Dans le cadre d’une récente étude menée en Australie, des chercheurs ont élaboré une nouvelle méthode d’identification humaine. Il s’agit d’une nouvelle technique prometteuse qui pourrait se démocratiser à court terme : le génotypage protéomique. L’objectif est d’analyser les protéines présentes dans des échantillons humains, plus précisément des cheveux.
Le génotypage protéomique
Habituellement, l’analyse d’ADN sur une scène de crime consiste à prélever des traces biologiques (sang, sperme, cheveux, peau) afin d’en extraire un profil génétique unique. Ensuite, ce même profil est comparé à des bases de données nationales et à des suspects afin de tenter d’identifier le ou les auteurs ou encore, d’innocenter un ou plusieurs suspects. En ce qui concerne les cheveux, il est nécessaire que l’échantillon ait gardé sa racine – le follicule – contenant l’ADN nucléaire permettant d’identifier précisément une personne.
Seulement voila, les techniciens de la police scientifique présents sur les scènes de crimes retrouvent généralement des cheveux tombés, ces derniers étant composés de cellules kératinisées mortes dépourvues d’ADN nucléaire. Dans ce cas, il reste possible de procéder à une analyse de l’ADN mitochondrial du cheveu, malgré une précision bien moindre. En effet, cette méthode permet seulement de prendre connaissance de la lignée maternelle de la personne ou d’identifier un groupe de population plus restreint.
En septembre 2025, une équipe du laboratoire de médecine légale du ChemCentre à Bentley (Australie) a publié sa dernière étude dans la revue Forensic Science International. Les scientifiques ont mis au point une nouvelle méthode d’identification humaine – le génotypage protéomique – permettant d’analyser les protéines contenues dans un simple cheveu. Or, cette technique donne des résultats prometteurs, puisqu’il s’agit d’obtenir un profil aussi unique que celui d’une empreinte digitale.
Crédit : SandraMatic / iStock
Quels avantages présente cette nouvelle technique ?
Dans les faits, le génotypage protéomique repose sur la détection de peptides génétiquement variables dans des cheveux isolés afin d’en déduire des informations génétiques, permettant ensuite l’identification individuelle. La technique utilise le protéome de la tige capillaire, à savoir l’ensemble des protéines qui s’y expriment. Ainsi, en cas d’échec de l’analyse de l’ADN nucléaire, le génotypage protéomique représenterait une alternative toute aussi précise, rendant par la même occasion totalement obsolète l’analyse de l’ADN mitochondrial.
« Les variations dans la séquence d’acides aminés des protéines chimiquement abondantes et stables offrent cette possibilité. Grâce à une approche protéomique, il est possible de déterminer la présence de polymorphisme nucléotidique unique non synonyme (SNPs) dans le génome d’un individu en révélant les polymorphismes d’acides aminés uniques (SAPs) dans la séquence d’acides aminés des polypeptides. Les recherches en cours visent à utiliser ces informations pour combler une lacune dans le recueil de renseignements médico-légaux en appliquant les technologies protéomiques émergentes à l’analyse des matrices biologiques, notamment les cheveux, un type de preuve biologique sous-exploité. », peut-on lire dans l’étude.
Par ailleurs, le génotypage protéomique donnerait la possibilité de résoudre des affaires non élucidées depuis un certain nombre d’années. En effet, les protéines structurales persistent bien plus longtemps que l’ADN dans des environnements difficiles. Celles-ci restent donc détectables dans les tissus longtemps après que l’ADN soit devenu trop fragmenté pour être analysé. Également, la technique pourrait permettre d’identifier les victimes de maladies naturelles et donc, de potentiellement innocenter des personnes que l’on soupçonnait jusqu’ici d’empoisonnement.


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