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ENTRETIEN - La professeur de lettres classiques mène un combat en faveur de la refonte de l’enseignement du français. Dans L’École des illettrés, elle décrit son effondrement, qu’elle a constaté jusqu’en prépa, où elle exerce actuellement, et propose des solutions.
Passer la publicitéLE FIGARO MAGAZINE. - Vous avez intitulé votre livre L’École des illettrés . Cela signifie-t-il que tous les enfants sont concernés, quel que soit leur milieu social ?
Madeleine de JESSEY. - Oui, absolument. À l’issue de mes études, alors que je n’avais ni expérience ni formation adaptée à ce type de public, j’ai été nommée professeur de lettres dans un collège des Hauts-de-Seine : les élèves y étaient majoritairement issus de l’immigration. Il y avait dans ma classe des situations compliquées, notamment des enfants venant de familles indifférentes ou hostiles à l’institution scolaire et d’autres qui avaient dû passer par une UPE2A (Unité pédagogique pour élèves allophones nouveaux arrivants, NDLR). Ces collégiens avaient d’énormes lacunes en expression écrite : j’étais heureuse lorsqu’un élève me rendait quatre lignes sans faute de construction de phrase !
Mais ils avaient aussi beaucoup de curiosité ainsi qu’une grande capacité d’émerveillement, peut-être supérieures…


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