La Commission européenne a annoncé mercredi qu’elle n’interdirait pas les thérapies de conversion des personnes LGBT+, à cause d’un manque de compétences légales. Mais elle pousserait les Etats européens à le faire.
Bruxelles estime, à ce stade, ne pas avoir les compétences légales pour interdire les thérapies de conversion «efficacement». De nombreuses personnalités, comme la chanteuse belge Angèle et l’ancien premier ministre français Gabriel Attal, avaient relayé une pétition en mai 2025 exhortant l’UE à bannir ces pratiques.
Les thérapies de conversion, qui assimilent par exemple l’homosexualité à une maladie, prétendent à tort pouvoir modifier l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d’une personne. Elles peuvent prendre la forme de stages, de séances d’exorcisme, ou encore d’électrochocs.
Lire aussi: En Suisse, des «thérapies de conversion» mais pas à l’américaineAutant de pratiques qui n'«ont pas leur place dans notre Union», a souligné Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, devant laquelle flottait un drapeau LGBT+ mercredi.
«Trop timide»
«C’est une pratique honteuse, c’est une pratique inacceptable, il ne s’agit pas de soins, c’est une violence déguisée. Personne ne devrait avoir à vivre ça», a appuyé la commissaire européenne Hadja Lahbib, en charge de l’égalité.
La Commission a pris cette décision car elle craint de se heurter à des blocages juridiques et d’empiéter sur les prérogatives des Etats membres. Elle va donc leur renvoyer la balle.
Bruxelles s’est engagée mercredi à présenter, en 2027, un texte qui recommanderait aux 27 pays de l’UE de les bannir ces pratiques, sans toutefois les en obliger.
Une réponse qui va dans «le bon sens», mais jugée «trop timide» par l’eurodéputée lesbienne Mélissa Camara, au vu «des dommages et traumatismes causés par ces pratiques».
Les thérapies de conversions sont, pour l’heure, complètement interdites dans huit pays de l’Union européenne: la France, la Belgique, Chypre, l’Allemagne, Malte, le Portugal, l’Espagne et la Grèce.
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