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Par Solène Vary
Publié le 07/08/2026 à 12h41, mis à jour le 07/08/2026 à 13h09
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Le président de la Conférence nationale des Services d’Incendie et de Secours, Olivier Richefou, est accusé par plusieurs organisations syndicales de déconnexion avec le terrain.
Passer la publicité Passer la publicité«Un déni de réalité.» L’intersyndicale des sapeurs-pompiers appelle à la démission du président de la Conférence nationale des Services d’Incendie et de Secours, Olivier Richefou après ses déclarations à France 3 Pays de la Loire, mercredi 5 août. Questionné sur le climat de colère qui règne dans la profession, celui qui est aussi président du conseil départemental de la Mayenne, avait affirmé : «Nous ne manquons pas d’effectifs du côté des pompiers professionnels.» Des propos qui témoignent, selon le communiqué des syndicats, d’une «déconnexion coupable avec la réalité opérationnelle de notre pays».
Neuf organisations syndicales estiment que «la ligne rouge de la rupture capacitaire est franchie». Ils décrivent un «système de sécurité civile acculé à choisir entre éteindre les incendies estivaux ou garantir le secours d’urgence quotidien est un système en faillite». Selon Peter Gurruchaga, élu CGT du SDIS contacté par le Figaro, «le recours aux sapeurs-pompiers volontaires permet de faire des économies substantielles et de compenser le manque de moyens humains chez les professionnels». Faire la promotion du volontariat n’est autre qu’une «rustine comptable» pour les syndicats.
«Nanti de la République»
Dans l’interview à France 3, Olivier Richefou a touché un autre point sensible, le salaire des pompiers, qu’il a considéré comme confortable. «Ils sont, pardon de le dire, rémunérés d’une façon plus importante que d’autres fonctionnaires territoriaux, parce qu’ils prennent des risques majeurs», avait-il affirmé. Des propos qui ont reçu une réponse cinglante des intéressés : «Notre salaire ne rémunère pas des privilèges, il finance un bouclier opérationnel permanent.» Peter Gurruchaga est scandalisé de se voir décrit comme «un nanti de la République». «Connaissez-vous beaucoup de métiers où l’on travaille 24 heures, pour être payé 16 ?»
Pour donner plus d’écho à leur demande, les organisations syndicales ont adressé une lettre ouverte au Président de la république, réclamant «un remplacement» d’Olivier Richefou, à la tête de de CNIS depuis 2025. Cette instance consultative, parfois surnommée le «Parlement des pompiers», est composée d’élus locaux, de représentants de l’État et de sapeurs-pompiers. Elle se réunit plusieurs fois par an pour émettre des avis sur des textes réglementaires et législatifs.
Après cet appel à la démission, Olivier Richefou s’est défendu par voie de communiqué de presse, déplorant que ses propos aient été «résumés à une formule» qui «ne reflète pas le sens de [son] intervention». «J’ai rappelé que notre modèle avait démontré sa solidité grâce à la complémentarité entre professionnels et volontaires, tout en soulignant la nécessité de préparer les crises de demain», s’est-il justifié. Il a également appelé à «dépasser les polémiques» pour se «concentrer sur les solutions». Il n’est pas sûr que cette justification suffise à convaincre les syndicats de pompiers.


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