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La montée du prix du diesel ne fait pas seulement grimper la facture à la pompe. Elle pèse aussi lourdement sur les budgets des transporteurs par autobus, qui doivent composer avec une forte augmentation de leurs coûts d’exploitation.
Le diesel a récemment approché les 3 $ le litre, contre environ 2,10 $ en juillet. Pour les transporteurs scolaires, la situation est particulièrement difficile puisque leurs contrats prévoient une indexation de seulement 2,17 % cette année.
L'indexation n'est vraiment pas suffisante, estime le PDG de la Fédération des transporteurs par autobus, Luc Fortin, au micro de Par ici l'info.
Des marges qui s'amenuisent en Estrie
En Estrie, la pression se fait également sentir. Pierre Tourville, qui dirige Autobus B. Dion et quatre autres entreprises de transport scolaire dans la région, dit constater une diminution des marges de profit.
Les marges de profit s’amenuisent, explique-t-il, soulignant que le prix des véhicules et des pièces augmente beaucoup plus rapidement que l’indexation prévue aux contrats.

Pierre Tourville, qui dirige Autobus B. Dion et quatre autres entreprises de transport scolaire dans la région, dit constater une diminution des marges de profit.
Photo : Radio-Canada
Le coût d’acquisition d’un autobus scolaire au diesel a d’ailleurs augmenté de 73 % en quatre ans. Pierre Tourville estime aujourd’hui le prix d’un autobus diesel à environ 200 000 $, comparativement à 120 000 $ en 2022.
Un plein à 1200 $
À cela s’ajoutent les coûts des assurances et de la main-d’œuvre, alors que le prix du carburant demeure imprévisible.
Pour donner une idée de l’impact du prix du diesel, M. Tourville indique qu'un autobus de sa flotte peut contenir environ 400 litres. À 3 $ le litre, le plein coûte donc autour de 1200 $ et permet de parcourir environ 900 kilomètres.
Pierre Tourville affirme que ses entreprises disposent toutefois de quelques véhicules électriques et au propane, ce qui permet de réduire leur exposition aux fluctuations du diesel. La transition vers l’électrique demeure néanmoins complexe.
C’est pas instantané. Quand on passe des commandes dans le domaine de l’autobus, c’est six mois, un an de délais.
Pénurie de chauffeurs et fermetures d'entreprises
Il y a aussi des transporteurs qui commencent à se questionner sur leur avenir. Il y en a qui sont pris à la gorge, affirme Luc Fortin. Selon lui, certains souhaiteraient vendre leur entreprise, mais peinent à trouver des acheteurs.

Luc Fortin est le président-directeur général de la Fédération des transporteurs par autobus.
Photo : Radio-Canada / Martin Bilodeau
La Fédération estime que 80 transporteurs ont disparu au Québec au cours des quatre dernières années, soit parce qu'ils ont été achetés, soit parce qu'ils ont cessé leurs activités.
L'urgence d'une aide gouvernementale
Une aide exceptionnelle du gouvernement est prévue jusqu'en juin 2027. La Fédération réclame toutefois une mesure permanente et un mode d'indexation mieux adapté aux réalités du secteur.
Pour Pierre Tourville, l’enjeu est particulièrement important à l’approche du renouvellement des contrats scolaires, qui prennent fin en 2028.
Ça prend un coup de barre pour pouvoir renouveler la flotte, donner du service et le tout en parfaite sécurité, affirme-t-il.
Luc Fortin craint pour sa part une crise du transport de personnes dans un horizon de cinq ans.
On est présentement face à une tempête parfaite.
La Fédération demande donc au gouvernement des mesures pérennes afin d’éviter que la hausse des coûts et la fragilité financière des entreprises ne compromettent la capacité d’assurer le transport de personnes partout au Québec


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