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La Colombie renforce sa frontière avec le Venezuela après l’intervention américaine

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La Colombie a mobilisé samedi des chars d’assaut et des soldats habituellement déployés contre la guérilla pour garder sa frontière avec le Venezuela, pays où les États-Unis ont capturé le président Nicolás Maduro.

Sur ordre du président colombien, Gustavo Petro, des troupes ont convergé vers les principaux points de passage avec le Venezuela, par crainte de migrations de masse ou que des bandes criminelles ne profitent du désordre.

Après des mois de fortes tensions et de pression militaire en mer des Caraïbes, Washington a frappé Caracas et ses environs dans la nuit de vendredi à samedi, capturé puis conduit en territoire américain Nicolás Maduro, où il doit répondre de plusieurs accusations, dont de « narcoterrorisme ».

Le président Donald Trump a annoncé que les États-Unis allaient « diriger » jusqu’à une transition « sûre » le Venezuela, pays de 30 millions d’habitants.

Gustavo Petro a dénoncé l’opération américaine, quand Donald Trump lui a conseillé de « faire gaffe à ses fesses », après avoir affirmé que tout pays produisant de la cocaïne vendue aux États-Unis était « susceptible d’être attaqué ».

Samedi, l’AFP a vu des militaires en train de monter la garde au niveau des principaux ponts qui relient le département colombien de Norte de Santander à l’État vénézuélien de Tachira.

Les soldats, droits aux côtés des chars, ont expliqué qu’ils avaient été « retirés » plus tôt de zones où ils luttaient contre les guérillas afin de surveiller la frontière.

Dans la foulée de l’intervention américaine, Bogota a déclenché l’état d’alerte en raison de possibles assauts de groupes armés qui sévissent des deux côtes de la frontière.

La guérilla de l’Armée de libération nationale (ELN) et des dissidents des ex-FARC avaient récemment dénoncé les menaces américaines à l’encontre de Nicolás Maduro. Et ces derniers mois, Donald Trump n’a pas exclu de potentielles attaques terrestres en Colombie au motif de la lutte contre le trafic de drogues.

Samedi, le ministre de la Défense colombien, Pedro Sanchez, a assuré que le narcotrafic était un « ennemi » commun de son pays et des États-Unis.

Possible crise humanitaire

Le gouvernement Petro s’inquiète aussi d’un risque de crise humanitaire, avec des mouvements migratoires d’ampleur.

Selon l’ONU, huit millions de Vénézuéliens ont fui leur pays depuis 2014, poussés par un régime sévère et une crise économique chronique. Beaucoup se sont retrouvés en Colombie voisine.

Sur le pont Simon Bolivar, dans la municipalité de Villa del Rosario, principal point de passage transfrontalier, le flux de personnes était toutefois inhabituellement faible samedi. Des deux côtés, on se demande si la chute de Nicolás Maduro, qui était au pouvoir depuis 2013, va enfin mettre un terme à la crise vénézuélienne.

Son arrestation est « une lumière au bout du tunnel », affirme un Vénézuélien de 46 ans qui a requis l’anonymat par peur de représailles des autorités de Caracas.

« Nous comptons retourner au pays avec nos familles », ajoute-t-il.

Kevin Herrera, serveur de 26 ans, projette aussi de rentrer chez lui, avec son épouse. « Rien ne vaut sa terre natale », dit-il depuis Cucuta, en Colombie, brandissant un drapeau vénézuélien.

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