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Première grande surprise au Mondial 2026 : l'Espagne, championne d'Europe et favorite pour le titre, est passée à côté de son premier match, incapable de trouver la faille face au Cap-Vert, lundi, et a fait match nul 0-0, à Atlanta.
Pleine de confiance avant ses grands débuts, l'Espagne voit déjà des doutes apparaître, elle qui n'a plus remporté un match à élimination directe dans le tournoi depuis 2010.
Considérée comme l'une des grandes favorites avec la France et l'Argentine, la Roja n'a jamais réussi à se défaire du bloc bas du Cap-Vert, qui a parfaitement contenu les coéquipiers de Rodri, sifflés par le stade d'Atlanta.
Un match à oublier, donc, pour les joueurs de Luis de la Fuente, tant la rencontre face à la 67e nation au classement de la FIFA, qui disputait son premier match en Coupe du monde, ne devait être qu'une formalité et une entrée en douceur, avant des oppositions plus relevées.
Mais même l'entrée de son prodige Lamine Yamal (71e) n'a rien changé, malgré les quelques éclairs de génie de l'attaquant barcelonais, comme cette magnifique passe de l'extérieur du pied pour Dani Olmo (88e).
Ovationné à son entrée sur la pelouse par 67 600 spectateurs forcément déçus du spectacle proposé jusque-là, le prodige de 18 ans a tout de même montré qu'il était remis de sa blessure à la cuisse et qu'il n'avait rien perdu de son talent.
Mais cela n'a pas suffi pour que l'Espagne se montre beaucoup plus dangereuse.
Vozinha décisif à 40 ans
Sous le toit et la climatisation du stade d'Atlanta plein, mais sans grande ambiance, la Roja a ennuyé, poussive et inoffensive pendant les deux périodes.
Et quand les Espagnols ont décidé d'accélérer avant la mi-temps, ils ont soit trouvé la barre sur une reprise de Ferran Torres (39e), soit buté sur le gardien capverdien Josimar Vozinha, décisif malgré ses 40 ans.
En dehors de ces trop rares situations, l'attaque espagnole a été totalement éteinte, à l'image de Mikel Oyarzabal : premier joueur depuis 1966 à avoir joué les 30 premières minutes d'un match de Coupe du monde sans toucher une seule fois le ballon, selon le statisticien Opta.
Le rêve est devenu réalité, nous avons affronté l'Espagne, l'une des meilleures équipes au monde, a dit Vozinha. Nous sommes très heureux et fiers de tous les joueurs et de tout le peuple capverdien.

Josimar Vozinha
Photo : Getty Images / Buda Mendes
Le portier de Chaves, en D2 portugaise, a été élu homme du match, en larmes après avoir porté le Cap-Vert vers le premier point de son histoire dans une Coupe du monde.
J'ai pleuré parce que j'ai grandi avec mes grands-parents, et malheureusement, ils sont décédés il y a quelques années. Ils ont tout fait pour moi et ils n'étaient pas là. Ma mère aussi n'a pas pu venir à cause du visa, a expliqué Vozinha, précisant qu'il n'avait pas réussi à réunir à temps l'argent suffisant.
Mais je suis heureux pour le Cap-Vert, a-t-il assuré. Nous venons d'un petit pays, notre qualification a été très difficile dans un groupe avec le Cameroun et la Libye, mais nous savions que, si nous suivions le plan de l'entraîneur, nous aurions une grande occasion de nous qualifier.
Le sélectionneur Bubista a reconnu avoir également été submergé par l'émotion lorsqu'il a vu son gardien ému.
Il a énormément d'expérience, il a énormément travaillé pour arriver jusque-là. C'était des larmes de résilience. Nous avons montré une grande organisation défensive, je veux féliciter mon équipe, a déclaré l'entraîneur du Cap-Vert.
Yamal impuissant
Sur le banc pendant 70 minutes, Lamine Yamal et Nico Williams n'ont pu qu'observer leurs coéquipiers faire des tentatives sans être assez adroits, à l'image des deux frappes coup sur coup de Fabian Ruiz, bien au-dessus du cadre (48, 51e).
Et malgré l'entrée en jeu des deux ailiers et celle d'Olmo, les Espagnols sont restés irrémédiablement inoffensifs et ont même accordé une ultime occasion sur coup de pied de coin dans le temps additionnel.

Lamine Yamal (à gauche)
Photo : Getty Images / AFP/ROBERTO SCHMIDT
Invaincue depuis 30 matchs et n'ayant connu qu'un accroc depuis son titre européen en 2024 – une séance de tirs au but perdue contre le Portugal en finale de la Ligue des nations – la Roja n'a toujours pas perdu, mais a déjà l'obligation de se réveiller.
Après cette première déception, les Espagnols vont retrouver le calme de leur camp de base à Chattanooga, dans le Tennessee, dès lundi après-midi, pour rebondir, car la route va s'élever avec les Saoudiens, puis l'Uruguay dans le groupe H.
Viendra ensuite ce maudit match à élimination directe qu'il faudra enfin remporter, 16 ans après le dernier. C'était en 2010, et l'Espagne était devenue championne du monde pour la première et (seule) fois. Mais lundi après-midi, l'Espagne en a semblé encore très loin.


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