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La Saskatchewan veut renforcer les pouvoirs d’enquête du Collège des médecins

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Le ministre de la Santé de la Saskatchewan, Jeremy Cockrill, s'apprête à déposer une modification à la Loi concernant la profession médicale. Cette réforme législative vise à élargir considérablement la capacité d'intervention du Collège des médecins chirurgiens de la Saskatchewan (CPSS) pour traquer et sanctionner la « pratique illégale de la médecine ».

Jusqu'à présent, une zone grise persiste quant à savoir qui doit mener des enquêtes sur des praticiens non réglementés.

Dan Florizone, ancien sous-ministre de la Santé de 2008 à 2013, explique que cette question était une source de tension chronique entre le ministère et le CPSS.

La confusion portait sur l'administration de la loi : qui recueille les données ? Qui mène l'enquête?, précise Dan Florizone.

Historiquement, le CPSS se concentrait sur ses membres agréés, tandis que le ministère manquait de mécanismes pour intervenir auprès d'entreprises privées qui opéraient hors du système public.

La nouvelle législation clarifiera ces rôles et fournira le financement nécessaire au CPSS pour mener ces enquêtes complexes.

Des drames humains derrière les chiffres

Cette offensive législative fait suite à une série d'enquêtes de CBC sur le Dr. Goodenowe Restorative Health Center de Moose Jaw.

Ce centre privé affirmait obtenir un taux de réussite de 100 % pour stopper, voire inverser, la progression de la sclérose latérale amyotrophique (SLA), une maladie dégénérative fatale.

Le centre est dirigé par Dayan Goodenowe, qui détient un doctorat (PhD) en sciences médicales, mais ce dernier n'est pas médecin.

Ses traitements, facturés jusqu'à 100 000 $, reposaient sur des suppléments alimentaires non approuvés par Santé Canada.

Une lettre obtenue par CBC révèle l'inquiétude profonde de la sous-ministre de la Santé, Tracey Smith, face à cette pratique non autorisée de la médecine et aux préjudices potentiels pour les patients.

Bien que les médecins de Moose Jaw aient recommandé à Susie Silvestri de se faire poser une sonde d'alimentation, l'opération n'a pas pu être pratiquée au Canada, car sa compagnie d'assurance refusait de la prendre en charge.

Susie Silvestri était décédée seule après avoir demandé des traitements dans une clinique controversée de Moose Jaw. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Former Goodenowe worker

Le cas de Susie Silvestri, une patiente américaine morte de la SLA en décembre 2024, a particulièrement été pointé du doigt.

Après avoir payé des sommes colossales et vendu sa maison, Susie Silvestri a vu son état se dégrader rapidement à Moose Jaw, sans soutien adéquat de la clinique.

Le personnel hospitalier local avait d'ailleurs alerté sur l'absence de preuves scientifiques derrière les promesses de guérison du centre.

À l'époque, le ministère de la Santé avait admis que le centre ne nécessitait aucun permis provincial, car il n'était pas considéré comme un établissement de soins médicaux, mais plutôt comme une résidence offrant des services d'hébergement.

L'urgence d'une modernisation post-pandémie

Pour Dan Florizone, la pandémie de COVID-19 a amplifié les risques.

Les gens reçoivent des conseils médicaux d'individus qui utilisent un langage clinique sans base scientifique. Il y a 20 ans, c'était une lacune, mais nous n'avions pas le genre d'incidents que nous voyons aujourd'hui, déplore-t-il.

La nouvelle loi devrait permettre de définir clairement le pouvoir d'intervention du CPSS contre ceux qui ne sont pas médecins, de clarifier les procédures de collecte de preuves lors de plaintes citoyennes et de protéger les patients vulnérables contre les fausses promesses thérapeutiques dans un secteur privé en pleine croissance.

Le ministre Jeremy Cockrill a confirmé que l'objectif est de donner au CPSS la capacité de faire ce qu'il doit faire. Les détails techniques du projet de loi seront dévoilés lors de son dépôt officiel dans les prochaines semaines.

Avec les informations d'Alexander Quon

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