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L’ambassade américaine pourrait ne pas déménager à Etterbeek : "Le président Trump a été très clair"

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Nouvelle séquence dans le feuilleton à rebondissement du déménagement de l'ambassade des États-Unis auprès de la Belgique. Le siège de la représentation diplomatique américaine pourrait, finalement, rester sur sa localisation actuelle, dans le centre de Bruxelles, à quelques pas du Palais royal et du parlement fédéral.

"Nous examinons toutes les options, et il y a une très bonne option qui consiste à rester ici, [entre la Petite ceinture et le Parc de Bruxelles, NdlR]. Ce serait fantastique parce que ceci, l'endroit où vous êtes assis, aux États-Unis d'Amérique, est le meilleur bien immobilier de toute la Belgique", a confié Bill White, l'ambassadeur des États-Unis en Belgique, à l'occasion d'une interview accordée à la Dernière Heure.

Donald Trump, homme d'affaires en chef

L'idée de déménager le siège de l'ambassade américaine est sur la table depuis au moins 10 ans. Entre 2016 et 2018, l'ambassade a envisagé de s'installer dans l'ancien siège de la Royale belge (bâtiment AXA, actuel Mix), sur le boulevard du Souverain, à Watermael-Boitsfort. Ce projet a été abandonné en raison de contraintes, notamment liées à la sécurité et à l'urbanisme, et d'opposition politique locale.

Restruction chez ING Belgique (Alexis Haulot)L'ancien bâtiment d'ING à Etterbeek ©Alexis Haulot

En 2022, l'instance diplomatique a confirmé vouloir s'installer sur le site du Cours Saint-Michel, à Etterbeek. Le gouvernement américain a acheté l'ancien siège d'ING avec l'aval de son Sénat et a entamé les démarches dans l'objectif de s'y installer en 2029-2030. "Nous construisons une nouvelle ambassade à 1,3 milliard de dollars", confirme Bill White… avant de préciser que ce grand déplacement pourrait finalement ne pas avoir lieu.

"Le président Trump a été très clair sur le fait que pour tout grand projet, il peut autoriser sa poursuite, il peut vouloir le changer, il peut vouloir faire quelque chose de différent, ou il peut vouloir l'arrêter", poursuit le diplomate. "Le président Trump est aussi l'agent immobilier en chef. Il est le pacificateur en chef, le commandant en chef et l'homme d'affaires en chef. Sur l'immobilier, il y a trois mots à connaître : emplacement, emplacement et emplacement. C'est tout. C'est la seule chose qui compte en immobilier. Si vous êtes au mauvais endroit, ce n'est peut-être pas une bonne affaire."

Selon ce proche du président milliardaire, le site actuel de l'ambassade est un "endroit spécial" qui dispose d'une localisation exceptionnelle. "Vous êtes au centre de tout. Vous avez le Roi, le Premier ministre [le 16, rue de la Loi, NdlR], le parlement, la banque [BNP Paribas Fortis, NdlR], ce beau parc [royal]. C'est ainsi que cela devrait rester pour les 200 prochaines années."

Bill White, ambassadeur des États-Unis en Belgique,  lien transatlantique, diplomatie active et coopération renforcée.Bill White affirme que l'ambassade américaine en Belgique ne va peut-être pas déménager son siège. ©cameriere ennio

Bill White explique que la disposition du site d'Etterbeek pourrait présenter quelques inconvénients logistiques en matière de sécurité. Par contre, ne pas s'y installer rendrait heureux le bourgmestre d'Etterbeek, Vincent De Wolf (MR). "Le bourgmestre d'Etterbeek serait heureux si nous n'étions pas là parce qu'il se passe deux choses quand nous sommes là : la sécurité et pas de taxes".

Pas de taxes pour Etterbeek

L'ambassade américaine ne paie pas de taxes immobilières. Pour un site de 100 000 m2 de surface comme le Cours Saint-Michel, cela représente un sacré manque à gagner. "Peut-être que nous lui donnerons l'occasion d'avoir à nouveau des taxes. Nous verrons bien", affirme M. White, qui précise que la question du déménagement de l'ambassade est "toujours en discussion". "Vous savez, comme pour n'importe quoi, si vous repreniez une entreprise et que vous aviez un projet de 1,3 milliard de dollars, vous l'examineriez pour vous assurer que vous voulez vraiment le dépenser."

Pour le bourgmestre De Wolf, cette déclaration est "surprenante". Le libéral rappelle que l'étude d'incidence est en cours et qu'elle a déjà recueilli environ 400 réponses des riverains. Un certain nombre d'habitants était favorable à l'arrivée du siège de la diplomatie américaine et ses 800 travailleurs, tandis que d'autres s'inquiétaient des éventuelles nuisances que cela aurait pu produire.

"Accueillir une ambassade américaine sur son territoire est quelque chose d'honorable et particulièrement important. Toutefois, les impératifs de sécurité peuvent être pénalisants pour les riverains. Le parc deviendra-t-il inaccessible ? Comment pourront se déplacer les habitants en cas de blocage des rues ? De nombreuses questions restent en suspens", développe Vincent De Wolf.

Système anormal selon le bourgmeste

Le problème, pour le bourgmestre, est surtout lié au système bruxellois, qu'il considère comme "mal conçu". Ce système "anormal et insupportable" fait perdre des revenus financiers "importants" (additionnels au précompte immobilier et impôt des personnes physiques) à des communes bruxelloises qui accueillent des institutions internationales.

Etterbeek mayor Vincent De Wolf arrives for a meeting of the Regional Security Council, Wednesday 04 March 2026 in Brussels.
BELGA PHOTO ERIC LALMANDVincent De Wolf est surpris par l'annonce de l'ambassadeur américain. ©Belgaimage

"Dans les autres régions, lorsqu'une commune est privée de ces revenus, l'État fédéral prévoit une compensation. Pour Etterbeek, cette compensation aurait été d'environ 4 millions d'euros par an", poursuit Vincent De Wolf qui déplore "un véritable hold-up institutionnel". "Si nous disposions de ces moyens supplémentaires, nous pourrions maintenir et développer des services que nous avons dû abandonner. Pour les habitants, la différence en termes de qualité de service est considérable."

Le bourgmestre dit, dès lors, accueillir les déclarations de Bill White avec ambivalence. "Si l'ambassade décidait finalement de ne pas revenir, cela ouvrirait des perspectives urbanistiques majeures pour un site de grande qualité : développement de logements, création d'une continuité entre le haut et le bas du quartier, et préservation renforcée d'un poumon vert que nous pourrions mieux valoriser."

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