Le canton de Berne est confronté depuis de nombreuses années à un manque d’enseignants. Pour y remédier: l’association professionnelle Formation Berne croyait avoir trouvé la bonne solution: inscrire dans la constitution bernoise un article pour assurer la qualité de la formation. Ce texte soutenu par le Parti socialiste et les Vert-e-s voulait imposer au canton et aux communes de pourvoir aux moyens financiers et aux ressources humaines afin de garantir un enseignement de haute qualité sur tout le territoire. Elle exigeait aussi que le personnel enseignant soit qualifié et qu’il puisse se concentrer avant tout sur les élèves sans être accaparé par des tâches administratives. Ces arguments n’ont pas convaincu les votants: 59,9% des Bernois ont finalement rejeté cette proposition (dont 59,4% dans le Jura bernois et 56,4% dans l’arrondissement de Bienne).
Un résultat qui réjouit le député UDC Mathias Müller: «Les gens ont compris que ce sujet n’a pas sa place dans la Constitution. Une constitution fixe les grandes règles de fonctionnement du canton. Elle n’est pas là pour inscrire les intérêts particuliers de chaque profession. Sinon, il faudrait aussi des articles spécifiques pour la police ou les travailleurs sociaux par exemple.» Autre raison de ce rejet selon l’élu d’Orvin, le texte était trop vague. «Que veut dire «bonne qualité»? Qui la définit? Les «moyens nécessaires» ne sont pas les mêmes pour tout le monde. Et que signifient «suffisamment d’enseignants»? Pour certains, ce sera un enseignant pour trente élèves; pour d’autres, un enseignant pour chaque élève.» Et contrairement aux initiants, Mathias Müller n’est pas d’avis qu’il manque d’enseignants dans le canton de Berne. Pour lui, il faut analyser tous les facteurs influençant l’éducation, dont par exemple les méthodes d’enseignement au lieu de toujours demander davantage d’argent et d’enseignants.


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