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Nicolas Isnard a regretté de devoir ponctionner l’aide aux communes versée par la métropole aux maires, comme l’a exigé le préfet. Il appelle désormais l’État à faire un geste, faute de quoi il pourrait être contraint d’augmenter les impôts.
Nicolas Isnard est amer. Lors d’une conférence de presse de dernière minute ce mercredi, le tout nouveau président de la métropole d’Aix-Marseille Provence n’a pas caché sa déception après que le préfet des Bouches-du-Rhône a révélé les orientations budgétaires adoptées par l’État mardi pour l’intercommunalité.
Dans le budget écrit par la préfecture à la place des élus de la métropole, Jacques Witkowski demande aux maires de la métropole de renoncer à 53 millions d’aides versées par la métropole aux communes sous le nom d’attributions de compétences, dites AC. Pour rappel, cette décision rarissime s’est produite après que les élus de la métropole ont refusé de faire des arbitrages budgétaires pour combler un déficit important.
La semaine dernière, la Chambre régionale des comptes (CRC) avait, de son côté, préconisé de couper dans une autre aide attribuée aux communes par la métropole, les dotations de solidarité compensatoire (DSC). « Celles et ceux qui, dans cette France d’en haut, veulent piétiner la France d’en bas et pensent que nous allons nous laisser faire, se trompent », tance Nicolas Isnard.
Dans son budget, Jacques Witkowski s’est en effet refusé à dresser une liste des communes à ponctionner, laissant trancher ce choix cornélien et clivant aux élus eux-mêmes. « L’État, par la voix du préfet, tente de semer la zizanie entre nous, accuse Nicolas Isnard. Cela démontre qu’il y a peut-être en haut de l’État des gens qui ne nous veulent pas que du bien. Mais le socle désormais sacré de l’unité des maires fera face et nous trouverons une solution pour arbitrer ces 53 millions que nous allons effectivement prendre dans les caisses de nos communes. »
« Il n’y aura que des mécontents »
DSC ou AC ? La question n’est pas encore tranchée pour Nicolas Isnard, qui estime le sujet secondaire. « La réalité, c’est que, bras droit ou bras gauche, nous serons contraints de nous amputer d’une partie de nos ressources et de ce que la métropole apportait aux communes pour équilibrer les budgets », tempête Nicolas Isnard, qui compte sur « l’écoute », « l’intelligence collective » et le « courage » des 92 maires de la métropole. « Il y aura un accord avec tous les maires, affirme Nicolas Isnard. Il n’y aura que des mécontents. Quel que soit le modèle, tout le monde sera impacté. »
Nicolas Isnard se réjouit de ne pas avoir eu à augmenter les impôts pour combler le trou budgétaire de 144 millions d’euros de la métropole, comme il dit l’avoir craint lors de son élection en avril. « Mais attention, le modèle est en train de s’effriter, lance-t-il à destination de l’État. Il faut une réaction de la France d’en haut pour que les élus de la France d’en bas comme moi qui gèrent bien les affaires publiques puissent continuer à survivre. Le problème, c’est le modèle des intercommunalités, leurs financements, leurs compétences et leur périmètre qui est à revoir. »
Mais sans geste fort de l’État ni réforme profonde de la métropole, Nicolas Isnard craint de se retrouver de nouveau dans une impasse budgétaire l’an prochain. « Nous n’avons pas assez d’argent, pas assez de recettes pour assumer les missions qui sont les nôtres », estime-t-il, affirmant vouloir tout faire pour éviter d’augmenter massivement les impôts. « En 2027, nous verrons. Mais si l’État ne réagit pas, au bout d’un moment, vous pouvez faire toutes les économies que vous voulez... Nous sommes actuellement à l’os. Vous pouvez prendre le gras et arracher l’os, après il n’y a plus rien. À moins qu’on ne se démembre complètement, on n’y arrivera pas. »
Pour rappel, peu après l’élection de Nicolas Isnard début avril, la plus vaste métropole de France avait refusé de voter le budget 2026, imputant à la baisse des financements de l’État un déficit estimé à 144 millions d’euros, pour un budget d’environ 4,8 milliards en 2025.


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