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L’arrivée de Christine Fréchette comme future première ministre du Québec suscite un certain espoir au Saguenay–Lac-Saint-Jean, notamment chez les entreprises qui ont recours à des travailleurs étrangers temporaires.
Pendant la course à la chefferie de la Coalition avenir Québec (CAQ), qu’elle a remportée dimanche après-midi, Mme Fréchette s’est engagée à rouvrir pour deux ans le Programme de l’expérience québécoise (PEQ) et à accorder une clause de droits acquis aux immigrants qui étaient au Québec au moment de son abolition.
Plusieurs entreprises régionales avaient manifesté leur déception quant à la décision de Québec de fermer le PEQ en raison des conséquences sur leur main-d'œuvre immigrante. Cette décision s’était ajoutée à celle du gouvernement fédéral de revoir les seuils pour les travailleurs étrangers temporaires à bas salaire. Depuis le 1er avril, ce seuil a été revu à la hausse pour atteindre 15 % dans certains secteurs.
Le directeur général de Groupe Proco, Jean-Denis Toupin, espère que la nouvelle cheffe de la CAQ s’attaque au dossier du PEQ. Il rappelle que les dernières mesures ont fait mal à son entreprise. Le groupe Proco opère deux usines, soit une à Saint-Nazaire et une à La Baie.

Le directeur général de Groupe Proco, Jean-Denis Toupin, aimerait que Christine Fréchette discute avec le gouvernement fédéral. (Archives)
Photo : Radio-Canada / Claude Bouchard
Nous, avant que le gouvernement fédéral fasse ses changements en novembre 2024, on avait 54 travailleurs étrangers temporaires. Puis, depuis ces changements-là, on en a perdu huit. En rouvrant le PEQ, ça nous permet d'espérer pouvoir avoir un ou deux, ou peut-être trois travailleurs, ce qui est une bonne chose en soi, mais ce qui est nettement insuffisant. Ce qui serait le plus intéressant, c'est de voir Mme Fréchette s'asseoir avec le fédéral et expliquer vraiment ce qui se passe ici au Québec, a mentionné M. Toupin, au lendemain de la victoire de la députée de Sanguinet.
En mars dernier, Ottawa a annoncé certaines mesures pour retenir les travailleurs étrangers œuvrant en milieu rural, mais les entreprises situées en zone urbaine en sont exclues.
Le milieu agricole sur le qui-vive
Dans le milieu agricole, les prises de position de Christine Fréchette pendant sa campagne ont été bien accueillies, mais des mesures rapides sont maintenant attendues.
Le président régional de l'Union des producteurs agricoles (UPA) du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Jean-Thomas Maltais, espère que la première ministre désignée tiendra rapidement ses engagements pour aider les producteurs. Mme Fréchette a mentionné vouloir rembourser la taxe carbone dans un contexte inflationniste et de flambée du prix de l'essence en raison de la guerre au Moyen-Orient.

Jean-Thomas Maltais est président régional de l'UPA. (Archives)
Photo : Radio-Canada / Mireille Chayer
C'est quand même de l'argent, concrètement, qui va retomber tout de suite dans les poches des producteurs, des productrices, mais il faut que ça se fasse là, pas dans une autre promesse de campagne électorale à l'automne, a réagi Jean-Thomas Maltais.
Yannick Gagnon se rallie
Le député caquiste de Jonquière, Yannick Gagnon, avait été le seul député régional à appuyer Bernard Drainville dans la course à la chefferie.
Il se dit déçu de l'issue du vote en raison des efforts des derniers mois, mais est également fier, car les dernières semaines ont permis de créer un débat d'idées au sein de son parti, selon lui.
Qui va gouverner ma famille politique, pour moi, c'est important. J'ai confiance en Christine, on a de beaux engagements, mais de manière plus [spécifique], je veux aborder avec Christine la vision pour mon Jonquière, a débuté Yannick Gagnon en entrevue.

Christine Fréchette était venue à Saguenay durant l'élection partielle à Chicoutimi. (Archives)
Photo : Radio-Canada / Jonathan Lamothe
Il est d'ailleurs toujours en réflexion sur son avenir politique. Il compte discuter avec la première ministre désignée pour éclaircir sa décision.
Quand je suis arrivé en poste, les grands dossiers devaient être complétés. On parle de la relance de Jonquière Médic, l'agrandissement de l'urgence de Jonquière, l'éveil pour l'eau potable du lac Kénogami. Je pense qu'en juin, je pourrai dire à la population que les grands dossiers ont été réalisés, ce qui va permettre d'aller à la rencontre des citoyens et de dire : "Bien maintenant, Jonquière, on peut rêver d'un nouveau projet", a-t-il complété.
Pour ce qui est du ministre responsable du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Eric Girard, il se réjouit de la victoire de Mme Fréchette.
On a une femme première ministre. Puis je suis très confiant pour la suite des choses. Les gens, les citoyens auront le temps de voir ce qu'on a à offrir de nouveau, a affirmé le député de Lac-Saint-Jean.
Eric Girard attend tout d’abord qu’elle mette son équipe en place. C’est sûr et certain qu’on devra respecter nos engagements, c’est important, a-t-il enchaîné.
Christine Fréchette sera assermentée mercredi.


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