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En 2015, le Département de la Manche a été pionnier dans l’utilisation de l’hydrogène pour alimenter ses véhicules. Aujourd’hui, les deux seules stations-service sont abandonnées.
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Par Sebastien Lucot Publié le 14 sept. 2026 à 6h00
L’hydrogène. Sous forme gazeuse, cet élément chimique promettait une énergie plus vertueuse pour l’environnement dans les années 2010, notamment dans le département de la Manche.
En effet, le Conseil général de l’époque avait investi dans la mise en service – à Saint-Lô en 2015 pour la bagatelle de 400 000 euros au total – de la première station-service permettant d’alimenter un véhicule électrique et des vélos dans le département.
Pour rappel, cette énergie associe l’oxygène de l’air pour recharger une pile à combustible à bord d’un véhicule et transformer l’hydrogène stocké à bord en électricité, laquelle alimente ensuite le moteur.
Or, les industriels ont, au fil des années et avec la montée en puissance des voitures électriques à batterie, jugé le rendement énergétique global de l’hydrogène trop faible et freiné ou arrêté leurs investissements.
Des stations-service abandonnées
Pionnier, le département de la Manche se targuait à l’époque d’être la première collectivité à s’équiper de véhicules fonctionnant à cette énergie et d’une station.
Après plusieurs années de tests et la volonté d’implanter une douzaine de ces stations dans la Manche, seules deux verront finalement le jour (Saint-Lô, Cherbourg).
La maintenance, les problèmes rencontrés… Le test de cette énergie a démontré que son coût n’était pas rentable.
Également gestionnaire du parc automobile de cette collectivité, l’élu assure que « 40 % des véhicules roulent désormais à l’électricité » et que la station à hydrogène – « n’est plus utilisée ».
En avril 2021, c’est au tour des élus de la Ville de Cherbourg-en-Cotentin, de l’Agglomération du Cotentin (en partenariat avec Région et Département) d’inaugurer en grande pompe la station à hydrogène des Mielles, près de la station-service Esso de Tourlaville.
Aujourd’hui totalement abandonnée, celle qui approvisionnait dix voitures des collectivités en gaz d’hydrogène, a subi le même sort que sa voisine saint-loise.
Les tests n’ont pas été concluants. La station était souvent en panne, comme les véhicules. C’est une technologie qui n’est pas encore au point.
Ces fermetures ne sont pas les seuls signes démontrant l’abandon de l’hydrogène dans nos mobilités.
Ergosup, une entreprise basée dans la Drôme et qui avait développé un procédé innovant pour convertir l’électricité en hydrogène par électrolyse, avait misé sur le Cotentin en s’installant en 2017 à Cherbourg. Or, depuis 2023, la société a été placée en liquidation judiciaire.
D’autres formes d’hydrogène explorées
Si l’hydrogène, notamment gris, n’a plus le vent en poupe, le vert, produit grâce à des énergies renouvelables, semble encore avoir un avenir malgré les difficultés rencontrées pour le fabriquer, le transporter et le stocker.
En effet, l’entreprise Lhyfe, en Vendée, produit de l’hydrogène 100 % vert par électrolyse de l’eau depuis septembre 2021. Piloté par Vendée Énergie, le plan Vendée Hydrogène alimente des stations de distribution pour les mobilités propres.
L’entreprise a cependant récemment licencié une soixantaine de salariés, pour « s’ajuster » au retard pris par l’Europe sur le développement de cette énergie renouvelable.
De son côté, l’hydrogène blanc – présent naturellement sous terre, contrairement à l’hydrogène gris ou vert qui doit être fabriqué par l’industrie – pourrait être la nouvelle piste exploitée par les industriels.
Des traces d’hydrogène naturel ont été signalées dans le sous-sol de certaines zones comme le Cotentin.
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