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Selon les données de la police, le nombre d’accusations portées contre des jeunes et de renvois vers des programmes de déjudiciarisation est en hausse. 277 jeunes ayant fait l’objet de signalements à la police du 1er janvier au 1er août 2026, soit une augmentation de 25 % par rapport à la même période l’an dernier. La police de Windsor a créé un nouveau poste permanent afin de contribuer à lutter contre ce problème croissant.
Chaque fois qu’une personne de moins de 18 ans est impliquée dans une affaire criminelle, le dossier passe par le bureau de l’agente Ceceilya Scuderi. Son rôle de coordonnatrice de la criminalité juvénile est devenu un poste à temps plein cet été, après avoir fait partie d’un projet pilote depuis 2023.
Rien que cette fin de semaine, je pense avoir 32 rapports en attente, indique Mme Scuderi, qui dit avoir examiné près de 600 dossiers impliquant des jeunes depuis le début de l’année.
C’est vraiment alarmant
Au cours d’une semaine, Mme Scuderi explique qu’elle peut effectuer des visites à domicile, demander aux agents de donner un avertissement extrajudiciaire, orienter les jeunes vers un programme de déjudiciarisation et travailler en étroite collaboration avec les partenaires communautaires.
L'agente tient également un registre des jeunes ayant reçu un avertissement et du nombre de fois où cela s’est produit, afin de déterminer si la police devrait renforcer son intervention la prochaine fois.
Jusqu’à présent cette année, 16 jeunes de moins de 12 ans ont fait l’objet de rapports de police. À cet âge, ils ne peuvent pas être inculpés d’une infraction criminelle.
C’est vraiment alarmant, déclare le surintendant Paolo DiCarlo, soulignant que le rôle de l’agente Scuderi est particulièrement important. Mme Scuderi travaille avec nos partenaires pour tenter de remédier à cette situation et voir si nous pouvons apporter notre soutien.

Le surintendant Paolo Di Carlo supervise les services d’enquête au sein du Service de police de Windsor.
Photo : Radio-Canada / Jason Viau
Mme Scuderi ajoute qu’elle s’efforce d’intervenir avant que la situation n’atteigne le stade d’une infraction criminelle grave. Par exemple, elle peut recevoir le nom de personnes impliquées dans un cas de harcèlement et leur rendre visite à domicile.
Il s’agit d’aller leur parler pour essayer de voir si nous pouvons régler le problème, explique l'agente Scuderi. Cela peut impliquer, indique-t-elle, de réunir la victime au sein d’un cercle dans le cadre d’une démarche de justice réparatrice.
Régler les causes profondes
Stacey Yannacopoulos, directrice générale de New Beginnings, un organisme à but non lucratif proposant divers services communautaires, explique que l’organisme reçoit parfois des cas référés par la police de Windsor. Elle qualifie la création du nouveau poste de coordonnateur d’étape importante.

Stacey Yannacopoulos est directrice générale de New Beginnings, un organisme suivant notamment des jeunes contraints de suivre un programme après être passés par le système de justice pénale.
Photo : Radio-Canada / Jason Viau
Selon elle, la responsabilisation est nécessaire, mais doit aller de pair avec l’intervention.
Tant que nous ne nous pencherons pas sur toutes ces causes profondes, qu’il s’agisse de difficultés familiales, de précarité en matière de logement, de santé mentale, de consommation de substances ou de désengagement scolaire [...] il est un peu naïf de supposer que les jeunes ne continueront pas à faire ce qu’ils font.
New Beginnings dispose également d’un programme de prévention destiné aux jeunes, dont le nombre de cas référés a augmenté de 150 l’an dernier à plus de 250 depuis le début de l’année 2026.
Cette hausse est vue d’un bon œil par Mme Yannacopoulos, car elle signifie selon elle que les familles, les jeunes et les partenaires connaissent les services offerts […] et que les gens essaient d’intervenir plus tôt et plus rapidement.
La plupart de ces cas référés proviennent des écoles, de la police, des sociétés d’aide à l’enfance ou des parents eux-mêmes.
Pourquoi cette hausse?
Il est difficile de déterminer les causes de la hausse de la criminalité juvénile à Windsor, mais Joanna Conrad, directrice générale de Youth Diversion, estime qu'elle est en grande partie liée à l’exposition en ligne des jeunes.

Joanna Conrad est directrice générale d’Essex County Youth Diversion, un organisme communautaire proposant notamment un programme de prévention destiné aux jeunes de 12 à 17 ans, avant qu’une accusation criminelle ne soit portée contre eux.
Photo : Radio-Canada / Jason Viau
Dans une entrevue à Matins sans frontières, Maître Tiago Murias, avocat criminaliste spécialisé en droit des jeunes contrevenants, pointe du doigt l’accès aux armes, les réseaux sociaux, les conflits entre groupes criminalisés, ainsi qu’un phénomène d’émulation lorsque les jeunes discutent entre eux de leurs crimes puis les reproduisent.
Il faut voir la crise de délinquance juvénile comme un problème de santé publique.
Il précise également qu’il s’agit d’une tendance globale au pays durant les dernières années. Selon lui, partout au Canada, la trajectoire de délinquance s’est accélérée, ce qui fait que les délits [commis par des jeunes] sont de plus en plus graves et de plus en plus tôt, d’où l’importance d’une intervention rapide.
Avec les informations de Jason Viau, de CBC


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