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Après plus de six mois loin de chez eux, les quelque 1700 membres évacués de la Première Nation de Kashechewan pourraient bientôt retrouver leur communauté.
Des représentants de Santé Canada sont présentement sur place pour prélever des échantillons d'eau qui permettront de déterminer si le réseau d'aqueduc est de nouveau sécuritaire après une vaste opération de désinfection au dioxyde de chlore.
La communauté crie, située sur la côte de la baie James, est en état d'urgence depuis le 4 janvier en raison de problèmes à son usine de traitement des eaux.
Plus de 60 personnes avaient alors contracté la cryptosporidiose, une infection parasitaire pouvant causer des nausées, des diarrhées et des vomissements.
Des réparations plus longues que prévu
Selon le directeur général de la Première Nation, Tyson Wesley, les réparations à l'usine de traitement des eaux sont maintenant terminées.
La dernière étape consistait à rincer le réseau d'aqueduc au dioxyde de chlore afin d'éliminer toute trace du parasite. Mais avant de pouvoir terminer la désinfection, des équipes ont dû intervenir dans plusieurs résidences, ce qui a pris plus de temps que prévu.
Environ 30 % des maisons présentaient des problèmes de plomberie, explique Tyson Wesley. On a donc dû envoyer des équipes pour faire des réparations.
Les échantillons d’eau devront maintenant être transportés vers un laboratoire de Santé Canada, un processus qui pourrait prendre au moins une semaine.
Si les résultats confirment que l’eau est potable, les évacués pourront commencer à retourner à Kashechewan.

Des analyses de l'eau sont en cours à l'usine de traitement de Kashechewan. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot
Un retour compliqué par les feux de forêt
Depuis janvier, les résidents évacués sont hébergés dans des hôtels de plusieurs villes ontariennes, notamment à Timmins, Kapuskasing, Cochrane, Kingston et Niagara Falls.
Leur retour pourrait toutefois être retardé par les nombreuses évacuations en cours dans le nord-ouest de l’Ontario en raison des feux de forêt, qui pourraient compliquer l’organisation des vols vers Kashechewan.
Tyson Wesley affirme également que cette longue évacuation a eu des répercussions importantes sur la santé mentale et physique des résidents.
On espère obtenir davantage de soutien pour les services en santé mentale lorsque les résidents reviendront dans la communauté.
Une relocalisation toujours attendue
Kashechewan est également confrontée à un autre défi récurrent, celui des inondations printanières de la rivière Albany. Chaque année, une partie de la population doit être évacuée lorsque le niveau de l'eau monte.
Le chef Hosea Wesley réclame depuis plusieurs années que les gouvernements provincial et fédéral fassent avancer le projet de relocalisation de la communauté sur un terrain plus élevé.
Ottawa s'est engagé en 2019 à déplacer Kashechewan environ 30 kilomètres plus au sud, vers un secteur connu sous le nom de Site 5, dans un délai de 10 ans.
L'an dernier, Services aux Autochtones Canada a annoncé un financement d'environ 8,4 millions de dollars pour réaliser les études détaillées nécessaires à la planification de cette relocalisation.
Avec les informations de Jonathan Migneault


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