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Un bâtiment résidentiel et commercial du centre-ville de Matane sera bientôt démoli en raison des débordements et des embâcles répétés de la rivière.
C’est la choix qu’a fait la propriétaire, Zoé Bérubé, qui l'habite depuis huit ans.
Pourquoi elle en arrive à prendre cette décision? C'est que le gouvernement a publié un arrêté ministériel dans la Gazette officielle du Québec en décembre dernier qui précise que le bâtiment est menacé de façon imminente par l’érosion, et que des mesures doivent être prises pour régler la situation.

En décembre 2024, le 74, avenue D'Amours a été durement endommagé par l'embâcle de la rivière Matane. (Image d'archives)
Photo : Radio-Canada / Luc Paradis
La propriétaire limite ses commentaires, car, pour elle, la situation est compliquée et ne veut pas nuire à ses démarches avec les autorités.
Cependant, elle se demande pourquoi le mur de béton, censé la protéger des débordements répétés de la rivière Matane et des embâcles, ne remplit pas sa fonction. Pour elle, c'est ce qui explique la situation dans laquelle elle se trouve aujourd’hui.

La propriétaire du bâtiment sinistré, Zoé Bérubé, est interrogée à la suite des dommages causés par l'embâcle de la rivière Matane sur sa résidence, en décembre 2024. (Image d'archives)
Photo : Radio-Canada / Myriam Ouellette
Questionnée à ce sujet, la mairesse suppléante de Matane, Lucie Lapointe, reste avare de commentaires.
Il n’y a pas juste la Ville dans ce dossier-là, il y a plusieurs ministères et il y a beaucoup de discussions alentour qui touchent beaucoup de monde. Alors, la Ville, pour l’instant, n’aura aucun commentaire.

La mairesse suppléante de Matane, Lucie Lapointe
Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes
Le bâtiment sinistré de l'avenue d'Amours, est situé au milieu d’une artère passante, où se trouvent d’autres résidences et commerces.

Un long mur de béton protège les bâtiments de l'avenue D'Amours au centre-ville de Matane.
Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes
Ça nous inquiète! affirme d’entrée de jeu la voisine et propriétaire de l’Épicerie-boutique Le Vivier, Marie Fortin.
Elle se demande depuis longtemps qui est responsable d'entretenir ce mur de protection qui longe la célèbre rivière à saumon et pourquoi rien n’est fait pour en améliorer la structure.

L'embâcle de décembre 2024 au centre-ville de Matane. (image d'archives)
Photo : Radio-Canada / Luc Paradis
Quand j'ai acheté l'immeuble, c'était une de mes premières questions à la Municipalité, "C'est à qui le mur, qui l'entretient? Est-ce qu’il n'y a pas quelque chose, un danger par rapport au mur ?" Il n’y avait pas de réponse. On me dit : "On va vous revenir avec ça. On ne le sait pas trop." Ce n'est pas certain c'est à qui la responsabilité.
Ça fait trois ans que je suis propriétaire et que je redemande la même question [à la Municipalité]. Je me dis qu'avec ce qui est arrivé à Zoé, il faut que je le sache parce que je ne veux pas attendre d'avoir quelque chose qui arrive pour intervenir.

Marie Fortin s'inquiète de la situation.
Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes
La Sécurité publique précise par écrit qu'elle ne peut faire aucun commentaire sur des dossiers privés, mais souligne qu’aucun autre bâtiment du secteur n'est visé par un décret.
Elle ajoute que les propriétaires d’un bâtiment sinistré peuvent profiter d’une aide financière et disposent d’un délai d’un an et demi pour faire les travaux.


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