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Par Charles Boutin
Publié le 22/10/2026 à 16h36, mis à jour le 22/10/2026 à 17h40

Les organisateurs de l’événement, qui réunit cette semaine plus de 200 galeries dans la capitale, n’ouvriront au public que jusqu’à vendredi, à 19 heures.
Passer la publicité Passer la publicitéBeaucoup de galeristes le pressentaient. Les organisateurs d’Art Basel Paris ont pris les devants et décidé de fermer les portes de la grande foire d’art contemporain samedi et dimanche sans attendre une éventuelle décision de la préfecture. Les manifestations parisiennes du 24 octobre ont eu raison de ce rendez-vous de l’art au Grand Palais. Dans un communiqué relayé jeudi après-midi, l’organisation annonce que « compte tenu des événements prévus ce week-end à Paris, et dans le souci d’assurer la sécurité de nos visiteurs, exposants, partenaires, collaborateurs et œuvres d’art, l’édition se clôturera le vendredi 23 octobre à 19 heures ».
Les organisateurs expliquent « regretter profondément » de ne pas pouvoir permettre l’accueil du public jusqu’à dimanche soir. « Cette décision n’a pas été prise à la légère, et la sécurité de toutes les personnes impliquées dans le salon reste notre priorité absolue », ajoutent-ils.
Dispositif de sécurité maximal
Le risque d’annulation planait sur l’événement depuis le début de la semaine. Après les émeutes du 17 octobre, les galeristes et grands acheteurs d’art, venus des États-Unis, de Corée ou de Chine, redoutaient que les scènes de violences et les pillages se renouvellent. Dès le week-end dernier, la direction de la foire Art Basel Paris leur répondait, à travers un mail, que les dispositifs de sécurité - barrières antibélier, effectifs supplémentaires - étaient poussés au maximum. Elle refusait coûte que coûte de croire que le Grand Palais resterait fermé samedi en raison des manifestations.
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Mais la tension était palpable. Un compte Instagram, « Documentations-art », a ainsi menacé en début de semaine de « reprendre le palais » et de « combattre le discours hégémonique et conservateur qui mène le monde de l’art aujourd’hui ». La publication a attiré des milliers de likes et de commentaires. La crainte d’une escalade au cœur de Paris est d’autant plus grande que le quartier a particulièrement été visé par les précédentes mobilisations des « gilets jaunes ». Des vernissages au Jeu de Paume, aux Beaux-Arts et sur les Champs-Élysées ont été annulés ou décalés par précaution. *
Dans ce contexte brûlant, certains avaient anticipé de potentielles attaques, comme la galerie Mennour qui prévoyait d’enlever dès vendredi les deux sculptures d’Alicja Kwade et de Yinka Shonibare sur l’avenue coupée à la circulation entre le Grand et le Petit Palais.
Pour les galeristes, c’est la douche froide. Beaucoup s’attendaient à une fermeture samedi en espérant une ouverture dimanche. D’un point de vue économique, les exposants n’auront donc eu que quatre jours de vente sur les six prévus et les comptes de la foire s’en ressentiront avec deux jours de billeterie perdus. Tout le monde est donc touché. Un crève-cœur, même si jeudi, on croisait moins de monde que mardi et mercredi, quand les allées avaient été prises d’assaut. Et une inquiétude supplémentaire pour le marché de l’art passablement mis à mal. Dès l’annonce de la fermeture ce week-end, les galeristes se sont empressés de prévenir leurs collectionneurs pour les faire venir, ou revenir avant vendredi soir. Auront-ils été entendus ?


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