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La science encore dans le flou sur le lien entre sport et cycle menstruel

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Maux de dos, crampes, fatigue, baisse d’énergie. Les symptômes liés aux cycles menstruels sont nombreux. Pour les athlètes, il faut apprendre à vivre avec ces effets tout en maintenant les performances.

À 22 ans, Mathilde Cayer s’entraîne des dizaines d’heures par semaine dans la piscine de l’UQTR. Avec le temps, elle a appris à reconnaître l’impact de son cycle sur son corps.Le fait d’avoir mal dans le bas du dos, ça faisait que je lâchais et ma posture n’était pas idéale quand je nageais, raconte-t-elle.

Mathilde sourit dans l'eau.

Mathilde Cayer s'entraîne plusieurs heures par semaine.

Photo : Radio-Canada / Luc Lavigne

C’est une réalité que partagent plusieurs sportives. Romy Marcoux joue au volleyball cinq jours par semaine. Elle remarque elle aussi une baisse de ses performances. Je ne suis pas capable de donner mon 100 %, moi c’est beaucoup de douleurs dans le dos, c’est beaucoup de saut que je suis moins capable de faire, explique la joueuse des Estacades.

Romy Marcoux sur un terrain de volleyball.

Romy Marcoux est une de volleyball à l'Académie des Estacades.

Photo : Radio-Canada

Pour d’autres, comme sa coéquipière, les impacts se font sentir à travers ses émotions. Des fois avec les hormones, ça peut être plus compliqué de gérer les émotions, le stress et l’anxiété qui viennent avec ça, rapporte Marilou Mongrain.

Les témoignages sont nombreux. Pourtant, la science peine encore à établir un lien clair entre le cycle menstruel et les performances athlétiques.

Marilou Mongrain fait un service au volleyball.

Marilou Mongrain joue pour l'Académie des Estacades

Photo : Radio-Canada

Pendant longtemps, la recherche en sports s’est principalement concentrée sur les hommes. Aujourd’hui encore, moins de 10 % des études en science du sport ciblent exclusivement les femmes, laissant plusieurs questions sans réponse.

Ce manque de données complique la compréhension des effets réels du cycle menstruel.

C’est possible que les athlètes vivent certains symptômes et perçoivent que leurs performances soient affectées, mais objectivement, il n'y a pas de lien clair dans la science, explique Marilou Fecteau, kinésiologue et étudiante à la maîtrise en thérapie du sport à l’UQTR.

Le cycle syncing : un mythe?

Sur les réseaux sociaux, le cycle syncing gagne en popularité. Cette méthode d’entraînement propose d’adapter l'entraînement selon les différentes phases du cycle menstruel. Mais là encore, les études demeurent limitées.

Marilou Fecteau en entrevue sur un terrain de volleyball.

Marilou Fecteau est kinésiologue et étudiante à la maîtrise en thérapie du sport à l’UQTR

Photo : Radio-Canada

Il y a trop peu d’études de bonne qualité, souligne Marilou Fecteau. Pour avoir un portrait clair du cycle menstruel, il faudrait des données hormonales précises, comme des analyses sanguines ou salivaires.

Selon elle, la meilleure approche demeure surtout l’individualisation des entraînements, en tenant compte du ressenti et des besoins propres à chaque athlète.

Une tâche de sang en forme de cœur salit une serviette hygiénique.

3:05

Le reportage de Léa Lauzon

Photo : iStock

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