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Même si, aujourd’hui, Bonnie Doon est connu comme étant le quartier francophone d’Edmonton, cela n’a pas toujours été le cas. Si on remonte l’histoire des francophones de la ville, on constate que plusieurs se sont d'abord installés dans le sud du quartier Wîhkwêntôwin, au cours du 20e siècle.
L'un des témoins de cette présence est le bâtiment La Survivance.

Le bâtiment La Survivance abritait auparavant plusieurs organismes et entreprises francophones. Aujourd'hui, il n'a pas de locataire depuis presque 20 ans.
Photo : Fournie par la Société Historique Francophone de l'Alberta / Juliette Champagne
À partir de 1930, il a accueilli l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA), le journal francophone La Survivance et l'imprimerie La Survivance, et ce, pendant plus de 50 ans.
En 1949, la première radio francophone en Alberta, CHFA, s'est installée dans le bâtiment.
Marcel Doucet a travaillé pour l’imprimerie pendant 18 ans, de 1961 à 1979. Il se souvient de la camaraderie et des échanges entre les employés des différentes organisations à l’époque.

Les studios de la radio CHFA ont été installés dans le bâtiment de La Survivance pendant environ 25 ans.
Photo : Radio-Canada / Archives
Je pourrais dire [que c’était] une petite famille dans un certain sens, on se parlait, on se rencontrait, il y avait assez d'échanges… On prenait des cafés ensemble, des dîners ensemble.

L’imprimerie La Survivance a imprimé le journal du même nom en français pendant plusieurs décennies, mais aussi dans autres langues, comme l'ukrainien.
Photo : Radio-Canada / Archives
Claudette Roy est présidente de la Société historique francophone de l’Alberta. Elle souligne l’importance de l’édifice, avec l’exemple d’une photo de la visite du roi George VI et la reine Élisabeth II en 1939.
On peut notamment y voir une bannière avec les mots Bienvenue à nos souverains suspendue sur la façade du bâtiment.

Le roi George VI et la reine Élisabeth II ont traversé plusieurs endroits en Alberta lors de la visite royale en 1939, dont Edmonton, Calgary et Jasper.
Photo : Archives Glenbow / Université de Calgary
Il paraît qu'en 1939, quand le roi et la reine sont venus au Canada, il y a eu un défilé qui a débuté à Kingsway, qui s'est rendu à l’Assemblée législative. Alors c'était un édifice important.
La Survivance n’est pas le seul établissement qui a accueilli des francophones dans le quartier Wîhkwêntôwin. Bien avant, en 1899, l’église Saint-Joachim, dans sa version rénovée, a ouvert ses portes à la communauté francophone d’Edmonton. Elle est ainsi la plus vieille église catholique de la capitale albertaine.

L’église Saint-Joachim, telle qu'on la connaît aujourd'hui, a ouvert ses portes à la communauté francophone d’Edmonton en 1899. Elle a donc célébré ses 125 ans en 2024.
Photo : Radio-Canada / Richard Marion
Plus de gens, moins de place...

CHFA a commencé à émettre en novembre 1949.
Photo : Radio-Canada / Archives
En 1974, Radio-Canada, après avoir soutenu financièrement CHFA durant plusieurs années, a décidé d’acheter la radio et la fréquence associée.
Peu après, elle a déménagé dans l’édifice Sir William Place, situé dans le quartier Bonnie Doon. Ceci allait contribuer à déplacer des francophones du centre-ville vers Bonnie Doon.
Puis, cela a été au tour de l’ACFA et du journal Le Franco (qui a succédé à La Survivance) de se rendre dans le quartier Bonnie Boon, en déménageant dans le Centre 82, un bâtiment sur l'avenue Whyte, tout près de la 91e Rue.
Quant au Campus Saint-Jean, il existait déjà dans le quartier depuis 1911, sous le nom du Juniorat Saint-Jean. À l’époque, le collège était une école apostolique fréquentée par des novices, dans le but de devenir prêtres.
Se rassembler sous le même toit
Dans les années 90, l’idée de rassembler plusieurs organisations francophones sous le même toit commence à se concrétiser.
Claudette Roy a été membre du comité organisateur de ce nouveau centre. En 1997, La Cité francophone ouvrait ses portes avec un mandat clair.
Il faudrait que ça soit un centre qui serait rentable avec des commerces, des bureaux, etc.
Depuis, l’édifice est rentable, presque plein tout au long de l'année.

La Cité francophone abrite plusieurs organismes franco-albertains, dont l’ACFA.
Photo : Radio-Canada
Avec des commerces, des bureaux et un théâtre, Claudette Roy estime que le mandat du bâtiment est rempli.
Je pense que [la Cité francophone] a accompli sa mission et continue de le faire. Il faut juste penser [au festival du] Canoë Volant et tout ça, affirme-t-elle.
Marcel Doucet croit, quant à lui, qu’il faut continuer de garder les portes ouvertes, non seulement pour les francophones et les francophiles, mais aussi pour les personnes d'autres langues et cultures.
[Il faut] qu'on se présente au public et puis que le monde commence à voir qui nous sommes : une communauté qui existe, on est capables de vivre ensemble.
Selon lui, c’est essentiel pour la survie de la francophonie à Edmonton.


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