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À Oromocto, le directeur de l’École Arc-en-ciel, Ian Arseneault, se prépare à de grands changements. Si, comme prévu, 2000 militaires de plus arrivent à la base de Gagetown d'ici une décennie, sa petite école pourrait bien déborder.
On a la capacité, mais veut, veut pas, ça peut avoir un impact sur la salle de classe en termes de nombre d’élèves par classe, en avoir un peu plus ou ajouter une classe supplémentaire, explique-t-il, en ajoutant qu'il n’envisage pas de demander des améliorations d’infrastructure pour l'instant.
Dans cette école primaire et intermédiaire en banlieue de Fredericton, entre 80 et 90 % des élèves ont au moins un parent qui fait partie des Forces armées canadiennes.
La base militaire de Gagetown doit accueillir 2000 militaires de plus sur 10 ans, ce qui pourrait faire bondir la population municipale de 40 %, selon les estimations de la Ville d'Oromocto.
Il y a actuellement 340 élèves à l'école. Si la population d'élèves devait connaître une augmentation identique sur la même période, sa capacité de 450 élèves serait atteinte, voire légèrement dépassée.
L'avantage de l'espace
Son directeur, Ian Arseneault, reconnaît que son établissement dispose de deux avantages notables par rapport à d’autres écoles du sud qui ont vu leur population dépasser les limites de leur infrastructure ces dernières années, comme l’école Saint-Henri à Moncton ou le Centre scolaire Samuel-de-Champlain à Saint-Jean.

L'École Arc-en-ciel à Oromocto pourrait voir le nombre d'élèves exploser d'ici 10 ans en raison des investissements à la base militaire.
Photo : Radio-Canada
L’École Arc-en-ciel a encore de l’espace. En effet, toutes les salles de classe ne sont pas utilisées.
Le bâtiment actuel a ouvert ses portes en 2020, remplaçant ainsi l’ancienne école du même nom, qui comprenait des roulottes.
L’autre avantage de l’École Arc-en-ciel, c’est la possibilité de planifier.
Le directeur et son équipe ont le luxe d’être au courant de l’augmentation à venir et donc de pouvoir établir un plan en conséquence.
Je dirais qu'en gros, c’est juste de faire preuve de flexibilité, puis d'avoir un plan, une vision à long terme. C’est juste de s'assurer qu'on est capable de s’ajuster, dit Ian Arseneault.
Il explique que la clef de cette planification, c'est la communication avec les Forces armées canadiennes et la Ville d’Oromocto pour se tenir au courant de l'ampleur des changements démographiques.
Mais, avant tout, aux yeux du directeur, c’est une occasion de croissance pour l’école et pour la communauté de manière générale.
Avec plus d’élèves, on a aussi plus de parents qui veulent s'impliquer dans la communauté scolaire, donc ça amène aussi une plus grande diversité au niveau de l’école, dit-il en soulignant que les familles québécoises sont toujours nombreuses à l’école, mais qu'il y a aussi de plus en de familles issues d’autres régions de la francophonie.
L’armée et l’école
Sur un mur près de la cafétéria, une affiche annonce une journée thème, à savoir une journée où le port de vêtements ou d'accessoires militaires est encouragé.
Mis à part cela, l’école ressemble à n'importe quelle autre école de la province.

Inaugurée en 1958, la base de Gagetown est la deuxième base militaire en importance des Forces armées canadiennes et la plus grande installation militaire dans l’est du pays.
Photo : Radio-Canada / Mikaël Mayer
Le directeur estime néanmoins qu’il existe une différence notable pour le personnel scolaire.
Pas nécessairement un trauma, mais [les élèves] ont quand même certains vécus. Certains [parents] malheureusement, ils ont des situations comme ça, donc c’est d’être plus conscient et de bien encadrer [les élèves], explique Ian Arseneault.
Les mutations au sein de l’armée provoquent aussi de fréquents déménagements chez les familles militaires, un roulement qui touche environ 10 % des élèves de l’École Arc-en-ciel, selon son directeur.
L’école, dit-il, fait donc des efforts particuliers pour aider au mieux-être des élèves.
Comme les autres écoles de la province, l’École Arc-en-ciel offre un programme de petits déjeuners. Mais, l’établissement scolaire a choisi de bonifier l’offre, ouvrant les portes du gymnase pour une promenade matinale et les portes des salles de classe pour faciliter les discussions entre élèves et enseignants.
D’ailleurs, qu’il soit question du mieux-être des élèves ou de croissance de la population de l’école, le directeur adopte essentiellement la même stratégie.
C’est de garder un œil, voir l’évolution de la situation, planifier à l’avance, dit Ian Arseneault, sur son travail d’accueil des prochaines années.


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