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Depuis maintenant quelques mois, l’hôpital de la municipalité de Sainte-Anne ne pratique plus d’opérations chirurgicales en raison d'un manque de professionnels expérimentés. Le service a fermé ses portes pour une durée indéterminée, laissant des milliers de résidents dans une précarité sanitaire.
Dans un commentaire officiel, Uzoma Asagwara, ministre de la Santé, explique que les services chirurgicaux sont temporairement limités en raison d’une pénurie d’infirmières expérimentées, laissant un effectif composé majoritairement de nouvelles recrues
Nous continuons à collaborer avec la région pour recruter des infirmières de bloc opératoire expérimentées et offrir une formation complémentaire ainsi qu’un accompagnement aux nouveaux membres du personnel, afin de permettre la reprise en toute sécurité des services chirurgicaux dès que possible, assure Uzoma Asagwara.
Le service d’urologie est, quant à lui, toujours ouvert. Les autres services chirurgicaux sont assurés au Centre régional de santé Bethesda, selon la province.
Cette situation suscite la frustration du préfet de Sainte-Anne, Richard Pelletier, qui, pour sa part, dénonce l'inaction du gouvernement.
Ils [les résidents] nous ont mis au pouvoir pour justement améliorer le sort de notre région. On essaie de faire comprendre au gouvernement que la population a augmenté. On s’en va dans un fossé du côté des services de santé, déplore le préfet.
Il craint notamment que le manque de ressources fasse fuir les nouveaux médecins diplômés de la région, ces derniers étant peu enclins à exercer dans des conditions matérielles précaires.
On souffre parce qu’on n’est pas capable de garder nos docteurs.

Richard Pelletier, préfet de la municipalité de Sainte-Anne, affirme qu'il y aurait actuellement 4000 patients par docteur.
Photo : La Presse canadienne / Josh Crabb
La désignation, une rampe de salut
Pour Richard Pelletier et d’autres leaders des communautés rurales voisines, la solution réside dans le changement du statut de l’hôpital. Cela fait maintenant un an que des élus municipaux plaident pour que l’établissement soit désigné comme hôpital régional.
Richard Pelletier avance que cette désignation obligerait la province à investir davantage dans l'établissement et cela permettrait également de retenir les nouveaux médecins.
Il estime par ailleurs que l’hôpital a les prérequis nécessaires pour obtenir ce statut.
Interrogé à ce sujet, le député indépendant, Bob Lagassé, partage le même avis.Je pense que nous devons nous concentrer dès maintenant sur la solution, à savoir le statut de désignation, affirme-t- il.
Le député s’est récemment retiré du Parti Progressiste-conservateur afin de devenir indépendant. Ce dernier espère que son nouveau statut permettra de traiter cet enjeu à la source.
Défendre cette cause et faire passer le message sera bien plus facile maintenant que je n’ai plus à me soucier du parti ni des prochaines élections, affirme-t-il.
Des perturbations dans le quotidien
Ces changements bousculent notamment le quotidien de certains résidents qui doivent désormais se rendre dans d’autres villes, telles que Steinbach, Winnipeg ou Winkler pour recevoir des soins.
Selon Richard Pelletier, certains d’entre eux envisagent même de quitter leur résidence actuelle, faute de services de santé.
Il y a beaucoup de francophones qui restent en campagne toute une vie et là, ils vont à Winnipeg. Ils veulent rester en campagne mais ils n’en sont pas capables parce qu’il faut être proche du docteur, soutient-il.
Le maire de la Ville de Sainte-Anne, Yvan Saint-Vincent, soulève, pour sa part, un autre défi lié à l'offre linguistique. L'autre problème est qu’ils ne reçoivent pas les services en français, affirme-t-il. L’Hôpital Sainte-Anne offre des services bilingues. Cependant, un changement d'hôpital peut contraindre des résidents à s'exprimer en anglais.
Dans son commentaire, Uzoma Asagwara, mentionne la mise en place d’un groupe de travail qui examinera le processus de désignation. Elle ajoute que des informations seront communiquées au fur et à mesure.
De son côté, Richard Pelletier affirme être toujours dans l’attente de la création de ce groupe qui a été annoncé l’été dernier.


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