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L’histoire derrière Tout sur le sexe

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(NDLR : L’entrevue a été réalisée en mai dernier.)

MAGAZINE. La pièce Tout sur le sexe est à l’affiche jusqu’au 15 août à la Maison des arts Desjardins Drummondville. Découvrez l’histoire derrière cette création de Simon Boudreault et Laurent Paquin.

Prologue

Derrière un projet de cette envergure, il y a tout un prologue. Simon Boudreault et Laurent Paquin, deux amis de longue date, ont eu envie de créer quelque chose à la suite de leur première création, On va tous mourir, un spectacle sur la mort. Ils ont réfléchi à un autre sujet universel et en sont venus à leur réponse : le sexe. Ils ont imaginé des textes touchant à toutes sortes de facettes autour du sujet : pornographie, sadomasochisme, ITTS, sortie du placard, consentement… Seule règle : que chaque sketch traite d’un sujet et qu’il n’y ait pas de redite.

Ils ont ensuite invité Brigitte Lafleur à se joindre à eux. Ça tombait bien : elle avait envie de faire un show de sketchs et est séduite par le défi de jouer une panoplie de personnages.

Mario Provencher, producteur chez Monarque productions, a approché Marie-Pierre Simoneau, directrice générale de la Maison des arts Desjardins Drummondville, avec l’idée de la pièce Tout sur le sexe.

Résultat : elle a tout aimé. «On aime le titre, on aime le sujet, on aime l’idée que ce soit une création aussi. J’aimais aussi l’idée que ce soient des textes de Simon et de Laurent. On sait que, par le passé, ils ont écrit quelque chose de super intéressant sur la mort, alors je me suis dit que ça allait être écrit finement, intelligemment, décomplexant», décrit-elle.

C’est donc pour une 11e année que Monarque s’installe à la Maison des arts avec un théâtre d’été.

L’histoire : rencontre avec les comédiens
Brigitte Lafleur, Simon Boudreault, Laurent Paquin et Serge Denoncourt. (Photo : Ghyslain Bergeron)

Quels défis particuliers comporte la pièce?

Simon : Dans un show à sketchs, les situations sont très courtes. Il faut que d’emblée, la couleur de chacun des sketchs soit là dès les premières secondes.

Laurent : On ne peut pas établir la situation pendant cinq minutes, parce que des fois, c’est la durée du sketch. Donc c’est une écriture qui est concise, qui va droit au but. Le défi était de ne pas être vulgaire, mais de ne pas non plus avoir l’air d’éviter de parler des sujets, d’éviter d’utiliser certains mots… C’est aussi de trouver un show qui va s’adresser à tout le monde. S’il y a des gens pour qui le simple fait de parler de sexe, c’est vulgaire, bien ces gens-là ne seront pas là de toute façon. Le titre du show ne laisse pas place à interprétation.

Simon : La vulgarité, c’est d’utiliser le sexe pour provoquer. Alors qu’aucunement, dans nos textes, on n’a essayé de provoquer. C’est de trouver la banalité dans des situations extraordinaires.

Qu’est-ce que vous aimez du théâtre d’été?

Simon : Ce que j’aime du théâtre d’été, c’est que, souvent on va faire de la comédie. Moi, j’aime la comédie. C’est un grand genre qui nous permet d’aborder de grands thèmes de plusieurs façons. On a besoin de comédie dans la vie. Je trouve que comédie ne veut pas dire «pas intelligent». Je trouve que, malheureusement, les gens associent le théâtre d’été…

Laurent :…à du divertissement facile, ce qui n’est pas vrai.

Simon : Faire de la comédie de création, c’est un genre extrêmement dur. C’est dur écrire de la comédie. C’est un gros défi. Il y a des thèmes, des personnages, tu veux que ça soit drôle. Si c’est juste des gags…

Laurent :… il n’y a plus de matière, il n’y a plus de fond, ça ne vaut pas la peine.

Brigitte : Je ne pense pas que maintenant, le théâtre d’été soit seulement associé à ça, que de la comédie facile. Je trouve ça plaisant de faire partie d’un show d’été d’humour qui aide à perpétuer cette idée-là que la comédie est intelligente.

Laurent : Sinon, entre le théâtre d’été et le théâtre tout court, il y a juste le plaisir de jouer. Le théâtre d’été nous donne la possibilité de le faire pendant plusieurs jours, sur une période plus longue, de jouer le show plusieurs fois, puis après ça, on va le jouer en tournée et ce n’est plus du théâtre d’été, c’est du théâtre tout court. On est bien chanceux d’avoir des théâtres qui sont encore game d’essayer des affaires. C’est un show qui ne ressemble à rien d’autre.

Brigitte : C’est toujours un gros défi, la création. C’est déjà vraiment audacieux de faire ça et de remplir 25 soirs.

Avez-vous eu du plaisir à créer la pièce?

Laurent : Oui! On a eu du plaisir à l’écrire, et du plaisir à la répéter. On s’amuse vraiment beaucoup.

Brigitte : Je pense que c’est ça aussi, Serge [Denoncourt, le metteur en scène] nous amène vraiment des constructions de personnages. Moi, je ne le connaissais pas. Il travaille idée par idée, couche par couche, puis finalement, il fait naître des genres de personnages que je n’avais pas imaginés du tout en lisant le texte. Ça crée des couleurs vraiment plaisantes.

Comment est-ce de jouer à la Maison des arts?

Brigitte : C’est formidable!

Laurent : C’est une des plus belles salles. C’est une des plus belles salles pour le spectateur aussi, je pense. Pour les acteurs, les coulisses sont agréables, les loges sont confortables.

Brigitte : Tu sais, la petite terrasse en haut? C’est super beau…

Laurent : L’expérience du public et l’expérience des acteurs sont agréables du début à la fin. C’est vrai, ce n’est pas pour être téteux. On est bien reçus. Et Monarque, c’est une maison de production qui a à cœur que les acteurs soient heureux, et ça parait.

Brigitte : Et les gens [de la Maison des arts] sont reconnus pour ça, de faire attention à leur monde et d’être gentils et à l’écoute, audacieux, inventifs dans les façons de promouvoir… C’est une équipe qui prend soin.

Ça doit demander beaucoup d’énergie!

Laurent : Il n’y a pas de moments de pause pour nous!

Simon : Il y a quelque chose de performatif. On est trois, on va faire 40 personnages… Les gens vont assister à ça. Serge tient beaucoup à ça l’idée que ça n’arrête pas, que ça aille vite. C’est sûr que ça va être exigeant physiquement, mais en même temps…

Brigitte :… ça fait partie du trip de faire ce genre de show-là.

Simon : C’est grisant aussi.

Brigitte : Ah complètement!

Quelle invitation peut-on faire aux Drummondvillois pour venir voir la pièce?

Simon : Ça ramène au fait que le sexe, ça fait partie de la vie. Le fait de traiter ce sujet-là pendant 1 h 30, je suis certain que ça va décomplexer quelque chose.

Laurent : L’argument principal, c’est que c’est vraiment drôle! C’est un show très rythmé, très punché, chaque sketch a pour seul objectif de faire rire le monde en essayant de le faire le plus intelligemment possible.

En coulisses
Serge Denoncourt est le metteur en scène. (Photo : Ghyslain Bergeron)

La mise en scène est signée par Serge Denoncourt, qui a choisi de faire un cabaret pour ce spectacle. «D’une scène à l’autre, le seul fil rouge, c’est le sexe. Ça se passe dans toutes sortes d’époques, toutes sortes de milieux, toutes sortes d’humour. Pour tout mettre ça ensemble, on a créé une espèce de cabaret pour qu’après ça, les acteurs aient juste à mettre deux-trois accessoires et qu’ils deviennent quelqu’un d’autre», explique-t-il.

Le prolifique metteur en scène raconte que la difficulté de préparer une comédie à sketchs réside dans le rythme. «C’est là-dessus que je travaille beaucoup comme metteur en scène, trouver le rythme de cette affaire-là, trouver comment on rebondit d’un sketch à l’autre, sans prendre trop de temps entre les sketchs. Il y a un beau défi, quand même», dit-il.

«Je monte des classiques de Shakespeare, ou des théâtres d’été, et je suis capable de me mettre dans la position du grand public et dire “ça, c’est choquant” ou “ça, c’est plate”. C’est un peu comme ça que j’ai fait ma carrière, en me mettant à la place du public. Est-ce que le public va s’ennuyer à ce moment-là? Est-ce qu’ils vont rire? Est-ce qu’ils vont trouver ça intéressant? En fait, c’est d’être le premier spectateur».

Fermeture des rideaux

Vingt‑cinq représentations sont prévues du 10 juillet au 15 août.

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