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La direction de l'Université Laval profite de la campagne électorale pour demander aux partis politiques de s'engager à investir dans les universités québécoises, qu'elle estime sous-financées comparativement à celles des autres provinces canadiennes.
En conférence de presse lundi à l'occasion de la rentrée étudiante, la rectrice Sophie D'Amours, qui terminera son mandat dans neuf mois, a exhorté les partis à se positionner rapidement.
En ce début de campagne électorale, il est grand temps de réinvestir dans les universités, sinon les conséquences sur notre capacité à innover comme société pourraient être très graves, a prévenu Sophie D'Amours.
Selon elle, chaque année, les universités québécoises sont sous-financées d'un milliard de dollars par rapport à celles des autres provinces canadiennes. Le Québec continue de perdre du terrain, souligne la rectrice.
En février dernier, le gouvernement de l'Ontario a annoncé un investissement de 6,4 G$ sur quatre ans pour les collèges et les universités. Le financement de base par étudiant a augmenté de 6 % chez nos voisins ontariens, note-t-elle.

La haute direction de l'Université Laval lors de son point de presse de la rentrée, lundi
Photo : Radio-Canada
Les inscriptions en hausse, les étudiants étrangers en baisse
Bien que la population étudiante ait augmenté de 2 % à l'automne 2026, principalement en raison d'une hausse de 6 % des inscriptions provenant des cégeps, la baisse du nombre d'étudiants étrangers continue de se faire sentir dans les universités.
À l'Université Laval, leur nombre est en baisse de 26 % en 2026 par rapport à la rentrée précédente. Depuis 2023, la chute des inscriptions est de l'ordre de 71 %.
Les étudiants internationaux, ils sont essentiels à notre capacité d'innovation, à la recherche. C'est environ 50 % de nos étudiants en études graduées qui sont internationaux, note François Gélineau, vice-recteur aux affaires internationales et au développement durable.
Dans certains secteurs d'activité, 85 % des doctorants proviennent de l'international. Sans eux, notre capacité d'innover, c'est plus difficile, prévient le vice-recteur. Cette baisse d'inscription a un effet sur les finances de l'université.
Selon la rectrice, la situation pourrait forcer la conversation concernant les droits de scolarité des étudiants. Je pense que la société québécoise, jusqu'à maintenant, a choisi de maintenir les frais de scolarité à des niveaux inférieurs par rapport au reste du Canada avec une indexation de 3 %. Une fois qu'on a choisi ça, la question qui se pose, c'est : est-ce qu'on va soutenir à un niveau acceptable le financement des universités? demande Sophie D'Amours.

La rectrice de l'Université Laval, Sophie D'Amours
Photo : Radio-Canada
Les modèles ne peuvent pas être pris à moitié. On maintient les financements et on maintient les tarifs, sinon, on trouve un autre modèle. La question, elle demeure entière : comment les partis veulent trouver l'équilibre entre les deux? Est-ce que c'est une bonne idée de maintenir les frais de scolarité?
Rappelons que, dans son dernier exercice budgétaire, l’Université Laval a annoncé des compressions de 9,3 millions de dollars et des mises à pied pour l’année fiscale 2026-2027 afin de parvenir à l'équilibre budgétaire. En plus de compressions, l’Université Laval a dû trouver des économies ponctuelles de 15 millions de dollars et puiser 20 millions dans ses réserves.
Stabilité
L'Université Laval demande aussi aux partis de s'engager à faciliter la vie des étudiants et à augmenter le nombre d'étudiants internationaux au Québec.
Toutes mesures qui peuvent améliorer la vie des étudiants et assurer la stabilité. Quand on planifie un déplacement de plusieurs années à l'international, on n’anticipe pas tous ces changements-là en cours de route, ajoute Sophie D'Amours.
Il est important que les gouvernements établissent des mécanismes stables et une réponse claire aux étudiants, et leur capacité à rester ou non à la fin de leurs études, de considérer vivre dans le pays où ils ont fait leurs études. C'est ça qui doit être restauré maintenant, conclut la rectrice.


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