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La SFM réclame des mesures concrètes pour renforcer le français au Manitoba

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De la petite enfance à l’immigration, en passant par les services publics et la formation de la main-d’œuvre, la Société de la francophonie manitobaine (SFM) veut s’attaquer aux obstacles qui freinent l’épanouissement du français dans la province.

Son cadre stratégique repose sur une série d’objectifs qui interpellent directement le gouvernement manitobain, avec une ambition : faire du Manitoba une province véritablement bilingue.

De l’éducation aux services en français

La SFM place l’éducation au cœur de ses priorités. Elle souhaite notamment faire passer le nombre de places en garderie francophone de 2367 à près de 6930, doubler le nombre de diplômés du secondaire dans les programmes de français langue première et seconde, et intégrer pleinement l’histoire des communautés francophones et métisses au programme scolaire, de la maternelle à la 12e année.

La petite enfance représente la période la plus cruciale pour l’acquisition de la langue, rappelle l’organisme dans un communiqué.

La SFM souligne également les défis liés à la pénurie d’enseignants et à la capacité d’accueil de l’Université de Saint-Boniface, afin qu’elle puisse conclure des partenariats avec d'autres établissements postsecondaires de la province et ainsi assurer la cohérence et la qualité de l’offre en français.

L’accès aux services en français constitue un autre axe majeur. La SFM demande de réduire de moitié l’écart entre les postes désignés bilingues et ceux effectivement occupés par du personnel bilingue qualifié. Elle réclame aussi une application rigoureuse de l’offre active en français, notamment dans les secteurs de la santé, de la justice et des services sociaux.

L’insécurité linguistique, la gêne ou la peur de ne pas être compris empêchent très souvent les francophones de réclamer des services.

Parmi les propositions évoquées : inscrire la langue de préférence des patients dans les dossiers médicaux et sur les cartes de santé, afin de faciliter l’accès aux soins dans la langue de leur choix.

Des engagements durables et mesurables

La SFM réclame également un financement pluriannuel stable pour les organismes francophones, ainsi qu’un renforcement du mandat et du financement de base de l’Université de Saint-Boniface.

Sur le plan de la gouvernance, elle préconise une consultation systématique des organismes francophones avant la mise en œuvre de politiques provinciales. Elle propose également une analyse d’impact francophone pour chaque décision du Conseil du Trésor et la création d’un poste indépendant de protecteur de la francophonie manitobaine.

L’immigration francophone figure aussi parmi les priorités. La SFM veut rétablir et maintenir une cible de 15 % de nouveaux arrivants francophones dans la province, tout en accélérant la reconnaissance des diplômes étrangers pour favoriser leur intégration professionnelle. L'organisme fait valoir que le développement économique des communautés francophones, particulièrement en milieu rural, et la lutte contre la pénurie de main-d’œuvre dépendent entre autres de l’immigration.

Une francophonie plurielle

Au-delà des services et de l’éducation, la SFM veut accroître la visibilité du français dans l’espace public, notamment par davantage d’affichage bilingue et des exigences linguistiques liées à certaines subventions publiques. La normalisation et la visibilité du français passent par son utilisation dans la vie quotidienne et les loisirs, argumente la SFM.

Son cadre prévoit également des mesures d’inclusion pour les groupes francophones en situation de double minorité, ainsi qu’un soutien aux langues autochtones, dont le michif, dans le système éducatif.

L’ensemble de ces propositions vise à faire de la vitalité francophone une responsabilité partagée, plutôt qu’un fardeau reposant uniquement sur les épaules des organismes communautaires.

Les échanges et les annonces de son assemblée générale annuelle, prévue ce mardi 22 septembre, permettront de préciser les priorités retenues et les suites envisagées.

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