NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Les photos de famille du conseil municipal de Trois-Rivières, toujours parfaites sur les réseaux sociaux, ont-elles été retouchées à l’intelligence artificielle? Ces images sont-elles le reflet de la réalité d’une harmonie politique parfaite ou une simple façade comme on l’observe si souvent en politique? Ces 25 dernières années, les Trifluviens n’ont pas été en mesure d’avoir un groupe de décideurs enclin à la bonne entente. En 2025, c’était l’un des engagements phares des élus en campagne : fini les chicanes. Qu’en est-il, un an plus tard?
C’est une photo publiée lors du FestiVoix m’a mis la puce à l’oreille. Un matin, alors qu’il quittait la station après une entrevue à la radio, j’ai taquiné le maire : Coudonc, Monsieur Aubin, ça semble être l’harmonie au conseil! . Il me répond : Oui, oui, ça va bien . Mais encore? , me suis-je dit. Les journalistes ont beau assister à des assemblées plénières du conseil, il vient toujours un moment où des discussions se déroulent à huis clos. On ne sait pas tout, on ne voit pas tout.

Plusieurs conseillers réunis au FestiVoix.
Photo : Facebook
Un brin suspicieuse, je lui lance : Allez-vous faire une épluchette de blé d’Inde ou un party hot-dog cet été, Monsieur le Maire? Je lui ai posé la question à la blague, mais j’ai quand même vite fait de m’inviter à toute activité du conseil qui se déroulerait dans un contexte amical.
La proposition est arrivée deux mois plus tard. On m’invitait aux courses de chevaux à l’Hippodrome de Trois-Rivières avec les élus du conseil et leur famille.

Le conseil municipal à l'Hippodrome de Trois-Rivières
Photo : Radio-Canada / Francois Genest
J’y suis et ils y sont tous, ou presque. François Bélisle est en vacances à l’extérieur et Pierre Piché est malade.
Ça jase. Il y a des familles. Des enfants, ceux de Gabrielle Groulx, de Vincent Héroux et de Sabrina Roy regardent les courses de chevaux. Maryse Bellemarre et Nancy Sabourin discutent ensemble avec leur conjoint respectif. Jean-François Lasnier et Annie Provencher sont en grande conversation. Guy Daigle, butine d’un groupe à l’autre avec sa conjointe, tout comme Pierre-Luc Fortin. René Martin est à l’intérieur, au guichet. Il est en train à son tour de parier un gros deux dollars sur une course. Édith Lachance est présente, même si elle fait cavalière seule avec son parti politique. Jean-Denis Girard prend un autoportrait avec sa femme et sa petite-fille, avec comme toile de fond, pour tout ce beau monde, la piste de course de l’hippodrome par un beau soir d’été.

Le conseiller de Châteaudun, Jean-Denis Girard, avec sa conjointe et sa petite-fille.
Photo : Radio-Canada / Francois Genest
J’ai essayé de jaser avec tout le monde, mais Guy Daigle a échappé à ma vigilance. Il est parti sans que j’aie pu lui parler. Son avis est essentiel. Il a effectué six mandats depuis 1998 à titre de conseiller municipal. Il est de retour à la table cette année. Je l’ai appelé après l’activité. J’ai jamais vu ça. Tout le monde s’agace, s’achale et tout le monde veut aider tout le monde. Je sens qu’il est sincère.
Le premier avec qui j’ai engagé la conversation, c’est Pierre-Luc Fortin. Intéressant parce qu’il est l’un de ceux qui a été identifié comme étant de l’opposition par l’ancienne administration dans ses précédents mandats. Maintenant, quand t’arrives avec une position différente, c’est pas un affront. Son discours fait écho aux conversations qui suivront avec les autres conseillers.

Le conseiller du district des Estacades, Pierre-Luc Fortin
Photo : Radio-Canada / Francois Genest
Consensus, chimie, sain débat, écoute, esprit collectif, bonne volonté, opinions, valeurs… J’ai entendu ces mots dans la bouche d’à peu près tous les conseillers. Comme si on avait dicté sur un tableau blanc les mots et les valeurs qui définissent désormais l’approche du nouveau conseil trifluvien. Se sont-ils concertés pour parler de façon harmonieuse devant une journaliste?
Jean-Denis Girard a bien constaté que les huit dernières années, c’était un peu rock n’ roll.
Il avoue qu’il ne savait pas trop à quoi s’attendre. Mais finalement : On apprend à se connaître. On a une belle équipe. Mais encore. Est-ce que vous êtes toujours d’accord?
Sa conjointe entend ma question. Elle répond du tac au tac : Parfois, il arrive marabout. Ça me rassure presque. Parfois, ça brasse dans les plénières. On discute, on arrive avec nos opinions. C’est notre rôle de convaincre les gens et à date on a toujours trouvé un consensus. Un consensus, c’est jamais 100 % toi ou 100 % moi. C’est quelque chose entre les deux et il faut piler sur notre orgueil, philosophe-t-il.

La conseillère du district de Chavigny, Maryse Bellemare, et la conseillère du district des Rivières, Nancy Sabourin
Photo : Radio-Canada / Francois Genest
Maryse Bellemarre, dite la mère de famille – c’est le surnom que lui ont donné les élus –, remarque que le ton a changé. Je veux rendre la vie facile à tout le monde, aux 14 autres élus, à commencer par la sienne. À l’autre mandat, il a fallu que je me dise : ''Arrête de prendre tout personnel. Fais ta job et représente tes citoyens”.
À chaque conseil, on se disait : ''Qu’est-ce qui va nous tomber sur la tête ''.
Les nouveaux n’ont pas vécu cette période plus chicanière. Mais ils savaient, en mettant leur visage sur une pancarte électorale, que l’harmonie au conseil était la priorité presque numéro un des Trifluviens et Trifluviennes. Est-ce plus facile de rentrer dans le rang sachant que les citoyens que l’on représente s’attendent à ce que vous soyez capable de gérer vos émotions?
Les gens en campagne électorale ne me parlaient que de ça, souligne Nancy Sabourin. Elle m’assure qu’aujourd’hui, les gens sont sincèrement contents de se voir. On aurait pu stager tout ça, mais ce sont toutes des personnes de bonne volonté.
C’est le conseiller Vincent Héroux qui a eu l’idée de la sortie à l’hippodrome. Il a grandi dans le monde des courses. Le jeune père de famille vient de faire son arrivée au conseil et il avait envie de montrer cet univers à ses collègues. Plusieurs m’ont dit qu’ils étaient ravis de faire une incursion dans l’univers de Vincent. Des liens sont déjà créés.

Jean-Denis Girard en conversation avec Vincent Héroux, conseiller du district de Richelieu
Photo : Radio-Canada / Francois Genest
Et moi, j’ai suivi le groupe dans les paddocks. Les élus avaient droit à un tour du propriétaire. Ça va vite, les chevaux entrent et sortent de piste encore fougueux. Ça prend des yeux tout le tour de la tête pour ne pas se faire piétiner. Et en regardant partout, je constate que les gens ont du plaisir.

La conseillère du district du Carmel, Annie Provencher, discute avec le maire, Jean-François Aubin. Jean-François Lasnier, du district de Sainte-Marthe, avec Pierre Luc Fortin.
Photo : Radio-Canada / Francois Genest
Tous et une
Le maire est présent, mais discret. Je ne lui ai pas encore parlé. Mon attention se dirige plutôt vers Édith Lachance. Je me demande comment elle se sent. Je l’ai observée. Moins à l’aise, elle se mélange au groupe. L’unique élue du parti Trois-Rivières ville forte a connu une arrivée houleuse. Le fossé entre elle et tous les autres conseillers s’est creusé lorsqu’ils ont compris que la conseillère aurait droit à un montant de 200 000 $ pour la création d’un cabinet pour son parti. La méfiance s’est installée. De manière générale, je le sens que je suis dans une classe à part. J’ai ben beau me dire que ce n’est pas contre ma personne, mais c’est moi qui le vis .
Sa conviction à elle réside dans l’idée de parler au nom d’un parti politique. Avoir un parti politique, ça aide à départager des valeurs, mais j’ai le goût de découvrir ces personnes-là, de parler avec tout le monde , me dit-elle en regardant vers le groupe.
Elle y arrive, je l’ai vue se mêler à des conversations. Guy Daigle m’a d’ailleurs spontanément révélé : Même Édith Lachance est gentille . Comme quoi une personnalité peut transcender les idées.

La conseillère de Marie-de-l’Incarnation, Édith Lachance, échange avec ses collègues.
Photo : Radio-Canada / Francois Genest
Prendre le temps de décanter
Jean-François Aubin, je l’avais gardé pour la fin. Tout le monde était parti quand on a pu s’asseoir 10 minutes pour discuter de sa recette pour garder l’harmonie au sein de son gouvernement municipal.
On veut qu’il y ait une bonne chimie dans le conseil municipal. Avant, les gens n’étaient pas capables de se parler. Même si les gens ne sont pas toujours d’accord, ce n’est pas une raison pour déchirer notre chemise en public et faire un scandale
J’entends qu’il y a la notion de bien s’accorder, mais aussi de montrer une image d’unité. Je lui réponds que le conseil n’a pas eu à gérer un projet aussi polarisant que le Carrefour 40-55.
C’est pas vrai ça, me suggère-t-il.
Je cherche un moment où les esprits se sont échauffés un peu.
Sa réponse : le quartier général de la police, un projet de 78 millions entièrement financé par la Ville. C’est pas tout le monde qui était d’accord. On a réussi à s’entendre et c’aurait pu très clairement devenir émotif .
Quelle est votre recette, Monsieur le Maire? Faire un pas de recul, arriver avec une nouvelle proposition ou prendre le temps de décanter .
Ce sont tous des élus indépendants, sauf une personne qui est rattachée à un parti. Alors, il n’y a pas de ligne commune. Si on veut arriver à quelque chose… on n’a pas le choix de se parler et de s’écouter.
Et Édith Lachance, est-ce qu’elle s’intègre à la gang ? Les gens apprécient Mme Lachance. On travaille bien ensemble, mais ils se méfient du parti Trois-Rivières ville forte.
Parlant de méfiance, l’ascendant des fonctionnaires sur les décisions du conseil municipal en a irrité plusieurs lors des précédents mandats. Un point de discorde qui semble être en voie de se régler.
C’est un conseil municipal qui veut vraiment jouer son rôle d’orienter et de décider des choses .
M. Aubin ajoute que certains fonctionnaires demeurent résistants au changement.

Les conseillers municipaux en compagnie des représentants de l’Hippodrome de Trois-Rivières
Photo : Radio-Canada / Francois Genest
Un équilibre fragile
Est-on à un ou deux événements de voir l’harmonie du conseil éclater, Monsieur le Maire?
L’harmonie, ça reste toujours fragile… Si on fait attention, je pense qu’on n’est pas à un événement ou deux que ça bascule. Si on fait n’importe quoi, c’est fragile les relations humaines, et en politique... On a une grande variété de personnes et d’orientations politiques différentes dans le conseil. Tous les courants de la société trifluvienne sont représentés. Si on laisse aller, ça peut partir dans tous les sens. Si tout le monde se sent respecté, on va être capables de faire tenir ça. On est bien partis .
Ligne d’arrivée
Est-ce qu’on m’a mis un écran de fumée devant moi pour me faire voir ce qu’on voulait bien me montrer? Je viens de vous décrire ce que j’ai vu et entendu, le temps d’un 5 à 7 aux abords d’une piste de course de chevaux. Ce court instant documenté de ce 20 août 2026 me laisse à croire que leur plaisir était partagé et aussi que le désir de poursuivre dans la même voie est sincère.
Est-ce que je parierais un deux dollars sur la possibilité que tous ces élus demeurent sur le même train de course jusqu’au fil d’arrivée? Si les chevaux portent des œillères pour ne pas se laisser distraire, les élus, pour l’instant, semblent avoir une vision commune d’ouverture. La suite de ce mandat nous dira si cette camaraderie politique survivra à tous les autres tours de piste qu’ils auront à faire ensemble pour encore trois ans.

Un jockey en course à l'Hippodrome de Trois-Rivières.
Photo : Radio-Canada / Francois Genest


1 day_ago
31



























.jpg)






French (CA)