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Face à une baisse sensible du nombre de jeunes Russes engagés dans la guerre contre l'Ukraine, Moscou a décidé de réagir une nouvelle fois en relançant des opérations de mobilisation de soldats. Selon The Insider, qui s'est basé sur plusieurs sources, entre 700 et 1.000 recrues signent chaque jour un contrat d'engagement avec le ministère russe de la Défense. Entre 20.000 et 30.000 hommes rejoignent ainsi les forces armées chaque mois.
Sensiblement égal à celui de 2025 mais en baisse de 20% par rapport à 2024, ce score ne permet pas à la Russie de garnir ses rangs autant qu'elle le souhaiterait. D'après le Financial Times, les autorités russes ont fixé un objectif de 34.000 nouveaux soldats par mois jusqu'à la fin 2026, soit environ 1.120 par jour. Le rythme actuel de recrutement ne suffit plus à maintenir la croissance des forces armées russes observée durant les premières années du conflit.
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Beaucoup de manques à combler
Il est difficile d'évaluer précisément l'équilibre entre les renforts et les départs. Si les estimations du nombre de nouveaux soldats sous contrat varient de plusieurs dizaines de milliers, celles des pertes militaires russes sont encore moins précises. L'économiste Janis Kluge, qui a travaillé en profondeur sur le sujet, estime à 9.000 le nombre de morts russes sur les champs de bataille en 2026. Il précise toutefois que l'objectif du recrutement n'est pas uniquement de remplacer les morts. Il faut également pallier l'absence des soldats grièvement blessés, ceux qui ne sont plus en état de retourner au front, ainsi que les disparus, les prisonniers et les déserteurs.
Au total, avec un rythme de recrutement d'environ 1.000 personnes par jour, une part importante des nouvelles recrues servirait simplement à maintenir les effectifs des unités militaires actuelles. The Insider en profite pour rappeler une évidence trop souvent oubliée: une recrue ne dispose pas forcément des compétences requises par l'armée. Des formations sont nécessaires, et elles nécessitent un temps précieux que les cadres de l'armée russe doivent trouver.
La pression comme méthode de recrutement
Après la mobilisation générale de l'automne 2022, les autorités russes ont mis en place un système alternatif de recrutement militaire continu. L'État a expérimenté des dizaines de méthodes de recrutement: publicité pour des contrats de service assortie de primes importantes, recours à des intermédiaires rémunérés, opérations de police, ciblage des personnes endettées ou en difficulté financière, recrutement d'étrangers et pressions exercées sur les conscrits, les prisonniers et les prévenus pour qu'ils s'engagent… Jusqu'à présent, ce système a permis au commandement militaire russe d'éviter une seconde mobilisation générale.
Seulement voilà: maintenir le niveau de recrutement antérieur est devenu de plus en plus coûteux. Des primes plus élevées pour les recrues et des rémunérations plus importantes pour les recruteurs peuvent certes stimuler la mobilisation, mais les sursauts provoqués ne sont que temporaires. À Moscou, le nombre de recrues a par exemple chuté d'environ un tiers entre le printemps 2025 et le printemps 2026.
Peu à peu, les autorités russes lèvent les obstacles juridiques autour de la main-d'œuvre. En août, Vladimir Poutine a ainsi promulgué une loi élargissant les catégories de condamnés pouvant signer des contrats avec le ministère de la Défense en période de mobilisation, de loi martiale ou de guerre. Lors de l'examen du projet de loi, le vice-ministre de la Défense, Viktor Goremykin, a explicitement lié cette modification à la nécessité d'atteindre l'objectif de recrutement militaire fixé pour 2026. Pour Janis Kluge, ces mesures constituent un moyen supplémentaire de maintenir le rythme de recrutement actuel.
La Russie se trouve en fait face à un problème d'ordre quantitatif: après avoir écumé villes et villages au cours de ses campagnes précédentes, elle prend peu à peu conscience que le nombre de recrues potentielles n'est pas si élevé. Ceci explique le fait que la part des recrues plus âgées et des hommes souffrant de graves problèmes de santé est en augmentation dans les effectifs russes.
Tous les stratèges du Kremlin ne sont cependant pas inquiets: dans certains scénarios élaborés, comme celui d'une progression lente au niveau des lignes ennemies sans gros coup d'éclat, l'armée russe semble pouvoir se passer d'une mobilisation supplémentaire. Mais bâtir toute sa stratégie militaire sur un nombre insuffisant de recrues ne constitue franchement pas un indicateur de bonne santé.




























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