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L’Imposture wahhabo-salafiste : Démonter le dogme, libérer les consciences

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L’idéologie wahhabo-salafiste est perçue par de nombreux penseurs et théologiens comme un obstacle considérable qui entrave le monde musulman en écartant la raison, la modernité et les avancées scientifiques. Alimentée par des intérêts financiers, elle maintient les croyants sous influence par le biais de mécanismes de persuasion, d’adhésion consentie et d’une discipline morale rigoureuse, particulièrement envers les femmes. Face à cette domination sur la foi, une analyse des mécanismes politiques, historiques et théologiques de cette pensée devient nécessaire pour émanciper les esprits et mobiliser les consciences.

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I – Expansionnisme wahhabo-salafiste et résistance des nations

Alors que le monde musulman affronte des enjeux scientifiques et technologiques considérables, certains courants rigides persistent à paralyser la pensée en imposant une fermeture identitaire ancrée dans les traditions anciennes, ce qui les maintient à l’écart du progrès contemporain. Face à cette contradiction morale, cette préoccupation démesurée pour les questions intimes et cette résistance à la réflexion rationnelle, il devient impératif de mettre en lumière cette manipulation et cette mainmise sur l’interprétation religieuse, en révélant les fondements historiques, politiques et psychologiques qui alimentent son expansion au sein des sociétés musulmanes.

Perçu comme un mécanisme d’asservissement pour certains et une opportunité lucrative pour d’autres, l’islamo-salafisme s’est transformé en une formidable machine de contrôle sociale et politique. En remplaçant la richesse spirituelle du message coranique par un système arbitraire de prescriptions et d’interdictions, ces mouvements ont accompli un exploit remarquable : celui de placer des millions de croyants sous la domination des intérêts particuliers d’une élite de prédicateurs et de leurs bailleurs de fonds. Pour combattre cette déviation et libérer les consciences égarées, la lutte doit s’engager simultanément sur les plans théologique, sociétal, rationnel et historique.

Pour comprendre pourquoi ce discours fataliste est partout aujourd’hui, il faut étudier comment il se propage : par le wahhabisme. Ce mouvement est né au XVIIIe siècle d’un accord entre le pouvoir politique et la religion. Au XXe siècle, il est devenu un produit qu’on exporte partout, financé par l’argent du pétrole. Avec des milliards de dollars, il a progressivement détruit les formes traditionnelles, locales et ouvertes de l’islam pour les remplacer par un repli sur soi et une opposition au progrès. C’est cette idéologie qui a soutenu Al Qaïda et les autres mouvements islamistes.

Face à cette offensive, il est impératif de souligner que les pays musulmans eux-mêmes s’engagent avec détermination contre cet extrémisme, souvent au prix de sacrifices considérables. L’exemple le plus frappant demeure celui de l’Algérie. Confrontée dans les années 1990 à une insurrection armée barbare menée par des groupes terroristes islamistes — notamment le GIA (Groupe Islamique Armé) — la nation algérienne a dû mener une guerre totale et implacable pendant dix ans (la Décennie noire) pour vaincre et neutraliser ces mouvements fanatiques. Cette victoire militaire et idéologique rappelle que les premières victimes de l’islamisme sont les musulmans eux-mêmes, et que la résistance à l’obscurantisme est une question de survie nationale.

Actuellement, ce « faux-islam parallèle » traverse une crise majeure de viabilité morale, politique et économique sur la scène mondiale. Confronté aux désordres provoqués par l’extrémisme, le régime saoudien, guidé par le roi Mohammed ben Salmane, entreprend une transformation profonde de la société et de la sphère religieuse en imposant une discipline stricte aux plus hauts responsables religieux, les obligeant à réviser leurs orientations doctrinales. Cette reprise de contrôle a provoqué une rupture au sein du mouvement. Certains chouyoukh se sont soumis en admettant publiquement avoir dénaturé l’enseignement religieux, tandis que les dissidents ont été muselés ou contraints à l’exil.

II – Rouages psychologiques de la soumission volontaire

Le wahhabo-salafisme recourt à une stratégie d’assujettissement psychologique et social particulièrement insidieuse. En maintenant les populations dans une précarité matérielle et intellectuelle, ce courant établit un rapport de dépendance. Les difficultés de subsistance et l’absence de perspectives sont alors exploitées : la doctrine justifie la misère sociale en l’attribuant à un supposé manque de foi des fidèles. Ce cercle vicieux permet d’intensifier l’endoctrinement, les individus cherchant un refuge spirituel auprès de ceux-là mêmes qui entretiennent leur vulnérabilité.

Pour recruter et maintenir leurs troupes sous contrôle, ces groupes sectaires n’inventent rien : ils appliquent des mécanismes psychologiques de manipulation de masse très efficaces, élaborés pour exploiter la faiblesse humaine :

  • La première étape consiste à briser l’estime de soi de l’individu. En agitant constamment le spectre du châtiment de la tombe, de la fin du monde et des tourments de l’enfer pour chaque petit écart par rapport à leurs règles, les recruteurs plongent la victime dans une anxiété. Un esprit apeuré et culpabilisé est facile à contrôler et prêt à obéir pour trouver son « salut ».
  • En échange de cette peur, ils flattent l’ego du nouveau membre en lui donnant le titre de « sauvé » ou de membre du « groupe rescapé » (elfirqa ennajia ; الفرقة الناجية). Ce titre aide à réduire une forte dissonance cognitive : pour justifier la violence psychologique et les règles absurdes, l’esprit de l’adepte se persuade que le sacrifice en vaut la peine. L’individu oublie sa précarité sociale en croyant détenir la vraie foi. Ce sentiment de supériorité morale compense les déceptions du monde réel.
  • La pensée salafiste supprime toute subtilité et toute complexité pour imposer une vision simple et rassurante de la vie moderne : le licite (halal) face à l’illicite (haram), le pur face à l’impur, le croyant face au mécréant. Cette lecture simpliste dispense l’individu de toute réflexion et de la responsabilité de ses propres choix. En acceptant l’idée fataliste (que tout est déjà “écrit”), l’adepte se décharge de toute culpabilité, se voyant comme un simple exécutant d’un plan divin.
  • À travers l’obligation de rompre avec tout ce qui est différent, le membre est forcé de s’éloigner de sa famille, de ses amis et de sa culture nationale. Privé de ses repères habituels, la personne devient entièrement soumise au groupe et aux paroles de ses maîtres.

III – La tradition face au défi de la rationalité

Un autre procédé de la manipulation salafiste repose quasi exclusivement sur « la tradition » véhiculée par les anciens écrits. Afin de justifier leurs interprétations délirantes, les chouyoukh ont sacralisé un ensemble de récits, notamment les hadiths d’al-Boukhari, au risque de contredire directement les versets coraniques et de ternir la dignité des actions du Prophète, que le Coran décrit pourtant comme possédant une « moralité éminente.

Pour asseoir leur autorité, les prédicateurs wahhabites privilégient le corpus des hadiths d’Al-Boukhari, compilé sous la dynastie abbasside dans un contexte de luttes politiques.

  • De nombreux chercheurs remettent en cause l’exclusivité de ce travail, y voyant une compilation tardive de récits hétérogènes. Al-Boukhari est alors perçu comme un exécutant, voire un « prête-main » (ou homme de paille) ayant servi, de son vivant ou de manière posthume, les intérêts politiques des califes de l’époque.
  • Certains vont jusqu’à prétendre que le Coran a davantage besoin de la Sunnah que l’inverse ; comme si les paroles et les actes du Prophète sortaient du néant.  D’autres acceptent ce qu’ils nomment « l’allaitement de l’adulte » (Radâ’ al-Kabîr) pour établir des liens de parenté en se basant, selon eux, sur un hadith. Mais la plupart des savants musulmans rejettent cette idée déraisonnable. Quand ces récits contredisent clairement le Coran, le courant salafiste contourne le problème en abusant du concept d’abrogation (versets appelés « mansoukh »). Ce procédé leur permet de déclarer inopérants certains préceptes coraniques au profit de traditions qui servent leurs intérêts.
  • Certains penseurs remettent en question le consensus (ijmâ) traditionnel — bien que beaucoup de musulmans le considèrent comme une source de droit — en le voyant comme une déviation. Pour ces critiques, seule la révélation (Dieu et le Prophète) détient la légitimité législative. L’avis unanime des savants religieux ne peut donc pas changer ni créer de règles divines. Leur argument s’appuie sur ce passage du Coran : « Ou bien auraient-ils des associés [à Dieu] qui auraient établi pour eux des lois religieuses qu’Allah n’a jamais permises ? » (Sourate 42, verset 21).

Pour libérer les consciences, il est important de :

  • Dénoncer la personnification insidieuse : Vouloir prêter des sentiments humains à Dieu, comme le fait le salafisme, revient à limiter sa transcendance. L’action de Dieu dépasse cette vision simpliste. Elle s’affirme plutôt comme la source de la justice et le guide de notre responsabilité morale.
  • Faire un examen attentif des anciens textes : Les musulmans doivent faire la distinction entre la Révélation et ce charlatanisme fait de légendes anciennes — inventées de toutes pièces, souvent aberrantes et contraires au sens du Coran — qui visaient à capter l’attention des foules et manipuler leurs sentiments.

Pour éviter les critiques, le milieu salafiste a créé une phrase étrange : « Eddinou binaqli oua layssa bi eleaqli » (La religion se transmet, elle ne se pense pas), allant jusqu’à interdire la philosophie. Cet obscurantisme total les condamne à une stagnation matérielle et morale inéluctable.

Afin de sensibiliser les populations victimes de manipulation, il convient de révéler leur incohérence manifeste:

  • Exiger la cohérence ou l’ascétisme : Si le progrès moderne et la rationalité sont l’œuvre de « mécréants » (koufar), pourquoi ces prêcheurs barbus fortement payés s’empressent-ils d’utiliser Internet, les avions, les trains, les smartphones, les climatiseurs, les réfrigérateurs, les voitures, la médecine moderne etc. ? Profiter des retombées de la science tout en la maudissant est la définition même de la duplicité.
  • Accorder la priorité au travail : Tandis que le reste de l’humanité avance grâce à l’intelligence et à l’effort, le discours rigoriste s’efforce de maintenir le monde musulman dans l’immobilisme et l’arriération technologique.  Dieu n’intervient pas en faveur de l’inertie ; il soutient ceux qui agissent avec discernement.

 IV – Les femmes, éternels boucs émissaires

Incapables de formuler une pensée structurée sur la science, la technologie ou le progrès matériel, les prédicateurs des rues et des espaces numériques ont choisi leur cible privilégiée : la femme. Le discours salafiste révèle une obsession pathologique qui exprime une frustration sexuelle profonde et une fragilité masculine prononcée.

D’un point de vue comportemental, la doctrine exploite les frustrations émotionnelles et sexuelles résultant d’une séparation rigoureuse entre les genres. Les penseurs salafistes contournent cet obstacle matériel au moyen de deux mécanismes :

  • Le sacrifice au nom du djihad est encouragé par la perspective de gratifications paradisiaques (accéder aux Houris; les houris). On leur garantit même qu’après leur décès, ils contracteront mariage dans leur tombe. Cette exploitation de la jeunesse, particulièrement, se cristallise dans un dicton populaire du Maghreb : « Confie-moi ton fils pour qu’il périsse à la place du mien ».
  • Dans le monde réel, ce mouvement utilise des textes anciens et des coutumes du passé pour justifier les mariages précoces avec de jeunes filles mineures. Il s’appuie sur l’exemple du mariage du Prophète avec Aïcha, en affirmant qu’elle avait 9 ans à ce moment. Cependant, de nombreux chercheurs ont montré, en comparant les informations historiques disponibles, qu’Aïcha avait probablement entre 17 et 18 ans lors de ce mariage.

 – A propos du nikab et du djilbab :

 Aujourd’hui, le niqab et le jilbab se situent entre deux pôles opposés. Ils incarnent un double paradoxe : présentés comme des marqueurs d’autonomie personnelle dans les contextes qui les interdisent, ils se transforment en outils d’une domination structurelle au moment où leur port devient obligatoire.

Même si l’on admet le principe que la femme est libre de se couvrir les cheveux, faire du niqab et du jilbab — qui dissimulent l’intégralité du corps — une obligation religieuse constitue une supercherie théologico-vestimentaire. Cela relève d’une interprétation arbitraire et fanatique de la part de chouyoukhmanifestement guidés par des préoccupations d’ordre sexuel. Affirmer que la volonté divine consiste à cacher entièrement la femme revient à insinuer que le Créateur aurait commis une erreur en la dotant d’un visage, de cheveux et de mains, ce qui s’apparente à une forme d’associationnisme (shirk). Or, le verset demeure explicite : « …et qu’elles rabattent leur voile sur leurs poitrines… » (Sourate An-Nour, 24:31 ; walyadribna bi-khumurihinna âla juyubihinna…).

Tant que les femmes resteront marginalisées ou opprimées, le progrès et le bien-être resteront hors de portée du monde musulman.

– Contrer cette vision tyrannique exige une déconstruction méthodique :

  • Refuser la dualité morale : Car le dogme actuel exige de la femme qu’elle soit invisible, muette, docile et soumise, tout en déresponsabilisant totalement l’homme de ses pulsions ou de ses actes abjects.
  • Instruire les femmes : En effet, c’est justement parce que leur connaissance inquiète ces charlatans qu’ils s’efforcent de limiter leur accès à l’éducation. La prise de conscience collective émergera de la reconnaissance de la femme comme être autonome, intellectuellement équivalente et moralement responsable.

 Conclusion : Duperie mercantile et éveil des consciences

Le dicton populaire l’exprime avec justesse : « Rabi iqathar ettnouha bach iichou elfayqine » (Que Dieu multiplie les naïfs pour que prospèrent les lucides). Les responsables de ces mouvements sectaires accumulent des fortunes en exploitant l’ignorance intellectuelle de leurs adeptes, réduisant les croyants à de simples « chair à canon » tandis qu’eux-mêmes et leurs proches jouissent des ressources terrestres que le Créateur a destinées à l’ensemble de l’humanité.

Chercher à enfermer la modernité du XXIe siècle dans un cadre social datant de quatorze siècles constitue une aberration destructrice. La libération de la spiritualité musulmane nécessite de démanteler la barrière commerciale que représente l’idéologie wahhabo-salafiste. C’est en s’appuyant sur l’exemple des communautés musulmanes qui ont résisté à la barbarie que la croyance pourra se reconstruire autour de ses fondements authentiques : l’équité, la générosité, le savoir et la raison.

Amar Djerrad

Image en vedette :  Mutaib Ben Abdallah Ben Abdelaziz Al Saoud en novembre 2014. Wikipédia. Domaine Public.

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Pour approfondir le sujet, voici cette sélection de vidéos (en arabe), parmi les centaines disponibles sur les réseaux sociaux, illustrant les thèmes abordés dans cet article :

La source originale de cet article est Mondialisation.ca

Copyright © Amar Djerrad, Mondialisation.ca, 2026


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