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L'ex-cardiologue Guy Turcotte, reconnu coupable en 2015 de meurtre au deuxième degré pour avoir poignardé à mort ses deux enfants six ans plus tôt, s'est vu refuser, mardi, la permission de sortir de prison avec escorte.
La Commission des libérations conditionnelles du Canada estime qu'il n'assume toujours pas complètement les gestes qu'il a commis.
En décembre 2015, Guy Turcotte a été reconnu coupable d'avoir poignardé à plusieurs dizaines de reprises, en 2009, son fils Olivier, âgé de 5 ans, et sa fille Anne-Sophie, âgée de 3 ans.
Les commissaires qui ont entendu son témoignage ont souligné que l'ex-cardiologue avait fait certains progrès. Ils estiment toutefois que l'extrême gravité du crime commis dans un contexte de rupture amoureuse ne rend pas souhaitable sa sortie à ce stade-ci de sa peine.
Si l'on considère la gravité exceptionnelle du crime commis dans un contexte de relation conjugale, le caractère irréversible et persistant des conséquences sur les victimes, votre réinsertion doit se faire à un rythme qui tient compte des victimes. Il n'est donc pas souhaitable à ce moment-ci de vous accorder une permission de sortie, a déclaré la commissaire Jacqueline Schoefper.
Continuer à vivre pour honorer ses enfants
Isabelle Gaston, la mère des enfants et ex-conjointe de Guy Turcotte, s’était auparavant adressée aux commissaires pour décrire sa situation. Lorsque mon garçon, Olivier, et ma fille, Anne-Sophie, sont décédés, une bonne partie de qui je suis est morte ce jour-là, a-t-elle raconté.
J’avais deux choix : continuer à vivre avec l’horreur ou me délivrer de la souffrance en me suicidant; j’ai choisi d’honorer vos vies, a confié celle qui dit avoir renoncé à bien des projets professionnels comme familiaux, en plus de devoir vivre avec des procédures qui ne prennent jamais fin.

Isabelle Gaston, mère des enfants et ex-conjointe de Guy Turcotte, s'adresse aux médias en marge de l'audience de la Cour d'appel en 2018. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Charles Contant
Cette violence, je l’ai vécue majoritairement en solitaire, a-t-elle ajouté, avant de dire qu’elle souhaitait que Guy Turcotte reconnaisse qu'il est le seul responsable du mal qu’il a fait.
Lors de l’audience, l’ancien cardiologue a en effet maintenu la même version que lors du processus judiciaire, à savoir qu’il avait tué ses enfants, non pas pour se venger de sa femme, mais parce qu’il venait de boire du méthanol pour se suicider et qu’il ne voulait pas que ses enfants le découvrent mort.
Il a aussi convenu qu’à l’époque, il avait du mal à gérer ses émotions, qu’il avait cheminé depuis, mais qu’il lui restait des progrès à faire, notamment dans l’expression de sa tristesse. Je ne peux pas penser à tous les gens qui ont souffert à cause de moi. Tout ça, c'est sur mes épaules, je tire ce boulet-là depuis 2009, a-t-il confié en sanglots.
Admissible en 2028
L'homme, aujourd’hui âgé de 54 ans, a été condamné à la prison à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant 17 ans. Il sera admissible à la libération conditionnelle en 2028.
Turcotte avait initialement été déclaré non responsable criminellement des meurtres pour cause de troubles mentaux, en 2011, mais ce verdict a été infirmé en appel.
Un porte-parole de la Commission des libérations conditionnelles du Canada précise que les décisions relatives aux permissions de sortir avec escorte ne sont pas rendues publiques, mais qu'elles peuvent être communiquées oralement à la fin de l’audience.
Avec les informations de La Presse canadienne, Amélie Desmarais et Marc Verreault


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