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La Sûreté du Québec s’allie avec les corps policiers de Montréal, de Laval et de Longueuil dans une stratégie unifiée pour lutter contre l’extorsion dont sont victimes les commerçants et les entrepreneurs de la région métropolitaine.
Le projet, baptisé UNIS, repose sur une stratégie de partage structuré de l’information et de collaboration à l’échelle provinciale pour lutter contre ce fléau dont sont la cible de nombreux commerçants, des restaurateurs ou des propriétaires d’entreprises diverses.
Entre 2021 et 2025, le nombre de cas de violence et d'extorsion visant les commerçants, tous types confondus, a presque doublé à Montréal.
Communément appelé la protection ou le pizzo, ce type d’extorsion prend la forme d’une taxe imposée par le crime organisé aux commerçants en échange d’une protection fictive de leur commerce. Il peut aussi s’agir de chantage.
Par mois, ça peut être des montants au-delà de 10 000 $ qui sont demandés aux commerçants.
Ceux qui refusent de payer voient en général leur commerce, leur véhicule ou leur demeure être la cible d’incendies, de coups de feu ou de vandalisme. Certains commerçants réfractaires sont aussi physiquement menacés, de même que leurs proches ou leurs employés.
L’extorsion peut aussi prendre une forme plus subtile, soit la multiplication de messages et d’avis négatifs ou mensongers envers un commerce sur les réseaux sociaux. Des messages qui disparaissent comme par magie lorsqu’on paye.
Une réponse policière coordonnée
Selon Benoit Dubé, directeur général adjoint à la Sûreté du Québec, UNIS bénéficiera d’outils de prévention harmonisés et d’une amélioration de la réponse policière face à ce type de crimes.
Cette concertation nous permettra d’avoir un portrait évolutif du phénomène et, ultimement, de réduire la capacité des groupes criminels à opérer, peu importe le territoire, a expliqué M. Dubé en conférence de presse.

Le crime organisé tire des profits substantiels de l'extorsion, et ce, depuis fort longtemps. (Photo d'archives)
Photo : Cour provinciale de la Colombie-Britannique
Aucun commerce ne doit opérer sous la menace. C’est précisément pour briser ce cycle que nos organisations parlent aujourd’hui d’une seule voix.
La nouvelle stratégie sera par ailleurs articulée autour de trois axes, soit la prévention, l’intervention et la répression, a poursuivi le directeur adjoint de la SQ.
Plus concrètement, les quatre corps policiers entendent intensifier leurs opérations déjà en cours sur le terrain pour enrayer l’extorsion.
Des campagnes de visites policières auprès des commerçants seront multipliées pour établir des canaux de communications qui nous permettront de lutter ensemble contre ce phénomène, a détaillé M. Dubé.
Les équipes d’enquête des quatre corps policiers seront mises à contribution sous la supervision du Service de renseignement criminel du Québec pour augmenter leur force de frappe.
En termes de répression, l’Escouade intégrée en renseignement sur la violence armée sera aussi mise à contribution, promet-on.
Les pouvoirs publics comptent aussi s'attaquer de front aux organisations criminelles qui recrutent souvent des jeunes pour faire la sale besogne, a promis le ministre de la Sécurité intérieure du Québec, Ian Lafrenière.
Le ministre Lafrenière a notamment évoqué le cas de l'arrestation d'un adolescent de 14 ans qui se livrait à des activités d'extorsion dans un bar de Longueuil.
Le gouvernement fédéral a accepté notre demande de mettre des sentences plus sévères pour les adultes qui vont commanditer des crimes chez les jeunes.
Prévention
Il va sans dire que les entrepreneurs et les commerçants sont incités à rompre le silence et à documenter et rapporter à la police tout agissement suspect dont ils sont témoins de même que leurs employés.
On leur recommande notamment de ne jamais payer, de ne pas céder au chantage et de ne pas interagir avec les criminels, mais plutôt de tout documenter et de signaler les faits à la police.
On leur recommande aussi de former leur personnel à détecter ce type de menace et à renforcer les mesures de protection de leurs commerces, notamment l’éclairage, les caméras de surveillance et l’installation de vitrines anti-intrusion pour tenter d’empêcher les incendies criminels.


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