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Quatre journalistes, deux certitudes : les changements climatiques sont bien réels et la désinformation qui circule à leur sujet l'est tout autant.
L'ère est à la désinformation dira même l'un d'eux, Étienne Leblanc de Radio-Canada.
Ces quatre journalistes étaient les panélistes invités du Festival international du journalisme de Carleton-sur-Mer qui tenait à l'UQAR une journée de réflexion sur les changements climatiques et la désinformation.
D'entrée de jeu, Éric-Pierre Champagne, journaliste spécialisé en environnement à La Presse lance : la désinformation s'est raffinée.
Il explique que l'époque n'est plus à la négation pure et dure des changements climatiques, mais plutôt à une subtile contestation des constats scientifiques.
À cet égard, il cite ce discours qui reconnaît l'existence des changements climatiques, mais surtout comme le résultat d'un phénomène naturel et non de l'activité humaine.
Ou encore, ces prétentions, selon lesquelles la technologie règlera la crise climatique grâce à des techniques comme le captage du carbone.
Dans tous les cas, affirme Éric-Pierre Champagne, le message, c'est que l'on ne peut rien faire, donc que l'on ne doit rien changer dans nos façons de faire. Pour le journaliste, ce discours plus subtil est plus difficile à combattre même s'il reste de la désinformation.

Les panélistes à la conférence sur les changements climatiques et la désinformation à l'UQAR
Photo : Radio-Canada / Denis Leduc
Une autre conception du monde
Son vis-à-vis du journal Le Devoir Alexis Riopel abonde dans le même sens. Il parle d'un discours qui détourne les réalités scientifiques.
Il mentionne que ce discours est repris par des citoyens, mais aussi par une partie du monde des affaires et du monde politique pour promouvoir des intérêts particuliers ou promouvoir une autre conception du monde.
Développer le sens critique
La journaliste multiplateforme Malia Kounkou de l'infolettre Chambre d'écho de Montréal ne conteste pas les constats de ces collègues des médias traditionnels. Mais elle propose une solution.
Finalement, ce qui désamorce la désinformation, c'est le sens critique que l'on doit développer.

Malia Kounkou, journaliste multiplaforme de l'infolettre Chambre d'écho de Montréal lors d'une conférence à l'UQAR
Photo : Radio-Canada / Denis Leduc
Avec sa lettre d'information sur le site Chambre d'écho, elle espère contribuer à pousser les gens à s'informer par eux-mêmes.
J'ose espérer que ce que je fais les aide. [...] Mon but, c'est de réactiver cette envie d'être informée.
Pour Malia Kounkou, la clef pour bien informer les citoyens et contrer la désinformation, c'est la rigueur journalistique.
Elle en parlera dès sa première intervention. Et pour elle, il n'y a pas de doute, la rigueur journalistique est possible sur les réseaux sociaux même si chacun est son propre média et même si la réputation de ces réseaux est souvent bien éloignée de la rigueur.
Des bases solides
Dans le même esprit, Alexis Riopel du Devoir plaide pour une information de qualité comme instrument pour éclairer les débats et faire reculer la désinformation.
Si les bases sont solides, on peut, par la suite, avoir un débat qui est plus utile, plus fructueux.
Une quarantaine de personnes ont assisté aux discussions à l'UQAR. Des discussions qui se poursuivront, le mois prochain, à Carleton-sur-Mer lors du Festival international du journalisme.


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