Lundi 28 septembre dernier, premier jour de débat au parlement sur les traités d’intégration Suisse-UE («bilatérales III»). Un enchaînement de quatre phrases va se répandre aussitôt comme une traînée de poudre dans tout le pays: «Ces accords sont parfois qualifiés de traités coloniaux. Ce terme est bien trop édulcoré. Même l’Empire britannique n’a pas imposé à ses colonies ce que l’UE exige de la Suisse. » Des commentateurs souverainistes ont aussitôt parlé d’un tabou qui tombait. Parce que la sentence n’est pas venue d’un exalté du Parti populaire UDC, mais d’un pilier du Centre. L’avocat, notaire et conseiller aux Etats Beat Rieder en l’occurrence.
Cette histoire d’«assujettissement», brandie depuis des années par l’UDC, paraissait tellement énorme jusque-là qu’il semblait inutile de s’y attarder. Il s’agit pourtant d’une analogie qui peut être retournée dans tous les sens: elle renvoie chaque fois, en plein XXIe siècle, à un objet précis d’histoire des relations internationales: le protectorat d’époque coloniale.


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