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Le centre de retraitement nucléaire Orano à La Hague a pris des dispositions drastiques après le décès d’une salariée. Une épidémie de méningites «sans précédent» a déjà fait deux morts en Angleterre, même si aucun lien n’est établi pour l’heure entre les deux.
Passer la publicité Passer la publicitéÀ La Hague (Manche), une salariée du centre de retraitement de combustibles nucléaires Orano a succombé d’une méningite à méningocoque, a appris Le Figaro auprès de l’entreprise, confirmant des informations du Parisien et d’Ici Cotentin. «C’est avec une vive émotion que nous venons d’apprendre le décès d’une de nos collègues à la suite d’une infection invasive à méningocoque», ont appris ses collègues par un message transmis jeudi 19 mars.
L’annonce a suscité une vague d’émotions au sein du personnel, le décès très brutal survenant alors qu’une épidémie «sans précédent» de méningite a fait deux morts dans la région de Canterbury (sud-est de l’Angleterre), où 27 cas sont par ailleurs recensés.
Orano indique que la victime, qui travaillait à la direction des programmes au sein du bâtiment administratif Atlas, est décédée à l’hôpital de Cherbourg jeudi matin. La direction de l’usine, centre spécialisé dans le recyclage des combustibles nucléaires usés, a identifié 50 cas contacts. Ces derniers «ont été à moins d’un mètre de la salariée, en face-à-face, pendant plus d’une heure (en une fois ou de façon cumulée) dans les 10 derniers jours, soit depuis le 9 mars 2026».
Aucun lien établi pour l’heure avec l’épidémie britannique
Pour l’heure, aucun lien n’est établi entre l’épidémie qui alerte les autorités britanniques et le décès de cette salariée française. Le ministère de la Santé a confirmé il y a quelques jours qu’une personne ayant fréquenté l’université du Kent était hospitalisée en France dans un état stable, sans apporter plus de précisions.
La méningite est une inflammation d’origine infectieuse des méninges, les fines membranes enveloppant le cerveau. L’ARS indique qu’elle engendre une «forte fièvre, des maux de tête, des nausées et vomissements, ou encore une raideur de la nuque». La transmission est liée à l’exposition «directe et prolongée à des gouttelettes ou de la salive», notamment lors de la toux. La contagiosité est peu importante et concerne les contacts proches, en collectivité et en famille.
Plusieurs types d’agents infectieux peuvent être en cause : des virus, des bactéries et parfois des champignons. Plus rares que les méningites virales, les méningites bactériennes tuent de manière foudroyante quand elles ne sont pas soignées. Même si elles le sont, elles entraînent une mortalité élevée (environ 10%) et un risque important de séquelles (30%).
Mesures strictes
La manière la plus efficace d’endiguer la propagation reste les antibiotiques. Aussi, les 50 salariés cas contact vont recevoir un traitement antibiotique préventif pendant 48 heures et devront rester à leur domicile pendant 10 jours, soit jusqu’au 29 mars inclus, précise Orano au Figaro. Cependant, conformément aux directives de l’ARS, aucune disposition spécifique n’est mise en place pour les personnes de l’environnement proche des cas contact.
À titre préventif, des dispositions ont toutefois été mises en œuvre pour le personnel travaillant dans le bâtiment Atlas que fréquentait la victime. Le lieu a été désinfecté, les salariés sont incités à appliquer des gestes barrières stricts et autorisés à télétravailler s’ils le souhaitent. Un dispositif d’écoute psychologique a également été mis en place pour une dizaine de jours.


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