des T.N.-O., les travaux de l’Assemblée législative doivent être accessibles dans chacune des 11 langues officielles du territoire.
Toute personne qui parle couramment l’une des huit langues autochtones visées par le projet, ou qui juge pouvoir facilement converser dans cette langue, est invitée à soumettre sa candidature.
Les locuteurs de langue nēhiyawēwin (le cri) – l'une des langues officielles des T.N.-O. – ne sont pas admissibles à l'heure actuelle.
Par courriel, une porte-parole du ministère de l'Éducation a indiqué qu'il n'y avait actuellement aucun interprète pigiste pour le nēhiyawēwin, mais que le gouvernement cherchait à en recruter.
Une expertise vieillissante
Le nouveau programme devra assurer la poursuite des services d’interprétation hautement spécialisés dans les langues autochtones durant les séances de l’Assemblée législative, selon un communiqué publié le 24 mars.
langue dénée zhatiée (ou esclave du Sud)
Eleanor Bran, interprète en langue dénée zhatıée (ou esclave du Sud) à la retraite, se réjouit de cette initiative qui contribuera, selon elle, à la revitalisation des langues officielles du territoire.
Comme le souligne l’experte de 88 ans, il ne suffit pas de maîtriser une langue pour devenir interprète, et l'apprentissage du langage technique et des terminologies employées à l'Assemblée législative est crucial.

Les interprètes dans les langues autochtones de l'Assemblée législative des Territoires du Nord-Ouest doivent maîtriser, en plus de leur langue, le langage technique et les terminologies employés durant les séances de la Chambre.
Photo : Radio-Canada / Thomas Ethier
Vous devez également être très compétents en anglais, ajoute Eleanor Bran qui a elle-même été témoin d'erreurs flagrantes de traduction au cours de sa carrière à l'Assemblée nationale.
J'ai moi-même vu des personnes embauchées sans expérience ni formation, simplement parce qu’elles parlent une langue autochtone. Ce n’est pas l’idéal, dit-elle.
Or, l'aînée dit réclamer depuis de nombreuses années, avec ses collègues, des programmes de formations accessibles aux jeunes locuteurs du territoire.
Depuis la fermeture du bureau des langues du gouvernement des T.N.-O., et du programme de traduction et d'interprétation du Collège Aurora dans les années 90, des voix s'élèvent à travers le territoire pour réclamer des programmes de formation et de certification pour les locuteurs de langues autochtones.
Plusieurs des traducteurs et interprètes des T.N.-O., qui fournissent notamment des services au gouvernement, ont atteint l'âge de la retraite, ou s'en approchent rapidement.
Nous sommes tous préoccupés par la situation. Nous, les interprètes, sommes devenus des personnes âgées, souligne Eleanor Bran.
Des compétences avantageuses
Elizabeth (Sabet) Biscaye est interprète en langue dëne sųłıné (ou chipewyan) depuis de nombreuses années à l’Assemblée législative, tout en étant propriétaire d’une petite entreprise de traduction.

À gauche, Elizabeth « Sabet » Biscaye photographiée en 2022. Interprète et traductrice chevronnée, elle croit qu'une nouvelle formation offerte aux locuteurs autochtones contribuera à revitaliser les langues autochtones du territoire.
Photo : Radio-Canada / Karli Zschogner (CBC/Radio-Canada)
Le plus important, je crois, c’est que ce programme permettra à l’information d'être offerte dans la langue des résidents qui veulent l’entendre dans leur langue, dit Elizabeth Biscaye, qui a été directrice du bureau des langues du territoire.
Selon elle, la portée de ce nouveau programme de formation s'étendra bien au-delà de la législature.
Ce que ces personnes apprendront dans ce programme, elles pourront l’appliquer dans d’autres domaines et devenir, par exemple, interprètes en santé, traductrices, ou encore interprètes au tribunal. Les compétences de base peuvent les mener loin, affirme-t-elle.
Or, comme le souligne l’experte, le nombre de locuteurs capables de parler couramment les langues autochtones du territoire est en déclin.
L’UNESCO a classé certaines des neuf langues officielles des T.N.-O., notamment l'inuvialuktun, comme étant en danger.
Bien qu'Elizabeth Biscaye se réjouisse de la mise sur pied du projet pilote, la revitalisation et le développement des langues autochtones nécessitent, selon elle, la mise en place simultanée de plusieurs programmes.
Elle précise toutefois que, bien qu'il reste du chemin à parcourir, les initiatives actuelles – notamment le nouveau projet pilote et le Programme d'apprentissage mentor-apprenti – encouragent les locuteurs de tous niveaux à se perfectionner.
Avec les informations de Yumna Iftikhar (nouvelle fenêtre)


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