«La sueur qui est de bonne odeur démontre une fort bonne température des humeurs… Aussi ceux qui sont pleins de mauvaises humeurs comme les lépreux et les personnes lascives rendent une sueur qui sent le bouc»: en digne héritier d’Hippocrate qui a formulé la «théorie des humeurs» au Ve siècle av. J.-C., le médecin français Jean Liébault établit au XVIe siècle un parallèle entre une transpiration malodorante et la stagnation d’un des quatre liquides qui circulent dans notre corps: le sang, la lymphe et ce que l’on appelle alors «les biles jaune et noire», respectivement produites par le foie et la rate.
Pour purifier et fortifier les organes internes responsables de cette sudation indésirable, l’auteur de Trois livres de l’embellissement et ornement du corps humain propose alors des recettes de décoctions à base de plantes médicinales. En complément de ces préparations curatives, les apothicaires de la Renaissance préparent des onguents et de capiteux parfums à base de graisses animales et végétales infusées de fleurs et d’épices, destinés à masquer l’odeur naturelle de la peau. Au gré des découvertes des explorateurs européens, ils ajoutent des ingrédients exotiques, comme l’ambre gris, l’encens ou le musc.


18 hour_ago
63





















.jpg)






French (CA)