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La levée du drapeau de la fierté devant l'hôtel de ville de Windsor a donné vendredi le coup d'envoi de la 34e édition du Festival de la Fierté de Windsor-Essex, qui se déroulera jusqu'au 9 août. Une centaine d’organisateurs, d’élus, de commanditaires et de membres de la communauté se sont réunis pour souligner le chemin parcouru, tout en rappelant que la lutte pour l'inclusion est loin d'être terminée.
Certaines années sont davantage axées sur la survie, d'autres sur la célébration. Mais chaque année, il est question des deux, résume la coprésidente du festival, Mel Lucier, en entrevue avec Radio-Canada.

Selon Mel Lucier, coprésidente du Festival de la Fierté de Windsor-Essex, cette 34ᵉ édition devrait accueillir un nombre record de kiosques et de participants, avec une programmation pensée davantage pour les familles.
Photo : Radio-Canada / Camille Cottais
Selon elle, le festival continue d'évoluer avec la communauté qu'il représente. Notre communauté s'agrandit, notre identité aussi, mais je ne pense pas qu'il y aura un jour où nous n'aurons plus besoin d'un festival de la Fierté, affirme-t-elle.
Cette année, les organisateurs s'attendent à accueillir leur plus grand nombre de kiosques et de vendeurs jusqu'à maintenant. La plupart des activités sont gratuites et le lieu principal, au parc Lanspeary, offre davantage d'espace pour les familles, souligne Mel Lucier.
Un symbole qui demeure nécessaire
Dans son discours, le maire Drew Dilkens a insisté sur la portée symbolique de la levée du drapeau, malgré les progrès réalisés depuis les débuts du festival.
Je pense à tout le chemin parcouru, mais aussi à celui qu'il reste encore à faire.
Le maire a rappelé plusieurs épisodes marquants de l'histoire récente de la communauté LGBTQ+ à Windsor, notamment des agressions visant des personnes homosexuelles ainsi que le rassemblement organisé après la fusillade du bar Pulse à Orlando en 2016.
Après 34 ans, je sens qu'il y a une évolution. Chaque fois que je viens ici, la foule est un peu plus nombreuse et un peu plus à l'aise, a-t-il affirmé, tout en estimant que ce drapeau a toujours sa raison d'être et qu'il continuera d'être hissé tant que l'égalité ne sera pas pleinement atteinte.
Un message semblable a été livré par Stephanie Dunphy, représentante du comité LGBTQ+ de la section locale 444 d'Unifor. Quand je regarde notre drapeau, je ne vois pas seulement de belles couleurs. Je vois l'histoire du mouvement, le chemin parcouru et le travail qu'il reste à accomplir, a-t-elle déclaré.

Stephanie Dunphy, représentante du comité LGBTQ+ de la section locale 444 d'Unifor, rappelle que le drapeau de la Fierté représente autant les progrès accomplis que le travail qu'il reste à faire pour assurer la sécurité et l'inclusion de la communauté LGBTQ+.
Photo : Radio-Canada / Camille Cottais
Mme Dunphy a également appelé la population à transformer les gestes symboliques en actions concrètes.
La visibilité sans action ne suffit pas. [...] Aujourd'hui ne peut pas seulement être une levée de drapeau. Ce doit être un engagement renouvelé envers la solidarité, la protection de nos jeunes et des milieux où chacun peut vivre en sécurité.
Une participation politique diversifiée
Le député progressiste-conservateur de Windsor-Tecumseh, Andrew Dowie, présent à la cérémonie, a lui aussi insisté sur l'importance d'être présent. Il se souvient que la levée du drapeau a été le premier événement officiel auquel il a participé après son élection comme député provincial.
Je représente toute ma circonscription. C'est nécessaire de comprendre les besoins de la communauté de la Fierté et de travailler ensemble, explique-t-il en entrevue avec Radio-Canada.

Le député progressiste-conservateur Andrew Dowie affirme participer chaque année aux célébrations, estimant qu'il est de son devoir de représenter l'ensemble des citoyens de sa circonscription.
Photo : Radio-Canada / Camille Cottais
Dans son allocution, le député a décrit la cérémonie comme une déclaration publique d'inclusion, de dignité et de respect, tout en soulignant que chaque personne mérite de se sentir en sécurité à la maison, à l'école, au travail et dans sa communauté.
Un festival qui prend de l'ampleur
Pour plusieurs participants, la croissance du festival est l'un des changements les plus marquants.
Chargée de la programmation artistique, Michele Caldwell se souvient d'une époque où une vingtaine de personnes seulement assistaient à la levée du drapeau.
Ça a commencé tout petit et maintenant c'est beaucoup plus grand, raconte-t-elle, ajoutant que la scène LGBTQ+ de Windsor a elle aussi évolué au fil des années. Si plusieurs établissements destinés à cette communauté ont fermé leurs portes, elle estime que les personnes LGBTQ+ sont aujourd'hui davantage accueillies dans l'ensemble des commerces et lieux de divertissement.

Michele Caldwell, responsable de la programmation artistique du Festival de la fierté de Windsor-Essex, souligne que la levée du drapeau, qui réunissait une vingtaine de personnes à ses débuts, attire aujourd'hui une foule beaucoup plus importante.
Photo : Radio-Canada / Camille Cottais
Le même constat est partagé par Timothy Varga et Joseph Livingston, qui participaient à la cérémonie. Présent aux premières éditions dans les années 1990, Timothy Varga affirme que le festival est définitivement plus grand qu'à ses débuts.

Pour Timothy Varga et Joseph Livingston, la levée du drapeau est un symbole que la communauté LGBTQ+ est reconnue et accueillie à Windsor.
Photo : Radio-Canada / Camille Cottais
C'était simplement une petite marche dans une rue. Aujourd'hui, il y a tellement plus, raconte-t-il.
Pour Joseph Livingston, la levée du drapeau est avant tout un symbole de fierté et d'appartenance. Ça montre que Windsor nous voit, nous apprécie et nous donne la possibilité d'être inclus dans la communauté, ajoute Timothy Varga.
Fondé en 1992 avec une marche réunissant une centaine de personnes, le Festival de la Fierté de Windsor-Essex se poursuit jusqu'au 9 août. De nombreuses activités sont prévues, incluant la parade annuelle, qui s'élancera le dimanche 9 août à 11 h de l'intersection des rues Ottawa et Monmouth en direction du parc Lanspeary.


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