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Jusqu’à 400 caravanes sur un terrain inadapté : ce village ne veut pas accueillir les gens du voyage dans ces conditions

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Mardi 3 novembre 2026, une réunion publique était organisée à Tourville-la-Rivière par les opposants à la grande aire des gens du voyage. Le bras de fer continue avec le préfet.

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Agnès Cercel et le conseil municipal, maintiennent que le choix du terrain des Béguine, n'est pas le bon.

Agnès Cercel et le conseil municipal de Tourville-la-Rivière maintiennent que le choix du terrain des Béguines n’est pas le bon pour accueillir une aire de grand passage des gens du voyage. ©Le Journal d’Elbeuf

Par Rédaction Elbeuf Publié le 4 nov. 2026 à 21h26

« On m’a souvent demandé si j’avais changé d’avis, pour cette implantation. Non ! Je n’ai pas changé d’avis et la majorité municipale non plus. » Agnès Cercel a tenu à mettre les choses au clair, d’entrée de jeu. Mardi 3 novembre 2026, avec d’autres élus du conseil municipal de Tourville-la-Rivière (Seine-Maritime), la maire a organisé une réunion publique pour faire le point sur le projet d’implantation d’une aire de grand passage des gens du voyage dans la commune. Sans surprise, les élus et la centaine d’habitants présents ont rappelé leur opposition à ce projet imposé par le préfet de la Seine-Maritime.

La Ville conteste « le lieu et les conditions »

Pour Agnès Cercel, cette prise de parole directe, devant ses administrés, était l’occasion d’affirmer sa position : « On essaie parfois de nous faire dire ce que nous n’avons jamais dit. Nous ne contestons pas le principe de l’accueil des gens du voyage, Tourville accueille depuis toujours. Ce que nous contestons, c’est le lieu et les conditions. »

Un long combat contre cette aire

Ce dossier existe depuis une vingtaine d'années. Malgré la mise en demeure du préfet, aucun terrain n'avait pu être trouvé sur les 71 communes de la Métropole. En 2021, la commune d'Oissel est désignée pour cette implantation, mais elle est rejetée par cette commune et d'autres maires pour atteinte à l'environnement. Néanmoins, le maire d'Oissel, Stéphane Barré, avait proposé un autre site dans sa commune. En 2022, le président de la Métropole, Nicolas Mayer-Rossignol, transférait le dossier à la préfecture. Le préfet tranchait et imposait le terrain des Béguines, près de la base de Bédanne, à Tourville-la-Rivière. "Sans concertation, ni motif sérieux et sans que Tourville n'ait été envisagée", déclarait Agnès Cercel, la maire.
Différentes manifestations s'en suivrons et une pétition recueillera plus de 3 000 signatures. Le tribunal administratif de Rouen rejettera le recours de la commune. La mairie de Tourville déposera par la suite un appel auprès de la cour administrative de Douai (59), sans succès.

L’inquiétude des Tourvillais se porte sur le nombre de personnes qui pourront être accueillies et la sécurité. Le projet porte sur une capacité de 400 caravanes, ce qui représente environ 1 200 personnes, selon leurs calculs. De ce fait, lorsque l’aire sera pleine, la population de Tourville « passerait de 2 600 habitants à 3 800 ».

Autre inquiétude, la position du site, entre une voie rapide d’un côté, sans possibilité d’accès piéton en toute sécurité, et la base de loisirs de Bédanne et son lac, de l’autre.

Dans l’assistance une personne s’inquiétait également des capacités d’accueil de l’hôpital des Feugrais, qui risque de se trouver avec une surcharge de patients difficilement maîtrisable.

La maire précisait : « Nous devons rester déterminés, ne pas penser que puisque l’État a décidé, il faudra faire avec. Nous devons rester plus déterminés que jamais. »

Un mauvais signal pour les investisseurs

Pour les opposants, cette implantation sans concertation serait un mauvais signal envoyé pour les investissements qui pourraient arriver dans le secteur. À commencer par le projet de rénovation de la base de loisirs par la Métropole Rouen Normandie.

Les ambitions sont de la développer, de la valoriser, de créer un véritable projet d’hébergement, nous l’avons inscrit dans notre programme d’orientation d’aménagement et de programmation.

Autre inquiétude de la municipalité : « Quel investisseur s’engagerait à côté d’un terrain dont on ne sait pas ce qu’il deviendra ? » On parle par exemple d’un projet de parc de panneaux photovoltaïques ou d’un terrain de sport. « Ce qui montre que ce terrain intéresse et que nous ne manquons pas d’idées. »

Ne pas baisser les bras

Par un vote à main levée, les Tourvillais présents répondaient favorablement à la question d’Agnès Cercel, sur la nécessité de poursuivre ou non cette opposition. Dans l’assistance, l’élu d’opposition Malik Bechka surprenait l’assistance en se déclarant « ni pour, ni contre ».

Les Tourvillais maintiennent leur choix de ne pas permettre l'installation de l'AGP sur le terrain des Béguines.

Les Tourvillais, nombreux à cette réunion publique, continuent de s’opposer à l’aire de grand passage. ©Le Journal d’Elbeuf

Mais quelle suite les opposants souhaitent-ils donner au mouvement ? « Nous savons qu’il existe au moins quatre sites qui pourraient accueillir cette aire d’accueil, dans la Métropole. Nous nous rendrons sur place, pour le vérifier. »

Actuellement, la parcelle des Béguines appartient toujours à la commune, qui n’entend pas s’en défaire facilement. Les études environnementales ne sont pas achevées et les documents d’urbanisme n’ont pas été modifiés. En cas de procédure d’expulsion, la mairie « déposera un nouveau recours pour défendre le patrimoine des Tourvillais ».

Pour conclure Agnès Cercel insistait sur le fait qu’une aire de grand passage « ne mettrait pas fin à des occupations spontanées, illicites, comme cet été. Il y a des procédures à respecter, comme à Rouelles, près du Havre, où des groupes encadrés par des pasteurs s’installent après demande officielle. Une convention est signée, avec état des lieux, versement d’une caution et paiement d’une redevance. Ce qui est clair pour tout le monde ».

Ce qui est clair dans l’esprit des opposants, c’est que tout n’est pas perdu et que le combat n’est pas terminé. La municipalité, elle, ne refuse pas d’accueillir, mais ne veut pas que l’on décide pour elle, sans concertation et surtout sur un terrain qu’elle juge inadapté.

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