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Propos recueillis par Elisa Mignot
Publié aujourd’hui à 06h00Article réservé aux abonnés
TémoignagesOlga et Sasha Kurovska sont deux sœurs ukrainiennes. L’une vit à Paris, l’autre à Kiev. Face aux frappes russes contre des infrastructures civiles, Sasha admire la capacité de ses compatriotes à ne jamais baisser les bras, quand Olga, de retour d’un séjour d’un mois en Ukraine, comprend mieux les réactions de sa sœur sous la menace des bombardements.
Kyiv, le 27 août 2026,
Chères lectrices, chers lecteurs,
Olga et Zakary viennent de repartir en France, après plus de trois semaines en Ukraine. Je me sens triste et soulagée en même temps. Soulagée qu’ils n’aient plus à vivre jour et nuit avec le risque des bombardements. Triste, car ils me manquent déjà. J’aimerais tellement être prête à voyager avec mon fils pour les voir plus souvent. Mais c’est trop difficile pour moi physiquement, moralement et économiquement.
L’Ukraine vient de célébrer le 35e anniversaire de son indépendance, et cette journée a été calme, sans bombardement, grâce à la venue d’invités étrangers de haut rang – le premier ministre britannique et le président du Conseil européen. On plaisante toujours en se disant que les politiques du monde entier devraient se faire un calendrier de visites sans aucune pause pour empêcher les attaques.
D’autant plus que, depuis des semaines, Kyiv [Kiev, en ukrainien], sa région et tout le pays souffrent d’innombrables attaques contre des infrastructures civiles : des entrepôts de stockage, des centres de distribution, des usines de produits de grande consommation, des supermarchés… C’est une nouvelle étape dans la terreur russe, mais je reste sereine : même si les dégâts sont énormes, je sais que les entreprises tiendront bon, cela fait plus de quatre ans qu’elles ne cessent de s’adapter.
Ma copine Marina, qui a un poste important dans l’une des plus grandes chaînes de supermarchés du pays, m’a raconté que, ces temps-ci, elle travaillait vingt-quatre heures sur vingt-quatre ou presque pour que les magasins restent achalandés. Elle doit évaluer le niveau de destruction de leurs stocks de marchandises, réorienter les flux logistiques, pallier la perte totale de produits frais (bœuf, volaille, fruits, légumes, plats cuisinés, jus, smoothies…). Pendant quelques jours, les rayons des supermarchés étaient en effet quasi vides. Mais seulement pendant quelques jours. Nous n’avons même pas eu le temps de vraiment paniquer : « Les solutions se trouvent très vite », m’a dit Marina.
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