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La Nation crie Mikisew demande une meilleure protection de ses ressources d’eau

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La Première Nation crie Mikisew, située dans le nord de l’Alberta, réclame de meilleures protections de ses ressources en eau, après des années à dénoncer un taux élevé de cancers dans la communauté.

Selon le chef de la nation, Billy-Joe Tuccaro, il existe un lien clair entre la prévalence de la maladie dans les communautés de la région et l’exploitation des sables bitumineux.

Il était à Ottawa lundi pour faire pression sur les gouvernements fédéral et provincial.

Ma communauté subit depuis trop longtemps des dommages collatéraux, a-t-il déclaré.

Mark Carney, Danielle Smith et le secteur privé doivent mettre en place des normes de qualité de l'eau, car ce qui est en vigueur tue mon peuple.

Billy-Joe Tuccaro a également dit que la communauté songeait à s'installer autre part si les mesures de protection de l’eau n’étaient pas renforcées.

Une lutte qui ne date pas d’hier

Il y a deux ans, la Nation crie Mikisew et la Première Nation Athabasca Chipewyan demandaient au gouvernement fédéral d’examiner les composés toxiques libérés lors d’activités pétrolières et leurs effets néfastes sur les cours d’eau adjacents et, par conséquent, la santé humaine.

Quelques mois plus tard, l’ancien ministre de l’Environnement et du Changement climatique du Canada, Steven Guilbault, s’est engagé à investir près de 12 millions de dollars pour mener à bien une étude de 10 ans sur la question.

Toutefois, les inquiétudes persistent depuis des années. En 2009, les deux Premières Nations réclamaient déjà des statistiques sur le cancer dans leurs communautés.

Un médecin de la région, John O’Connor, y a d’ailleurs pendant longtemps dénoncé un nombre anormalement élevé de cancers rares, qu’il liait aux toxines cancérigènes s’infiltrant dans l’eau et l’air des communautés en aval des exploitations de sables bitumineux.

John et Charlene O'Connor, assis à l'extérieur, posent pour une photo.

John O’Connor (à gauche) a été le premier en 2006 à s'interroger sur les causes de la prévalence élevée de cancers et leurs liens possibles avec les sites de sables bitumineux à proximité de Fort Chipewyan. (Photo d'archives)

Photo : Fournie par Dr John O'Connor

À l’époque, le gouvernement avait confirmé une incidence élevée de cas de cancers chez les résidents de Fort Chipewyan. Il disait toutefois à la population de « ne pas s’alarmer », en soutenant qu’il était impossible d’établir des liens directs entre les activités pétrolières et le haut taux de la maladie.

En 2014, une nouvelle étude menée et financée par le gouvernement de l’Alberta affirmait que seuls trois types de cancers étaient plus prévalents à Fort Chipewyan, mais que ces taux n’étaient pas atttibuables à des causes environnementales.

Ce qui est intéressant dans cette étude, c’est qu’elle compare le nombre de cas de cancers à d’autres petites communautés de la région, comme Conklin et Fort MacKay, explique Mandy Olsgard, toxicologue à Integrated Toxicology Solutions.

Et ce qui a été observé. c'est que le taux à Fort Chipewyan était plus élevé que dans ces autres localités.

Elle soutient toutefois que, pour déterminer la cause exacte du nombre de cancers dans la communauté, des études plus approfondies doivent être menées par des spécialistes de l'analyse statistique épidémiologique de la maladie.

Mais, en comparant les observations de la communauté, ce qui est signalé par la province et les groupes d’intérêt, et les études menées, je peux dire que oui, les données sont préoccupantes, affirme-t-elle.

De nouvelles données indépendantes

Lundi, Billy-Joe Tuccaro a indiqué que la Nation crie Mikisew avait reçu les résultats d’une nouvelle étude indépendante qu’elle avait commandée, qui confirmait un taux de cancer plus élevé dans la communauté.

Cependant, Radio-Canada n’a pas été en mesure de confirmer cette information ou de consulter les documents du rapport, le chef de la nation ayant signalé qu’il ne serait rendu public que plus tard.

De son côté, le ministère des Soins primaires et préventifs de l’Alberta a répondu par voie de communiqué qu’un rapport récent conclu par le médecin hygiéniste en chef de la province confirmait que la grande majorité des taux de cancer chez les adultes se situent dans les limites normales.

Selon le gouvernement, ce rapport recense des données allant de 1993 à 2022.

Pour sa part, le gouvernement fédéral indiquait en mars dernier dans un courriel que l’étude sur la santé lancée en 2024 en était encore au stade de planification.

Les nations concernées] sont en train de définir le cadre de gouvernance et la méthodologie de l’étude, un processus toujours en cours alors que le groupe décide conjointement de la meilleure façon de structurer l’étude en s’appuyant sur les systèmes de connaissances autochtones.

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