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La police de Toronto réévalue sa politique exigeant que ses agents portent une étiquette nominative sur leur uniforme, en raison de préoccupations entourant la sécurité et la vie privée, bien que certains experts estiment qu’il s’agit d’une mesure assurant l'imputabilité.
Au mois de mars, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a revu sa propre politique en la matière afin de permettre à ses agents d’indiquer leur matricule, plutôt que leur nom, d’après une porte-parole du corps policier fédéral.
Ce changement a d’abord été rapporté par le journal The Globe and Mail, qui a cité un document obtenu par l’entremise d’une demande d’accès à l’information.
Cette modification a été apportée afin de rehausser le niveau de sécurité des agents en réduisant la visibilité des renseignements personnels dans un monde de plus en plus numérique, a spécifié la porte-parole de la GRC Jessica Kingsbury par courriel.

La Gendermarie royale du Canada a récemment changé sa politique quant au port des étiquettes nominatives. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Sammy Kogan
Ce changement n’a pas de répercussions sur la capacité de la GRC à identifier ses membres et à les tenir pour responsables pour leurs gestes, dit-elle.
Interrogée à savoir si le Service de police de Toronto envisage d’effectuer un tel changement, la porte-parole Stephanie Sayer précise que le corps policier examine sa politique à la lumière d’inquiétudes entourant la sécurité.
Nous reconnaissons les préoccupations croissantes entourant l’identification en ligne et le ciblage des agents, y compris les répercussions potentielles sur nos membres et leurs familles, déclare Mme Sayer par courriel. La sécurité et la protection de la vie de nos agents sont importantes.
Aucun changement du genre n’a été proposé du côté de la Commission des services policiers – l’équivalent du conseil d’administration de la police –, selon Bridget Cherry, qui est conseillère principale à la Commission.
Par courriel, les services de police des régions de Halton, York et Peel ont tous mentionné qu’ils ne comptaient pas revoir leurs politiques d’étiquettes nominatives. CBC Toronto a aussi contacté la police régionale de Durham.
Le retrait des étiquettes serait un recul, selon un expert
Les policiers torontois doivent porter leur nom sur leur uniforme depuis 2006. La mise en application de cette mesure, à l’époque, avait provoqué une forte réaction de la part du syndicat des policiers.
L'Association des policiers de Toronto avait fait part des préoccupations par rapport à la politique, mais la commission avait répondu que les plaquettes patronymiques humanisaient les agents et qu’elles permettaient de les tenir responsables.
Les policiers torontois ont ensuite été largement critiqués pour avoir enlevé leurs plaquettes patronymiques en 2010, lors des manifestations en lien avec le sommet du G20. Au total, 90 agents ont retiré leurs étiquettes, et plus de 1100 personnes ont été arrêtées.

Des milliers de personnes ont été arrêtées lors du sommet du G20 à Toronto, en 2010.
Photo : AFP
Murray Klippenstein, l’un des avocats ayant représenté quelque 1100 personnes arrêtées lors des manifestations dans le cadre d’un recours collectif, indique que le retrait des étiquettes est un recul important.
L’uniforme des policiers représente une manière tranquille et rassurante de rappeler qu’il existe une mesure d’imputabilité, dit-il.
Me Klippenstein ajoute que l’étiquette nominative humanise les deux côtés de l’équation. La population sait que la personne avec qui elle interagit est une vraie personne, affirme-t-il. Et les policiers portant l’uniforme se font rappeler qu’ils sont de vraies personnes aussi.
Avec les informations d’Eleanor Yuneun Park, de CBC News


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