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L'idée d'abolir la Loi sur les Indiens, exprimée lundi par le premier ministre du Manitoba, Wab Kinew, est considérée par des Autochtones avec optimisme. Toutefois, certains craignent de perdre leurs droits protégés et redoutent une ingérence des provinces dans un tel processus.
Réunies mardi au sein d’un forum à Winnipeg, plusieurs personnes d’affaires autochtones ont accueilli avec optimisme les propos du premier ministre manitobain. Certaines d’entre elles sont toutefois soucieuses du respect de leurs droits protégés durant une éventuelle transition.
Originaire de la Première Nation de Sagkeeng, Odessa Stair a fait part de la confiance qu’elle porte à Wab Kinew tout en imaginant les défis qu’elle craint de devoir affronter.
C'est très déstabilisant d'abolir la Loi sur les Indiens, mais que se passerait-il si, un jour, nous n'étions plus des Indiens, si nous ne l'avions jamais été? Donc, si nous l'abolissons, nous devons la remplacer par quelque chose qui puisse convenir à tout le monde, estime-t-elle.
Mike Sutherland, membre de la Première Nation de Peguis, se réjouit de voir que les deux ordres de gouvernement envisagent cette idée. Il soulève cependant quelques inquiétudes face aux obstacles qui pourraient perturber le processus d’abolition de cette loi, notamment en raison des paragraphes 1 et 2 de l'article 6. Cet article s'attarde entre autres aux raisons pour lesquelles une personne peut être inscrite au registre des Indiens.
C’est beaucoup demander et c’est quelque chose que nous aimerions voir se réaliser. Mais combien de temps cela va-t-il nous prendre pour y parvenir, demande-t-il.
Mike Sutherland espère notamment que cette mesure aura des retombées économiques positives au sein des communautés.
Je pense que, avant d’aborder ce point, nous devons mettre de l’ordre dans nos affaires et nous assurer que les occasions économiques seront équitables.
Des leaders non convaincus
Les déclarations de Wab Kinew ne font néanmoins pas l’unanimité auprès de certains acteurs autochtones manitobains présents à l'événement qui a réuni cette semaine Mark Carney et des dirigeants de Premières Nations.
L'ancienne cheffe du Manitoba Keewatinowi Okimakanak (MKO) Sheila North évoque une démarche inappropriée du premier ministre provincial, soutenant que le Manitoba a historiquement fait partie du problème en ne respectant pas les droits territoriaux.
Alors que l'on parle d'abolir la Loi sur les Indiens, nous devons également aborder la question de la NRTA [Convention sur le transfert des ressources naturelles] et commencer à nous pencher sur les véritables questions de propriété et de compétences des propriétaires et des titulaires de droits sur nos terres et nos territoires, y compris dans le nord du Manitoba.
Cette dernière soutient que la souveraineté et le respect des traités doivent se négocier de nation à nation, sans l'intermédiaire des provinces.
La ministre fédérale des Services aux Autochtones, Mandy Gull-Masty, a pour sa part assuré que cet enjeu demeure au centre des discussions. La prochaine étape pour moi, va être, je pense, vraiment d'engager les communautés pour ce qu'elles en pensent, a-t-elle déclaré.
De son côté, le premier ministre Mark Carney, qui a récemment qualifié la Loi sur les Indiens de raciste, précise que le processus de révision de cette loi controversée ne mènera pas nécessairement à son abrogation.
Avec les informations de Catherine Moreau


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