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La relève de la pêche en action

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« C’est l’élite des jeunes qu’on a présentement sur le lac », clame avec fierté le coordonnateur des Jeux provinciaux de pêche, Dominic Cuillerier.

Cette élite, elle est composée de 70 pêcheurs de 12 à 16 ans en provenance de 13 régions du Québec, qui ont rempli cet hiver un dossier de candidature pour avoir la chance de participer à cette troisième édition du rendez-vous.

La première édition des Jeux, à Baie-Comeau, comptait 16 équipes inscrites. L’année suivante, à Brownsburg-Chatham, le nombre de participants avait doublé. Cette année, quand on a ouvert les inscriptions, je pense qu’en l’espace [d’une semaine], on avait quelque chose comme 140 inscriptions, souligne Dominic Cuillerier.

Portrait de Dominic Cuillerier.

Dominic Cuillerier a eu l'idée de concevoir les Jeux provinciaux de pêche pour rassembler les jeunes passionnés.

Photo : Radio-Canada / Eli Chamberland

Le principe est le fun pour les jeunes, et le projet est en pleine expansion actuellement.

Cet enthousiasme envers l’événement se faisait ressentir chez les jeunes participants, impatients de montrer leurs dernières techniques et de se rassembler entre eux, dans un concours fait pour eux.

Les ambassadeurs de demain

Samedi, les pêcheurs étaient répartis en équipe de deux jeunes par bateau, avec un capitaine, et un shérif responsable de s’assurer du respect des règlements et de mesurer les prises. Les jeunes décidaient de leurs sites et de leurs méthodes de pêche.

Le lendemain, le capitaine leur sert de coach et leur montre comment attraper plus de poissons.

Le côté éducatif est très présent. On investit dans eux pour qu’ils deviennent des ambassadeurs du milieu, qu’ils transmettent les bonnes valeurs de pêche, les bonnes méthodes et les bonnes pratiques, explique Dominic Cuillerier.

Ils instaurent ces bonnes pratiques-là avec leurs amis, leurs parents.

Ombre au tableau

Les acteurs du milieu de la pêche déplorent que l'accès aux plans d'eau soit de plus en plus difficile.

Un rapport, déposé il y a deux semaines par des chercheurs au Département de géographie de l’Université de Montréal, montre que seuls 3,2 % des rives en Estrie sont accessibles au public.

Les pêcheurs, tout comme les plaisanciers, doivent bien souvent payer un droit d’accès pour mettre leur embarcation à l’eau. Le prix varie de quelques dizaines à quelques centaines de dollars.

Ça limite le nombre de sorties par année, ça limite un peu le monde qui peuvent se permettre d’aller à la pêche aussi. Ceux, anciennement, qui avaient des embarcations de moindre qualité, parce qu’ils avaient moins de sous dans leurs poches, bien aujourd’hui, ils ne peuvent plus aller à la pêche, parce que ça coûte trop cher, déplore le président de la Fédération des chasseurs et pêcheurs de l'Estrie, François Vanasse.

François Vanasse se tient au bord du lac Massawippi.

François Vanasse, le président de la Fédération des chasseurs et pêcheurs de l'Estrie, souhaite que la pêche demeure accessible au plus grand nombre.

Photo : Radio-Canada / Eli Chamberland

C’est une situation qui accélère de plus en plus. On est à un point critique où, dans pas long, il n’y en aura plus de lacs, dans le sud du Québec, où est-ce qu’on va pouvoir avoir accès, constate aussi Philippe April-LeQuéré, le fondateur du blogue Prise du jour.

Philippe April-LeQuéré est assis dans un bateau.

Philippe April-LeQuéré, le fondateur de Prise du jour, était présent pour partager sa passion avec les jeunes pêcheurs.

Photo : Radio-Canada / Eli Chamberland

Tous deux décrient le fait que plusieurs lacs au Québec se retrouvent enclavés par les riverains, et n'offrent aucun accès public.

On essaie de trouver des solutions avec les riverains, avec les Municipalités, de partager les cours d’eau. Mais, c’est difficile. On dirait que les acteurs principaux ne se rejoignent pas tous, donc tout le monde tire un peu sur son côté, explique François Vanasse.

Plusieurs de ces mesures de contrôle sont justifiées par un désir de limiter l'introduction d'espèces aquatiques envahissantes.

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