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Un documentaire retrace les incidents surmontés, depuis vingt-cinq ans, dans l’ISS, qui s’apprête à accueillir la Française Sophie Adenot.
Passer la publicité Passer la publicitéTout ce que l’on peut souhaiter à la nouvelle astronaute française Sophie Adenot, c’est de ne pas vivre dans l’ISS les mêmes aventures que celles mises en avant dans le documentaire La Station spatiale internationale, missions à haut risque , diffusé ce soir sur France 5. Car si le film s’attache à bien rappeler l’histoire de ce gigantesque laboratoire en orbite, le contexte de sa création au sortir de la guerre froide, pour trouver un moyen « d’occuper » les scientifiques russes autrement qu’à fabriquer des bombes, selon la formule de Bill Clinton, il se concentre avant tout sur les quelques incidents qui ont émaillé la vie de ses occupants.
Dès les premières minutes, l’astronaute Mike Fincke, vétéran de plusieurs missions à bord de l’ISS dans les années 2000, prévient le téléspectateur : dans l’espace, « on se demande toujours quel sera le prochain problème. Il faut se préparer à toutes les difficultés, car dans l’espace, c’est inévitable. » La mise en scène, un peu tapageuse, mise sur des effets sonores qui rappellent les films catastrophes de science‑fiction.
Fuite d’ammoniac
Le film raconte d’abord l’alerte vécue par l’astronaute italien Luca Parmitano en 2013, lorsque de l’eau s’est mis à envahir son casque au cours d’une sortie extravéhiculaire, le forçant à regagner in extremis le sas de la station. Ou encore les difficultés rencontrées lors de la réparation d’une fuite d’ammoniac sur le système de refroidissement de l’ISS, le 10 février 2001. Dans cet épisode, l’astronaute américain Robert Curbeam raconte avoir patienté près de trois quarts d’heure, immobile à contempler la Terre, en profitant des 120 degrés offerts par le Soleil pour faire évaporer toute trace d’ammoniac sur sa combinaison lui permettant de rentrer à bord sans prendre le risque de tuer ses partenaires.
Sans entretenir artificiellement l’angoisse, le documentaire aurait gagné à nous raconter ce quotidien qui rend possible une présence humaine durable en orbite. Car s’aventurer dans l’espace est tout sauf anodin. Ce n’est ni plus ni moins qu’« un rêve qui a pris corps », comme l’explique l’astronaute français Thomas Pesquet. L’année 2026 marque d’ailleurs les 40 ans de cette aventure avec le lancement de la station russe Mir en 1986. C’est en 1998 qu’est décidée la mise en œuvre concrète d’une nouvelle station internationale. Le premier morceau, le module russe Zarya, est lancé en novembre à bord d’une fusée russe Proton. Les premiers « pensionnaires » arrivent le 2 novembre 2000. Depuis, on compte plus de 9 200 jours de présence humaine ininterrompue à bord.
Pourtant, et le documentaire y consacre une large part, ce rêve aurait pu s’arrêter avec l’accident de la navette Columbia en 2003. Au-delà du drame qui a coûté la vie à ses sept passagers, cet accident a mis sur pause la construction de l’ISS, qui ne disposait alors que de la navette pour transporter les plus gros modules de la station. Pendant plus de deux ans, les vaisseaux américains restent cloués au sol. Puis les trajets reprennent. Le dernier grand tronçon de l’ISS est installé en 2011, et la navette spatiale effectue son ultime mission la même année.
S’ensuivent dix années de dépendance aux capsules russes Soyouz, avant que SpaceX et sa Crew Dragon ne rendent aux Américains un accès indépendant à l’espace. Ce documentaire n’aborde qu’à la marge cette histoire ou le futur de la station. Dommage, car c’est un chapitre passionnant qui va s’ouvrir : l’ISS devrait être abandonnée en 2030, ce qui pose de nombreuses questions. Comment ce gigantesque vaisseau, grand comme un terrain de football, sera-t-il désorbité en toute sécurité ? SpaceX est chargé de la construction d’un module de propulsion pour guider sa désintégration dans l’atmosphère au‑dessus d’une zone inhabitée. L’ISS marquera-t-elle la fin de l’utopie d’un espace partagé et collaboratif ?


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