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L'appel à projets du gouvernement québécois pour la création de nouvelles aires protégées ne devrait contribuer que modestement à l'atteinte de la cible de 30 % d'ici 2030, selon l'organisme en charge des consultations régionales. « Il faut être réaliste », affirme le directeur général du Réseau national des conseils régionaux de l'environnement du Québec (RNCREQ).
La province doit ajouter l'équivalent d'une superficie de 225 000 km2 d'aires protégées à son réseau d'ici quatre ans. Le Québec s'y est en effet engagé en signant l'accord de Kunming-Montréal, en décembre 2022, en marge de la COP15.
Pour y arriver, le précédent gouvernement a lancé un appel à projets en 2024. Plus de 500 propositions ont alors été acheminées au ministère de l'Environnement. Du nombre, quelque 400 sont actuellement analysées par les conseils régionaux de l'environnement (CRE), aux quatre coins du Québec.

L'engagement de protéger 30 % du territoire a été pris à la COP15 de Montréal pour la biodiversité. (Photo d'archives)
Photo : Jaela Bernstien/CBC
Ensemble, ils couvrent près de 200 000 km2 de territoire.
Or, selon Martin Vaillancourt, dont l'organisation chapeaute l'ensemble des CRE, l'appel à projets ne va répondre qu'à une petite portion de l'atteinte de l'objectif de 30 %. La concertation va [retenir] plusieurs des projets proposés mais ce ne sera pas la totalité ni avec la totalité de superficie d'origine.
C'est peu probable que les régions disent qu'elles vont conserver l'ensemble de ces territoires-là.
Une contribution, mais insuffisante
M. Vaillancourt continue de croire aux vertus de l'appel à projets.
Je ne cherche pas à diminuer l'importance de cet exercice-là. Je dis toujours : "bien malin qui saura dire la superficie qu'on va obtenir à la toute fin du processus". Ça va apporter une contribution. Après, il faudra qu'il y ait d'autres initiatives par la suite pour compléter le 30 %, explique-t-il au fil de la discussion avec Radio-Canada.
Son organisation émettra des recommandations au gouvernement au terme de la concertation, à la fin de l'automne. L'objectif demeure d'obtenir la plus grande superficie possible.
On souhaite que les recommandations qui vont être formulées par les régions à la fin de l'automne soient reçues par le prochain gouvernement et qu'elles seront analysées au mérite pour que le plus grand nombre soient des territoires conservés, assure-t-il.

La vaste étendue de certaines propositions d'aires protégées complique la tâche de conciliation des usages. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Mais il faut être réaliste, poursuit M. Vaillancourt. Il rappelle que certaines propositions analysées étaient vouées à être réduites ou rejetées en tout ou en partie. Les plus gros projets, c'était plus gros que la Belgique.
Quand on enlève les quatre ou cinq plus grandes propositions et qu'on les rend à des tailles que je qualifierais de réalistes, ce qui nous reste comme potentiel est quand même moindre.
Dans certains cas, il faudra y aller morceau par morceau, selon les consensus qui se dégageront de chacune des concertations régionales en cours.
Il y a de très très très grands territoires sur lesquels il y a une foule d'usages existants. Il faut regarder au sein de ces propositions-là, qu'est-ce qui peut être réellement conservé et qu'est-ce qui doit être utilisé à d'autres fins.; tantôt la foresterie, tantôt les mines, tantôt toute autre sorte d'usage comme la chasse et la pêche.

En forêt, les aires protégées doivent composer avec la présence de l'industrie forestière, et vice-versa. (Photo d'archives)
Photo : Gracieuseté : Guy Boudreault
L'organisme de M. Vaillancourt entend proposer des recommandations maximisant la cohérence entre les différents territoires et faire le pont avec les aires protégées existantes. Il faut faire sortir les propositions et voir comment celles-ci complètent les milieux existants et comment les nouvelles propositions contribuent à la connectivité dans les territoires.
Le RNCREQ déposera le fruit de ses travaux d'ici la fin de l'année. L’analyse interministérielle finale des projets retenus sera réalisée au cours de l’année 2027 en vue d’une prise de décision gouvernementale, dit-on au ministère de l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs.


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