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Le sentiment d’insécurité augmente à Calgary, à cause notamment de la hausse des crimes violents et de l’augmentation considérable des appels à la police pour troubles à l’ordre public.
Le nouveau rapport (nouvelle fenêtre)(en anglais) sur la criminalité dans la métropole albertaine indique que le nombre de crimes violents, dont les agressions physiques, a augmenté de 4 % entre 2024 et 2025, et de 16 % par rapport à la moyenne sur 5 ans.
Quant aux appels pour troubles à l'ordre public, principalement dans le centre-ville, la police en a reçu 81 953 l’année dernière, soit environ 224 appels par jour. C’est le nombre le plus élevé en six ans.
Cette situation est loin d'améliorer le sentiment d’insécurité dans la ville.
Selon une étude réalisée par Illumina Research Partners auprès de 1000 habitants, à la demande de la Commission de police de Calgary, 95 % des habitants considéraient que leur ville était un endroit sûr, au cours des 10 années avant la pandémie. En 2022, ce chiffre est tombé à 85 %.

L'année dernière, la police de Calgary a reçu près de 82 000 appels pour troubles à l'ordre public, soit environ 224 appels par jour. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Mike Symington
La peur au quotidien
Le commissaire Scott Boyd, de la police de Calgary, explique que les troubles à l’ordre public se manifestent, notamment, par une personne qui crie toute seule ou qui tient des propos incohérents dans les lieux publics, une personne qui se jette sur une autre ou encore une personne qui s’allonge sur un banc ou sur un siège dans les transports en commun.
Keith Wyenberg, 82 ans, a été victime d’un de ces gestes qu’il n’est pas près d’oublier. Un jour, alors qu’il attendait l’arrivée du train qu'il emprunte fréquemment, un inconnu s’est approché de lui et lui a demandé une cigarette. Je suis désolé, je ne fume pas, a-t-il répondu. Celui-ci s'est alors mis en colère et a hurlé : Tu mens!
Depuis cet incident, qu’il qualifie d’absolument intimidant, l’octogénaire ne prend plus les transports en commun.
Je ne me sens tout simplement plus très en sécurité.

Keith Wyenberg ne prend plus les transports publics depuis qu'un homme s'est mis en colère contre lui et l'a traité de menteur.
Photo : Radio-Canada / Elizabeth Withey/CBC
Le cas de Keith Wyenberg fait partie de ceux que la police ne recense pas dans les statistiques criminelles. Elle les compile dans ce qu'elle appelle l'indice de désordre.
Un rapport sur la criminalité présenté le 26 mars explique que, généralement, les appels pour troubles à l’ordre public ne constituent pas des infractions. Ce sont néanmoins des situations qui font que les habitants ne se sentent pas en sécurité.
Par ailleurs, les problèmes de sécurité ne se produisent pas seulement au centre-ville, mais aussi dans les banlieues.
Kim Amelia, 67 ans, a vécu une mésaventure terrifiante, l’automne dernier, devant une épicerie du quartier de Marlborough. Alors qu’elle était en train de prendre des sacs réutilisables dans le coffre de sa voiture, elle s’est aperçue qu’un homme fonçait droit vers elle, à toute vitesse, une longue barre d'acier à la main.
Elle raconte qu'elle a couru aussi vite qu'elle le pouvait pour trouver refuge à l’intérieur de l'épicerie. L’homme, en colère, a enfoncé les portes du commerce avec sa barre d’acier avant de rebrousser chemin.
Cet incident a rendu Kim Amelia si craintive qu’elle ne promène plus ses chiens le soir.
Je suis [devenue] paranoïaque : peu importe qui s'approche de moi et pourquoi, je ne fais confiance à personne.

Un inconnu a tenté d'asséner un coup de barre en acier à Kim Amelia dans le stationnement d'un commerce situé dans le quartier de Marlborough.
Photo : Radio-Canada / Elizabeth Withey/CBC
Pourtant, en dehors des crimes violents, les statistiques sur la criminalité à Calgary montrent, dans l’ensemble, une tendance à la baisse. Les appels à la police pour troubles ont diminué de 4 % par rapport à la moyenne sur 5 ans, en partie en raison des patrouilles des agents de la paix dans le centre-ville.
Malgré ces données, Angela Storozuk, du cabinet Illumina Research Partners, explique que, lorsqu’une personne est victime d’un crime ou qu’elle en entend parler aux nouvelles, cela diminue son sentiment de sécurité et ne disparaît pas du jour au lendemain. Ce n’est pas parce que les statistiques sur la criminalité ont baissé que les citoyens le ressentent immédiatement.
La population priorise la sécurité
Par ailleurs, selon la sondeuse Janet Brown, les Calgariens, qui mettaient traditionnellement les infrastructures en tête de leurs priorités, se préoccupent désormais de la sécurité publique: C’est devenu une préoccupation majeure.
Le nouveau maire, Jeromy Farkas, semble en avoir bien pris conscience. Les Calgariens ont clairement indiqué que la sécurité publique est l’une de leurs priorités, note-t-il.
Il faut prendre en compte ces préoccupations et agir afin de trouver des solutions significatives et durables qui s’attaquent à la fois à la criminalité et à ses causes profondes.

De nombreuses personnes se plaignent de comportements répréhensibles dans les transports publics à Calgary.
Photo : Radio-Canada / Elizabeth Withey/CBC
Au cours des derniers mois, le Service de police a mené deux opérations dans la ville. La première, en novembre dernier, a permis d’arrêter 20 personnes, d’exécuter 180 mandats d'arrêt, au cours desquels plusieurs armes ont été saisies.
Pendant la deuxième opération, en février, la police a arrêté 9 personnes et exécuté 133 mandats d'arrêt.
Dans les deux opérations, elle a orienté en tout 192 personnes vulnérables vers les services sociaux.
Par ailleurs, la perception négative des Calgariens par rapport à la sécurité publique coïncide avec une augmentation record de la population, que l’administration municipale qualifie de l'une des augmentations annuelles les plus importantes de l'histoire de Calgary.
Cette hausse démographique a mis à rude épreuve les services d'urgence, a fait grimper les loyers et a rendu les troubles sociaux plus visibles dans les espaces publics et les transports en commun, comme l’explique le cabinet Illumina Research Partners.
D'après un texte (nouvelle fenêtre) d'Elizabeth Withey


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