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Kelly Clarkson et cette boutique de gadgets s’écharpent à distance et ça passionne les États-Unis

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Si la prise de bec est devenue virale sur Internet, elle a engendré des conséquences très négatives pour la boutique Art of Play, cible d’une vaste campagne de cyberharcèlement.

La chanteuse Kelly Clarkson s’est pris le bec avec une boutique de Broolkyn. Sauf que cette dispute en ligne a pris une ampleur démesurée depuis le 10 octobre.

RODIN ECKENROTH / Getty Images via AFP

La chanteuse Kelly Clarkson s’est pris le bec avec une boutique de Broolkyn. Sauf que cette dispute en ligne a pris une ampleur démesurée depuis le 10 octobre.

Qui a raison ? Qui a tort ? Une brouille passionne les internautes américains depuis plusieurs jours après un simple tweet partagé par la chanteuse américaine Kelly Clarkson au sujet d’une expérience déplaisante dans un magasin de gadgets à Brooklyn. La boutique Art of Play lui a répondu sincèrement, lançant un feuilleton en ligne qui passionne désormais Internet, qui observe tout ça de très près.

Tout est parti d’un tweet sur X (ex-Twitter) le 10 octobre, où la première gagnante d’American Idol confiait à ses abonnés l’expérience désagréable qu’elle avait vécue dans cette boutique, où elle souhaitait « jeter un œil » avec « quelques trucs en tête à acheter ».

« On m’a littéralement regardée comme si je ne pouvais pas me le permettre, et on m’a dit qu’on pouvait me trouver quelque chose d’équivalent. Wow, mec. Tu es un idiot, tu viens de perdre une grosse vente », déplorait la chanteuse, visiblement très remontée dans ce tweet comptabilisant pas moins de 46 millions de vues.

« Vous devriez tous vous rendre chez Art of Play si vous aimez être traité comme le personnage de Julia Roberts dans Pretty Woman », assenait-elle en fin de tweet, en clin d’œil à la célèbre scène du film de 1990, où le personnage de Viv se fait violemment juger sur sa tenue par les vendeuses dans une boutique chic de Beverly Hills.

L’histoire aurait pu s’arrêter là. Mais dès le lendemain, la boutique a répliqué sur Instagram avec sa propre version des faits. En commençant par décrire l’objet du scandale : « un automate d’oiseau unique en son genre, chantant et dansant, qui joue un rôle important dans les spectacles de magie que nous organisons » dans la boutique.

Art of Play se défend, Kelly Clarkson réplique

Baptisé « Molly », l’automate et mascotte des lieux est donc « fixé au mur et n’est pas à vendre », précise également Art of Play. « Cependant, l’expérience négative décrite par Kelly sur Twitter parlera à quiconque s’est déjà senti jugé dans un magasin », reconnaît le magasin.

Sauf qu’il y a des limites à cette prise de bec pour Art of Play. « Imaginez notre surprise lorsque notre petit commerce local a été soudainement pris pour cible par 8 millions de personnes qui n’ont jamais mis les pieds dans notre magasin. C’est une expérience surréaliste d’être au centre d’une telle indignation après une simple mention par une célébrité », déplore l’enseigne. Avant de tenter la carte de l’apaisement avec la chanteuse en assurant vouloir « faire profil bas » et « pouvoir un jour clarifier la situation avec Kelly ». Tout est bien qui finit bien ? Non, pas vraiment.

Plus que septique face à cette défense, Kelly Clarkson a répliqué sur X dans un long message où elle accuse son interlocuteur de « menteur ». « Bien sûr, ce n’était pas à vendre (...) donc toute la conversation qu’on a eue quand j’ai demandé si c’était à vendre en pointant du doigt l’étiquette de prix accrochée au mur avec le titre “Singing Bird” n’a jamais eu lieu, pendant que tu me toisais du regard en disant d’un ton condescendant : “oui, c’est à vendre mais ça coûte 15 000 dollars donc si tu veux que je te trouve quelque chose de comparable, je peux”. Tout ça n’a jamais existé et maintenant ce n’est pas à vendre », a lâché l’interprète de Because of You.

Elle assure ensuite qu’elle soutient habituellement « les petites entreprises ». « Mais vous n’avez pas un passe-droit pour traiter les gens comme des moins que rien dans votre magasin juste parce que vous êtes une petite entreprise. Ce n’est pas si dur d’être gentil. Je ne dénigre jamais les gens, mais toi, mon ami, tu étais une exception », ajoute-t-elle, avec une photo à l’appui du prix de vente de ce fameux « Singing Bird », affiché à 15 000 dollars.

« Elle n’est pas restée assez longtemps »

Au moment où l’affaire s’est transformée en phénomène internet, avec son lot de détournements, de mèmes et même d’enquêtes au sujet de cet oiseau chanteur, la boutique a tenu à clarifier certaines affirmations de l’artiste. « Pendant les cinq minutes passées dans la boutique, elle s’est renseignée sur notre marionnette mécanique d’oiseau. Nous lui avons expliqué que si Molly est fixée au mur et fait office de mascotte pour notre boutique, un automate presque identique appartient à son créateur, un artiste de talent nommé Bliss Kolb. Il nous a indiqué être prêt à se séparer de la jumelle de Molly pour 15 000 $. Nous avons expliqué tout cela à Kelly Clarkson », avance Art of Play.

« Nous lui avons également proposé de lui montrer un autre automate d’oiseau chanteur, fabriqué par un atelier d’horlogerie traditionnel allemand, qu’elle aurait pu acheter pour environ 2 000 $. Malheureusement, elle n’est pas restée assez longtemps pour le voir », déplore la boutique. « Nous avons contacté Kelly directement afin de clarifier la situation. Nous lui souhaitons sincèrement le meilleur et espérons qu’un jour nous pourrons tous rire de ce malentendu », tente même de relativiser l’enseigne.

Lourdes conséquences pour Art of Play

La boutique s’est toutefois exprimée auprès d’USA Today pour confier ses profondes craintes « pour la sécurité des vendeurs que Kelly Clarkson a mis en danger » avec ses propos virulents et la campagne de cyberharcèlement engendrée par ses fans. L’un des propriétaires de la boutique, Adam Rubin, déplore la démarche de la chanteuse, seule responsable selon lui, du harcèlement qui s’est répandu jusqu’aux boutiques voisines à travers une campagne de « review bombing ». Tout ça, à cause d’« un malentendu insensé », se plaint-il.

Au même moment, cette brouille qui divise Internet a connu un nouveau rebondissement lorsqu’une vidéo de surveillance de la boutique Art of Play a été partagée par le journaliste et vidéaste Pablo Torre Finds Out. Selon ces images, Kelly Clarkson serait la cliente en tenue jaune et coiffée d’une casquette dans la vidéo ci-dessous. On peut ainsi la voir déambuler dans la boutique puis échanger avec un vendeur. Après une discussion, elle repose des objets en rayon, apostrophe le vendeur à l’entrée et part précipitamment.

Cette vidéo et une autre, montrant la cliente censée être Kelly Clarkson à l’extérieur de la boutique semblent en effet correspondre avec le timing de publication du premier tweet de la chanteuse le 10 octobre. En ligne, cette vidéo a relancé un vif débat entre les pro et les anti-Clarkson, pour qui l’expérience digne de Pretty Woman partagée par la chanteuse ne tenait plus trop la route à la lumière de ces images. Ultime rebondissement dans cette sombre affaire : Art of Play a désormais changé le prix de vente de la réplique de Molly, « en raison de la demande populaire ». L’objet du scandale est désormais accessible pour la modique somme de… 15 millions de dollars.

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